Rappel sous les drapeaux des réservistes

24 août 1955

La crise s’amplifie en Afrique du Nord : les 20 et 21, simultanément à une insurrection au Maroc – provoquée par la déposition du sultan Ben Youssef –, 123 personnes dont 73 Européens meurent dans les émeutes du Constantinois ; une forte répression fait 1273 victimes.
Le demi-contingent libéré en avril est rappelé avant que, le 29, ne soit annoncé le maintien sous les drapeaux du premier contingent 1954. Mais, le 18 octobre, 308 députés contre 254 exprimeront leur confiance dans la politique algérienne du gouvernement Faure : chasse aux rebelles et anéantissement des foyers d’insurrection.
Des manifestations, des articles de presse reflèteront l’opposition à la sale guerre ; la censure des médias débouchera sur des saisies de journaux au premier rang desquels le jeune hebdomadaire l’Express dont le fondateur, Jean-Jacques Servan-Schreiber, sera aussi rappelé en Algérie.
Les effectifs militaires dans les départements français d’Algérie passeront de 100 000 hommes en mai 1955 à 600 000 en septembre 1956. L’allongement jusqu’à 28 mois du service militaire et l’accroissement du nombre de blessés et de morts vont peu à peu modifier l’opinion publique en métropole.