Création des Hospices civils de Lyon

28 nivôse an X (18 janvier 1802)

La tradition hospitalière de Lyon remonte au VIe siècle où un petit hôpital fut fondé par le roi Childebert. Par la suite de nombreux autres établissements s'ouvrirent, mais au moment de la Révolution ne subsistaient guère plus que l'Hôtel-Dieu remontant au XIIe siècle et la Charité créée au XVIe siècle.

Les recteurs bénévoles qui dirigeaient chacun d'eux ayant démissionné en 1791 et 1792, des administrateurs avaient été nommés par la ville. En mars 1797, en application de la loi du 16 vendémiaire an V, une commission administrative unique fut chargée par la municipalité de gérer les " hôpitaux civils ".

En janvier 1802, Chaptal vint à Lyon comme ministre de l'Intérieur. Médecin, sensibilisé à la question hospitalière, il étudia attentivement la marche des deux établissements.Au cours du séjour à Lyon de Bonaparte pour la " Consulta Cisalpine ", le 28 nivôse an X (18 janvier 1802), dérogeant au régime général, il promulgua un arrêté mettant fin à la commission municipale et plaçant à la tête des hospices civils de Lyon un conseil général présidé par le préfet et les trois maires de la ville.

L'ordonnance du 31 octobre 1821 sur l'administration des hôpitaux ne fut pas appliquée aux hospices de Lyon, dont l'organisation spéciale fut consacrée par l'ordonnance royale de juin 1845 qui leur rattachait l'hôpital de l'Antiquaille. Ils ne furent pas concernés non plus par la loi du 7 août 1851, ni par celles d'assistance publique du 5 août 1879 et du 15 juillet 1893. Cependant, à la suite du décret du 26 mars 1852, les membres du conseil ne furent plus nommés par le ministre mais par le préfet.

Le conseil municipal était représenté dans tous les établissements hospitaliers français. Mais celui de Lyon ne put entrer dans le conseil d'administration des hospices civils avant le 10 mars 1920, où les membres du conseil dont le maire devint président de droit passèrent, de vingt-cinq nommés par le préfet, à trente dont le tiers fut nommé par le conseil municipal.

Second centre hospitalier de France, les Hospices de Lyon s'agrandirent considérablement à partir du second tiers du XIXe siècle d'établissements neufs ou rattachés.Jusqu'à la création des directeurs, après la seconde guerre mondiale, chacun fut géré par un administrateur-directeur assisté d'un économe.

 

Jacqueline Roubert
directeur honoraire des archives
et du musée des Hospices civils de Lyon