Contenu éditorial simple : Bannières et rubans. Confrères, maîtres, compagnons : travailler et s'organiser du Moyen Age au XIXe siècle

Une publication des Archives départementales de Vaucluse, 2005, 143 pages

 

En présentant l'organisation du monde du travail, du Moyen Age aux débuts de la révolution industrielle, l'objectif de l'exposition, dont est issu ce catalogue, est de répondre à un quadruple questionnement :

Qui sont ces hommes, fondement du monde des métiers et des « arts » ? Quels types d'associations organisent-ils et qu'impliquent leurs différents choix ? Face au contrôle des pouvoirs, comment se situer ? Quelles voies pour exister : exhibition, clandestinité ou violence ?

Le travail est somme de savoir-faire qui se conjuguent individuellement et collectivement au fil des siècles. De l'exercice de ces arts vont naître puis évoluer des formes différentes d'organisations en correspondance avec les structures sociétales. Avant que naissent et ne soient autorisés les syndicats, le monde du travail surveillé, réglementé, va s'efforcer de se définir, de participer à la vie de la cité mais aussi de s'unir afin d'accéder à un minimum de solidarité et de liberté.

Avec les grands chantiers du Moyen Âge naissent les associations professionnelles : de caractère religieux dans un monde religieux, elles transmettent les savoirs et les solidarités des métiers. Maîtres, apprentis et valets réunis dans les confréries de métier, dans les confréries de dévotion, unis dans le culte du saint patron ou dans les corporations, transmettent savoir, soumission au maître et respect des statuts.

N'est pas maître qui veut ! On est en principe apprenti, puis compagnon, puis maître ; dans les faits l'accession à la maîtrise est limitée par de nombreuses barrières sociales et économiques. L'ostracisme des uns, le goût de la liberté transmis par les chantiers itinérants sont aux origines du compagnonnage. Structure extra-légale depuis le XVe siècle le compagnonnage, société de résistance, prône formation, honneur professionnel, solidarité.

Dans un Moyen Âge troublé par les guerres, les épidémies et la mort, pour lutter contre la peur, la réponse est la mise en place de solidarités. Aux alliances lignagères de la féodalité correspondent les groupements de métiers, de quartiers : « charités » ou « aumônes », confréries et corporations. Chacune de ces associations reproduit l'organisation de la cité avec l'élection des chefs, la caisse alimentée par les droits acquittés par les apprentis, compagnons, maîtres. Pauvres et malades sans ressources sont secourus par cette caisse commune. À l'époque moderne l'idéologie du « bien commun » va régner en maître et la sauvegarde du métier primer sur les anciennes solidarités.

Le verrouillage des métiers en accentuant l'exclusion va accélérer la prise en main de leur destin par les couches inférieures de l'artisanat. Le compagnonnage, fut-il clandestin, va être une réponse émancipatrice dont le tour de France reste l'image mythique.

 

Références complètes de l'ouvrage

Retrouvez les inventaires des Archives départementales du Vaucluse