1re représentation de Fidelio de Beethoven

20 novembre 1805

Représenté pour la 1re fois à Vienne le 20 novembre 1805, le Fidelio de Beethoven s’inspire d’un ouvrage de Bouilly, le « poète lacrymal », administrateur d’Indre-et-Loire et accusateur public de 1793 à 1797 : Léonore ou l’amour conjugal, transcription de l’héroïsme d’une Tourangelle pendant la Terreur. C’est un échec, soit que le public soit surpris par les innovations d’un opéra qui ne s’abrite derrière aucun alibi mythologique, féerique ou antique, soit qu’il n’apprécie pas qu’il exalte les idéaux de la Révolution véhiculés par l’armée française installée à Vienne après Ulm le 20 octobre. Mais le compositeur tient à une œuvre qui reflète ses convictions : il la remanie à plusieurs reprises pour aboutir, en 1814, à la version définitive. Des différentes ouvertures, on retient la superbe Léonore III, désormais jouée en pièce de concert, et la postérité a rendu justice à cet opéra, dont l’architecture musicale répond à la générosité des sentiments évoqués.