Décès de la reine Victoria

5 août 1901

La reine Victoria reste l'un des grands symboles de l'Europe moderne. Montée sur le trône en 1837, elle régnera 64 ans et va imprimer sa marque non seulement sur toute une époque, dite victorienne, mais également sur un style et sur un ensemble de valeurs. Considérée comme la " grand-mère de l'Europe ", elle compte parmi ses neuf enfants et ses cinquante-trois petits-enfants un empereur, deux impératrices, deux rois et cinq reines.

Pourtant rien ne prédisposait cette jeune femme, montée sur le trône à 18 ans, à devenir reine. Née en 1819, la princesse est l'enfant unique d'Édouard - duc de Kent - et de Marie Louise Victoire - fille du duc de Saxe-Cobourg et veuve d'Ernest, prince de Leiningen. Elle figure loin dans l'ordre de succession mais la mort de ses proches fait d'elle l'héritière présomptive à l'accession de Guillaume IV en 1830.

Jeune femme accomplie, la reine Victoria peint, dessine, joue du piano et chante ; elle parle et correspond couramment en allemand et en français. En 1840 elle épouse son cousin, le prince Albert de Saxe-Cobourg, et ils forment un couple idéal. Mais en 1861 le prince décède de la typhoïde et la reine vit en recluse jusqu'en 1872. À 82 ans, la reine a connu plusieurs deuils : son mari, ses enfants Léopold et Alice, plusieurs petits-enfants et son gendre, l'empereur Frédéric de Prusse.

La reine a redoré le blason de la monarchie britannique, après des années de scandales, et a accepté avec sagesse le pouvoir grandissant de la chambre des Communes et l'élargissement de l'électorat en 1867 et 1884. Son empire s'est étendu : un quart du globe est sous sa domination. Impératrice de l'Inde en 1876, la reine Victoria incarne la puissance et le nationalisme britanniques. En 1901, c'est une figure de légende qui s'éteint.

 

Monica Charlot
professeur à la Sorbonne (Paris III)