Jean Gilles

Tarascon, 1669 - Toulouse (Avignon ?), 5 février 1705

« Eh bien ! Elle servira pour moi » aurait lancé Jean Gilles aux conseillers au parlement de Toulouse qui lui avaient commandé une messe de requiem pour les obsèques de collègues et en discutaient le prix. Répartie prémonitoire : c’est bien pour lui que son œuvre est exécutée pour la 1re fois, sous la direction de son ami Campra, avant de l’être aux funérailles de Rameau (1764) et de Louis XV (1774).
Elle séduit par la synthèse qu’elle opère entre la tradition française (récits et chœurs s’inscrivent dans l’héritage du Grand Siècle versaillais) et le style italien marqué par la souplesse et la fraîcheur de l’invention mélodique. Elle est, par son élégante et puissante gravité, la création maîtresse de celui qui, comme maître de chapelle à Agde, puis Toulouse, laisse un important ensemble de musique d’église (motets, trois Magnificat, un Te Deum, …). Une belle orchestration moderne est basée sur la confrontation des différents manuscrits.