François Pompon

Saulieu, 9 mai 1855 - Paris, 6 mai 1933

Ours blanc, profil droit de François Pompon
1928-1929, pierre de Lens
© ADAGP
© RMN / S. Boegly

Né avant Bourdelle (1861-1929) et avant Maillol (1861-1944), François Pompon semble plus jeune car ce praticien qui toute sa vie travailla pour les autres ne connut la célébrité qu’à l’âge de 67 ans, en 1922.

Fils d’un menuisier-ébéniste de Saulieu, apprenti tailleur de pierre chez un marbrier funéraire à Dijon il se forma aux cours du soir et gagna Paris à 20 ans. Tailleur de pierre le jour, élève de la Petite École la nuit – ancêtre de l’École nationale des arts décoratifs – il habita, dès 1877, rue Campagne-Première qu’il ne quitta plus. Dès 1879 il exposa au Salon des portraits, le gagne-pain des sculpteurs. Il épousa en 1882 Berthe Velain couturière. Nous connaissons ses pratiques à partir de 1884 grâce aux livres de comptes conservés au musée d’Orsay. Au Salon de 1888 sa Cosette inspirée de Victor Hugo obtint une médaille de 3e classe mais ne fut pas achetée.La même année à Saulieu une oie vue à contre-jour lui révéla la force de la simplification. En 1890 il entra dans l’atelier de Rodin tout en continuant à travailler pour les autres. À partir de 1896 Charles René de Saint-Marceaux l’employa, bientôt à temps complet et l’emmena les étés à Cuy-Saint-Fiacre. Pompon trouva des modèles dans la basse-cour. Il se fabriqua un établi portatif pour travailler à l’extérieur en Normandie comme au jardin des Plantes à Paris. Au grand air, la vérité d’une forme ne lui parut plus suffisante pour donner la sensation de la vie. L’art japonais que découvrait l’Europe exaltait l’économie de moyens.En 1906, le fondateur-éditeur A. A. Hébrard acheta sa Poule cayenne en toute propriété. Pompon toujours fidèle au Salon des artistes français y exposa la Taupe en 1908 mais ce fut au Salon d’automne de 1922 que son Ours blanc agrandi le révéla au public. Traduit en pierre, l’Ours entra en 1929 au musée du Luxembourg. Les petits modèles furent fondus en bronze par Claude Valsuani ancien chef d’atelier d’Hébrard qui s’était mis à son compte. Pompon connut dix ans de gloire internationale, exposé au Japon, au Brésil, aux États-Unis. N’ayant pas d’enfant, il légua en 1929 sa sculpture à l’État français. Son exécuteur testamentaire, le peintre René Demeurisse, devait détruire les moules et les plâtres en surnombre. C’est le contraire qui arriva.

Le contenu de l’atelier de Pompon reconstitué au Muséum fut transporté à Dijon en 1948, sur pression du chanoine Kir, député-maire de Dijon.

Le besoin de stabilité des années 1920 qu’on appela « le retour à l’ordre », trouva en Pompon un maître du volume et du mouvement compressés dans une forme simplifiée et lisse.

 

Anne Pingeot
conservateur général du patrimoineau musée d’Orsay