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Avant-propos

Avant-propos

Comme chaque année, le Haut comité des célébrations nationales nous propose de remonter le temps par une sélection d’anniversaires aussi diverse qu’éclairante. Ces dates, fruits du hasard du calendrier, prennent forme, et sens, au fil des pages, comme des pièces du vaste puzzle de notre histoire. Apparaît alors la longue et tumultueuse construction de notre nation, de notre société, de nos arts, et de notre identité mêmes.

 

Dans ce calendrier, je lis l’histoire de l’émancipation et de la littérature féminines, avec la publication, à titre posthume, de L’Heptaméron, de Marguerite de Navarre, en 1558, et des Petites Filles modèles, de la Comtesse de Ségur, trois siècles plus tard. Mais aussi, il y a un siècle, la naissance de cette « jeune fille rangée » qui porta pourtant haut et loin la cause des femmes, Simone de Beauvoir.

 

Je lis également la constance de notre curiosité et de notre amour pour les contrées lointaines et mystérieuses, incarnée ici, à 350 ans d’intervalle, par l’historiographe et cosmographe André Thevet, auteur des Singularités de la France antarctique, nommé en 1558 aumônier de Catherine de Médicis, et Jean-Baptiste Charcot, qui embarqua en 1908 à bord du Pourquoi pas ? pour étudier ces mêmes régions au Sud de l’Amérique.

 

Je lis la construction de notre mémoire elle-même, avec l’installation des Archives à l’Hôtel de Soubise par Napoléon Ier en 1808. Cette date a une résonance particulière, deux siècles plus tard, à l’heure où le ministère de la Culture et de la Communication s’apprête à offrir à ces mêmes archives, enrichies, et désormais à l’étroit, un nouvel écrin à Pierrefitte-sur-Seine.

 

Je lis bien sûr la fondation de notre Ve République, en 1958, éclairée par la première rencontre, quelques jours avant, entre le général de Gaulle et Konrad Adenauer, à Colombey-les-deux-Églises. Rencontre qui scella l’amitié franco-allemande, pilier de la construction du projet européen.

 

Certains apprendront peut-être que l’inventeur du dessin animé cinématographique, en 1908, était français, et se nommait Émile Courtet, dit Émile Cohl. D’autres que le premier dictionnaire de la langue de Madagascar fut publié dès 1658 par Étienne de Flacourt. D’autres encore que les caricaturistes Honoré Daumier et Jean Effel sont nés à cent ans et quelques jours d’intervalle.

 

Nombreuses sont ces trames particulières que cet ouvrage donne à lire, et dont l’entrelacs forme notre mémoire collective. « Pour expliquer un brin de paille, il faut démontrer tout l’univers », écrit le journaliste, critique d’art et écrivain Remy de Gourmont, dont nous célébrons les 150 ans de la naissance. C’est sans doute la plus belle leçon de cette brochure, dont chaque date est un merveilleux prétexte pour découvrir ou redécouvrir toute la richesse de notre histoire.

 

Christine Albanel
ministre de la Culture et de la Communication