Contenu éditorial simple : Les ouvrières de la République. Les bonnetières de Troyes sous la Troisième République

Une publication des Archives départementales de l'Aube, 2010, 420 pages

 

Ce livre examine les effets du capitalisme industriel et commercial sur la vie ouvrière pendant la Troisième République, une période de transformations socioéconomiques intenses. Le choix d'une relativement longue durée, centré sur la micro-histoire de la ville de Troyes et de sa région, permet à l'historienne de tracer dans sa complexité les rapports entre les travailleurs du textile, femmes et hommes, et les patrons sur quatre générations. L'attention portée au travail des ouvrières, enrichie par des témoignages oraux, donne de nouveaux éclairages sur la féminisation de la main d'oeuvre, la dévalorisation progressive du travail féminin et l'inégalité des salaires.

Il s'agit ici d'une histoire du genre ou une histoire des rapports sociaux de sexe au travail. On trouvera dans ces pages quelques figures de militantes marquantes, mais aussi des inconnus qui ont apporté leurs récits de travail à cet ouvrage. En fait, l'histoire se veut totale, embrasant les origines du travail textile dans l'Aube, la culture de production en bonneterie, le mouvement ouvrier socialiste de différents courants, et la création d'une coopérative ouvrière de consommation. Celle-ci, base de solidarité de classe, contribue à une contreculture révolutionnaire qui exprime les aspirations des ouvriers en faveur d'une république sociale. Une telle vision alternative de la société comporte une critique du système politique de la Troisième République et contribuerait à l'avènement du Front Populaire à Troyes en 1936.

 

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