Jean de Lattre de Tassigny

11 janvier 1952

Jean de Lattre de Tassigny est né en 1889 à Mouilleron-en-Pareds. Sorti de Saint-Cyr et de Saumur dans la cavalerie en 1911, le lieutenant de Lattre se distingue au combat dès le début de la Première Guerre mondiale. Au lendemain du conflit, il sert au Maroc de 1921 à 1926. Après l'École de guerre, il fait partie de l'état-major particulier du général Weygand, vice-président du Conseil supérieur de la guerre. Très actif, il est mêlé à la conjoncture internationale comme aux événements du 6 février 1934. De 1935 à 1937, il commande le 151e régiment d'infanterie à Metz.

Plus jeune général de brigade de l'armée française en 1939, puis à la tête de la 14e division d'infanterie, il se distingue au combat en mai-juin 1940 à Rethel, sur l'Aisne et sur la Loire. Après l'armistice, de Lattre fonde une école de cadres à Opme, initiative qu'il réitère en Tunisie (1941), puis à Montpellier, où il est rappelé un an plus tard, à la tête de la 17e division militaire. En novembre 1942, il s'insurge contre la violation de la zone libre par les Allemands et part en dissidence. Arrêté, il est mis à la retraite d'office puis condamné à dix ans de réclusion. Mais il s'évade de sa prison de Riom en septembre 1943 et parvient à rejoindre Londres, puis Alger. Il est nommé général d'armée par Giraud et désigné à la tête de l'armée B, embryon de la 1ère armée, destinée à participer avec les Alliés à la libération du territoire français. Débarquant le 16 août 1944 en Provence, à la tête de la 1ère armée française, il remonte les vallées du Rhône et de la Saône et réalise le difficile amalgame des troupes FFI avec sa propre armée. Après avoir franchi le Rhin, il pousse son avance en Allemagne jusqu'au Danube (d'où le nom de Rhin et Danube). Dans la nuit du 8 au 9 mai 1945, il signe à Berlin, pour la France, l'acte de capitulation de l'Allemagne.

En 1948, les cinq pays signataires du pacte de Bruxelles lui confient la charge de commandant en chef des forces terrestres de l'Union occidentale destinée à résister à une éventuelle offensive de l'Union soviétique.

En 1950, la situation s'aggravant en Indochine, de Lattre accepte d'y prendre le poste de haut-commissaire et le commandement des forces françaises. " Le roi Jean " rétablit la situation et parvient à mettre sur pied une armée nationale vietnamienne. Au cours de l'été 1951, il tente de convaincre les États-Unis que la guerre d'Indochine prolonge celle qu'ils mènent en Corée. Atteint d'un cancer, il meurt à Paris en 1952, des suites d'une opération. À l'occasion de ses obsèques, il est élevé par le Parlement à la dignité de maréchal de France à titre posthume.

 

Maurice Vaïsse
professeur à l'Institut d'études politiques de Paris