Contenu éditorial simple : Réfugiés espagnols dans l'Aude, 1939-1940. Actes du colloque international de Carcassonne, 4 juin 2004

Une publication des Archives départementales de l'Aude, 2005, 124 pages

 

Quand, au printemps 2004, le Conseil général de l'Aude organisait, avec le concours des Archives départementales, un colloque consacré à l'arrivée des réfugiés espagnols en 1939, il était loin d'imaginer l'impact que cette manifestation aurait dans le département. Plus de trois cent cinquante personnes, originaires de l'Aude mais aussi des Pyrénées-Orientales, de la région toulousaine ou de la Catalogne, se déplacèrent à Carcassonne pour entendre les communications des intervenants. C'est dire si, plus de soixante-cinq ans après, cet épisode douloureux de la retirada marque encore fortement les esprits et suscite chez les jeunes et les moins jeunes un intérêt passionné, d'autant plus vif qu'il fut longtemps, sinon occulté, du moins oublié des historiens. Et pourtant, l'arrivée massive en janvier 1939 de ces réfugiés espagnols fuyant les troupes franquistes devait marquer d'une empreinte durable l'histoire de nos régions méridionales et contribuer à forger l'identité de notre département.

Lorsque ces centaines de milliers d'Espagnols, femmes, enfants, vieillards, franchissent la frontière dans le plus grand dénuement, le gouvernement français les reçoit dans l'improvisation et l'impréparation. Des camps sont montés à la hâte, d'abord dans les zones frontalières puis dans un second temps plus à l'intérieur du pays. Les réfugiés vivent dans des conditions matérielles plus que sommaires (promiscuité, mauvais état sanitaire, insuffisance des protections contre le froid et les intempéries, etc.) mais ils souffrent surtout des mesures d'internement que prennent à leur égard les autorités publiques, soucieuses d'éviter tout contact entre les populations locales et ces nouveaux arrivants réputés avoir des convictions politiques extrémistes.

Des historiens et des chercheurs confirmés, venus d'horizons divers, font revivre ces événements, les replaçant dans le contexte politique et social de l'époque pour mieux en faire comprendre le déroulement. Et si leur analyse se veut aussi objective et impartiale que possible, reposant sur une exploitation méthodique des sources écrites et orales, elle n'est pas dépourvue pour autant d'une profonde sensibilité. Les débats apportent d'utiles compléments aux communications que leurs auteurs n'avaient pu développer dans le temps qui leur était imparti ; les bouleversants témoignages d'anciens réfugiés ou des enfants de réfugiés contribuent à illustrer et à éclairer les propos des historiens.

 

Table des matières :

Une France atomisée, où règnent la peur et le repli, accueille les Espagnols (1939-1940) [par Denis PESCHANSKI]

« L'univers concentrationnaire français » à l'égard des réfugiés espagnols [par Jordi PLANES]

L'exil des républicains espagnols durant et après la guerre civile (1936-1945) [par Jean-François BERDAH]

L'envers du décor : le CICR (Comité International de la Croix-Rouge) et les réfugiés espagnols en France (1939) [par Damien PALMIERI]

L'arrivée des réfugiés espagnols dans l'Aude et l'implantation des premiers camps de réfugiés [par Sylvie CAUCANAS]

La création et l'organisation du camp de Bram [par Eric LAGARDE]

La vie quotidienne des réfugiés espagnols dans les camps de l'Aude [par Bernard SALQUES]

 

Références complètes de l'ouvrage

Sur le même sujet, consultez Enllà de la pàtria. Au-delà de la patrie. Exil et internement en Roussillon (1939-1948)