Contenu éditorial simple : Germaine Berton, anarchiste et meurtrière. Son procès en cour d’assises du 18 au 24 décembre 1923

Une publication des Archives de Paris, 2014, 290 pages

 

Après l’ouvrage consacré à Henriette Caillaux, les Archives de Paris nous offrent une fois de plus une étude passionnante sur un autre procès politique de l’entre-deux-guerres, celui de Germaine Berton.

Cette ancienne ouvrière, anarchiste libertaire, est jugée pour l’assassinat de Marius Plateau, chef des Camelots du Roi. Durant son procès, elle revendique avoir voulu tuer Léon Daudet, député de l’Action Française, pour sa responsabilité dans la décision du Président Poincaré d’occuper la Ruhr en 1923 et pour « avoir fomenté les complots qui ont amené à l’assassinat de Jaurès ».

C’est toute une époque que nous découvrons à travers ce magnifique travail, dans son contexte politique bien sûr, mais aussi sociétal – les féministes la soutiennent –, et tout autant intellectuel et artistique : les surréalistes ne l’accueillent-ils pas comme une égérie ?

C’est une lecture à deux voix des débats d’audience que nous faisons en parcourant parallèlement le texte de la Gazette des tribunaux et l’autobiographie heureusement retrouvée de notre « héroïne ». Le récit suit le compte rendu de la Gazette, mais c’est une voix off que nous entendons. Au gré d’un excellent exercice de mémoire, elle nous emmène sur une scène intérieure qui apparaît comme une variante de la pièce judiciaire qui se joue. La Gazette est rédigée par des journalistes judiciaires qui s’efforcent de transcrire ce qu’ils entendent. Germaine Berton donne sa version, ses répliques et les sentiments qui l’animent quand elle dresse les portraits des témoins à charge et à décharge.

Et c’est avec un grand plaisir que nous retrouvons dans sa pratique de l’art du portrait Louis Hanny, avocat, assidu aux audiences des procès d’Henriette Caillaux et de Germaine Berton. Son trait est précis et évocateur.

 

Références complètes de l’ouvrage