Arcisse de Caumont

Bayeux, 20 août 1801 - Caen, 16 avril 1873

Le nombre et le dynamisme des sociétés savantes qui se créent au XIXe siècle sont souvent dus à l'initiative de quelques personnalités remarquables. Arcisse de Caumont est peut-être la plus célèbre d'entre elles. Né à Bayeux le 28 août 1802, de noblesse récente, il avait suivi à Caen des cours de droit et d'histoire. Ses curiosités allaient de l'archéologie à l'agronomie et à la zoologie. En 1820, à dix-neuf ans, il est un des membres fondateurs de la Société linnéenne du Calvados et quatre ans plus tard de la société des Antiquaires de Normandie. Entre 1827 et 1830 il voyage en Europe et fréquente les cercles savants parisiens où il croise le sculpteur Emeric-David ou l'antiquaire Du Sommerard. Dans les salons de Cuvier ou d'Alexandre Brongniart, il rencontre le grand géologue allemand Alexandre de Humboldt.

Caumont construit dans son Cours d'antiquités monumentales, paru entre 1831 et 1843 - dont L'abécédaire ou rudiment d'archéologie est un abrégé - une taxinomie de l'archéologie en appliquant les méthodes comparatistes linnéennes.

Les associations créées par Caumont sont aussi nombreuses que diverses. Sur le modèle de la société des Antiquaires de Normandie se fondèrent d'autres sociétés qu'il prit l'initiative de fédérer dans des " Assises scientifiques ". Après 1839, ces réunions furent coordonnées par un " Institut des provinces ". Il est également à l'origine de la fondation de la Société française d'archéologie, d'abord Société pour la conservation des monuments, qui organise annuellement des congrès archéologiques et publie le Bulletin Monumental, institutions qui ont perduré jusqu'à nos jours. Pour l'agronomie, l'élevage et les cultures, il créa en 1831, l'Annuaire des cinq départements de l'ancienne Normandie ; en 1885, 50 volumes avaient paru.

Les sociétés savantes ont accompli un travail considérable en sauvant les témoins, monuments ou traditions, de l'ancienne société et par la publication de nombreux annuaires, bulletins et mémoires. En province, elles ont constitué un milieu de convivialité érudite, en contrepoint des institutions centralisées parisiennes.

 

Françoise Bercé
inspecteur général des monuments historiques