Jean Lannes

Lectoure, 10 avril 1769 - Vienne (Ebersdorf), 31 mai 1809

Jean Lannes, duc de Montebello, maréchal d’Empire, en uniforme de colonel des Hussards
huile sur toile de Perrin Jean Charles Nicaise
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN/Gérard Blot

Le 31 mai 1809 décédait des suites d’une blessure reçue à la bataille d’Essling Jean Lannes, maréchal d’Empire, duc de Montebello. Il venait d’avoir 40 ans. Après s’être recueilli sur sa dépouille, Napoléon dicte une lettre à la duchesse de Montebello : « Je perds le général le plus distingué de mes armées, mon compagnon d’armes depuis seize ans, celui que je considérais comme mon meilleur ami ».

Pourtant quelle modeste origine ! Il naît à Lectoure le 10 avril 1769, de Jean Lannes « trafiqueur » (agriculteur et marchand de biens) et de Cécile Fouraignan. Nous ne disposons d’aucun renseignement sur sa jeunesse : apprenti-teinturier, palefrenier ou soldat dans l’armée royale…, on ne sait. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a fréquenté ni l’école ni le collège des Doctrinaires : les premières lettres que l’on connaît de lui montrent des carences dans le maniement du français et l’orthographe. L’armée lui a tout appris et il sut saisir toutes les opportunités offertes par la Révolution et l’Empire.

Engagé le 20 avril 1792, il est envoyé dans les Pyrénées-Orientales avec le deuxième bataillon des Volontaires du Gers pour combattre les Espagnols. Blessé au combat de Banyuls, il est soigné à Perpignan où il fait la connaissance de Barbe Méric qu’il épouse. Il a déjà le grade de chef de brigade (colonel).
La paix signée avec l’Espagne, le voici à l’armée d’Italie : cette campagne, commandée par Napoléon Bonaparte, né la même année que lui, est le coup de pouce du destin : le 15 avril 1796, Bonaparte remarque l’action décisive d’un jeune colonel qui vient avec quelques hommes de prendre une bourgade de Ligurie, Dego. Promu général à Arcole où il est blessé deux fois, il sauve la vie à Bonaparte.

Dès lors, Lannes suit toutes les expéditions de celui qu’il va servir fidèlement, d’abord lors de la campagne d’Égypte (à Saint-Jean d’Acre il manque de peu d’avoir la tête tranchée par les Turcs). Revenu en France, il seconde Bonaparte le 18 brumaire, règle ses affaires familiales (il divorce pour épouser le 16 septembre 1800 Louise Guéhéneuc). Nommé général de la garde consulaire, il repart pour l’Italie : il est vainqueur à Montebello, reçoit un sabre d’honneur à Marengo… Le commandement de la garde ayant révélé une gestion financière hasardeuse, Bonaparte exige le remboursement de l’argent, l’éloigne de Paris et le nomme ministre plénipotentiaire au Portugal où il reste près de 4 ans. Maréchal d’Empire, duc de Montebello, il assiste au sacre de Napoléon, participe à la vie de la cour. Après la rupture de la paix d’Amiens, il est de toutes les campagnes, s’illustre à Ulm, Austerlitz, Pultusk, Friedland… Envoyé en Espagne en 1809, il assiège Saragosse et reçoit sa capitulation après d’atroces combats. Appelé à l’armée d’Allemagne, il est mortellement blessé à la bataille d’Essling.

Jean Lannes avait un fichu caractère et ses colères qui n’épargnaient personne, même pas Napoléon, étaient célèbres ; il a existé entre ces deux hommes des relations privilégiées, faites de brouilles et de réconciliations, Lannes se considérant mal traité dans les rapports de la Grande Armée. Il était d’une bravoure extraordinaire, entraîneur d’hommes, ce qui ne l’empêchait pas d’être sensible et d’avoir sur le champ de bataille ce coup d’œil vif et déterminant que Bonaparte lui a reconnu.

Le corps du maréchal Lannes fut transporté à Paris l’année suivante et inhumé au Panthéon le 6 juillet 1810 dans un déploiement de faste exceptionnel.

 

Georges Courtès
président de la Société archéologique du Gers
coprésident de l’association « Mémoire du Maréchal Lannes : Lectoure 2009 »