Eugénie de Guérin

Château du Cayla (Andillac), 19 janvier 1805 – 31 mai 1848

Investie à 13 ans par sa mère mourante de la responsabilité de son frère Maurice (1810-1839), les deux enfants, isolés dans leur vieux château, tissent une relation privilégiée, Eugénie se consacre entièrement à son frère, renonce pour lui à sa vocation religieuse, et ne quitte la demeure ancestrale qu’en une seule occasion : le mariage de Maurice à Paris en 1838. Elle trouve ses seules distractions dans des lectures qui reflètent ses convictions religieuses et le sérieux de son caractère, et dans une communion avec la nature qui la renvoie à sa propre spiritualité. Le frère et la sœur s’écrivent longuement, dialogue de deux âmes qui se fond en une même fugue, et rédigent chacun un journal qui, dans son essence, est destiné à l’autre. Celui d’Eugénie, dont Mauriac dira : « On ne peut avoir poussé plus loin qu’elle le parti de vivre cœur à cœur avec quelqu’un qui n’est pas là », est publié pour la 1re fois en 1855 sous le titre Reliquiae et une édition conjointe de leurs œuvres est publiée en 1869.