Marie-Catherine le Jumel de Barneville, comtesse d’Aulnoy

Barneville, v. 1650 - Paris, 14 janvier 1705

Si les romans et mémoires de la comtesse d’Aulnoy, inspirés par les péripéties d’une jeunesse aventureuse, sont complètement oubliés, elle initie dans les 8 volumes de contes qu’elle publie entre 1696 et 1699 (les Contes de ma mère l’Oye de Perrault sont de 1697) une veine littéraire qui permet à la fois d’échapper à la tristesse d’un règne qui s’assombrit d’année en année et de hasarder des critiques (sur le mariage forcé…) qui, ouvertement, ne seraient pas tolérées. Son style rutilant, une inventivité flamboyante, contribuent au dépaysement du lecteur et les personnages, confrontés à des situations romanesques, intéressent par des caractères qui traduisent une connaissance subtile des bons et mauvais penchants du cœur humain. La Harpe écrivait à son sujet : « On peut mettre de l’art et du goût jusque dans les frivolités. Mme d’Aulnoy est celle qui paraît y avoir le mieux réussi. »