Contenu éditorial simple : Archives insolites, étonnantes, curieuses, cachées, rares...

Une publication des Archives départementales du Gers, 2012, 68 pages

 

Le thème des journées du Patrimoine de l'année 2012, les « patrimoines cachés », a été, pour un archiviste, à la fois agaçant et séduisant. Agaçant parce qu'en incluant les archives, il fait revivre de vieilles idées reçues : les archives seraient cachées, recèleraient des secrets, seraient jalousement gardées par des archivistes poussiéreux. Séduisant parce qu'il y est question de révélation, de curiosité, de connaissance, d'enseignement qui sont au coeur du métier d'archiviste et de la relation qu'entretient le chercheur, professionnel ou amateur, avec le document qu'il consulte.

Les archives n'ont jamais été aussi visibles et accessibles qu'en ce début du XXIe siècle, bénéficiant de bâtiments modernes, d'une législation libérale, d'outils de diffusion numérique. Pourtant elles demeurent effectivement « cachées » car largement méconnues dans leur nature et dans leur contenu.

Rien n'est, en effet, plus étranger à la définition légale des archives que l'idée que s'en fait le public qui les réduit très souvent à de « vieux papiers inutiles ». Or, ni l'âge, ni le support, ni l'utilité ne sont des critères retenus par les parlementaires français qui ont, en 1979, défini les archives deux cents ans après que leurs lointains prédécesseurs ont créé les services chargés de les conserver. Qu'elles soient anciennes ou récentes, sur papier, parchemin ou sur disque dur, destinées à être conservées indéfiniment ou éliminées un jour, les archives, sont définies comme le résultat nécessaire - les archivistes disent « organique » - d'une activité humaine qu'elles documentent et qu'elles attestent. 

Les Archives départementales du Gers collectent les archives publiques produites ou reçues par les administrations publiques du département du Gers. C'est là leur mission réglementaire et essentielle. Pour autant, les fonds d'archives conservés ne concernent pas exclusivement la sphère publique et le territoire départemental. Bien au contraire, le succès des recherches généalogiques, entreprises depuis plusieurs décennies par nos concitoyens, montre bien que la vie privée, familiale ou intime, irrigue abondamment les fonds d'archives publiques. Abondance que les Archives départementales accroissent à la mesure des fonds d'archives privées, des collections iconographiques ou photographiques qu'elles accueillent grâce aux achats ou aux dons et dépôts de particuliers et d'associations. Quant aux horizons géographiques, ils débordent largement le territoire de la Gascogne, pour se perdre dans d'autres provinces françaises, d'autres pays d'Europe voire d'autres continents, à la faveur des voyages et des migrations des Gascons.

Les Archives départementales du Gers conservent plus de 15 kilomètres de documents originaux et uniques. Certains sont bien connus : registres d'état civil, matrices et plans cadastraux, registres d'hypothèques, registres de jugements des tribunaux. Que l'on fréquente ou non les archives départementales, l'on sait que c'est là qu'ils se trouvent conservés. D'autres nous sont parvenus au hasard de successions, de transmissions improbables, de sauvetages, de rencontres : leur survie même est source d'étonnement.

Tous ont un génie naturel : leur capacité à nous émouvoir, nous étonner, nous intriguer. Tous ont, chacun à leur manière, une part d'inhabituel, d'insolite. Certains même ne sont pas des archives et illustrent la volonté des archivistes départementaux successifs d'enrichir le patrimoine écrit par des collections d'ouvrages, de journaux, de revues, de cartes postales, d'estampes, de lithographies et même d'objets.

Au travers de ce catalogue, l'équipe des Archives départementales du Gers a souhaité présenter, en toute subjectivité, une petite sélection de documents drôles, émouvants, surprenants, témoins de l'infinie diversité du matériau dont sont faites les archives : l'humain !

 

Références complètes de l'ouvrage