Préface

 

Il est d’usage, dans les familles, de célébrer les anniversaires. Souffler les bougies n’est qu’une occasion de se retrouver et de partager le souvenir, les joies et les peines, le passé et le présent. Ce n’est pas la louange du temps passé, c’est la fidélité à ce qui nous a faits. Mais la famille s’entend aussi au sens très large, comme la communauté de ceux qui participent d’un même héritage et qui vivent un même sentiment d’appartenance. Noël est un anniversaire, comme le 14 juillet. L’un et l’autre ont leur résonance dans le passé, mais leur place dans le présent. Chacun en fait ce qu’il veut. Une image ou une raison d’être.

Alors, quoi d’étonnant à ce que l’on commémore, voire que l’on célèbre, à la faveur d’un millésime, tel personnage ou tel événement en quoi la collectivité trouve motif à réfléchir sur ce qu’elle doit. Certes, le choix de la date est arbitraire, mais l’arbitraire est celui d’un sentiment. Nous le savons, la bataille d’Hernani et le Code civil sont plus importants qu’une naissance ou une victoire, mais l’essentiel n’est-il pas de saisir l’occasion pour saluer un acteur de l’histoire ou un moment du génie humain ?

Et puis, nul ne sait tout. Qui oserait dire qu’en feuilletant les pages que voici il n’a pas pensé à ce qu’il n’avait pas en tête, appris quelque chose ou changé la vue qu’il en gardait d’une ancienne approche ?
Le Haut comité qui vient d’être renouvelé et qui, dans la diversité des compétences qui l’enrichissent, s’inscrit en une histoire déjà longue n’a pas d’autre propos que d’aider nos contemporains à explorer d’un regard large un patrimoine historique aux mille facettes. C’est ainsi que l’on comprend ce qu’on est.


Jean Favier   
membre de l’Institut   
président du Haut comité des célébrations nationales