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Avant-propos

 

Vous êtes chaque année plus nombreux à attendre la parution du Recueil des Célébrations nationales, chaque année plus nombreux à le lire de la première à la dernière page, chaque année plus nombreux à exercer sur lui votre esprit critique, à mettre à l’épreuve aussi votre culture générale.

Ainsi les plus anciens et les plus assidus d’entre vous savent-ils que seuls sont sélectionnés par le Haut comité aux Célébrations nationales et présentés dans cette publication les cinquantenaires et les centenaires. me permettront-ils cependant de déroger, le temps d’un avant-propos, à cette règle jusqu’ici inviolée ?

Je souhaiterais en effet, et sans attendre un quart de siècle supplémentaire, saluer à l’occasion de sa sortie, les vingt-cinq ans du Recueil des Célébrations nationales. Vingt-cinq ans durant lesquels, ce que l’on a longtemps appelé, avec une désinvolture quasi affectueuse, « la brochure » est passé de cinquante à près de trois cents pages ; vingt-cinq ans au cours desquels elle a modifié, à pas mesurés, sa présentation (n’est-elle pas accessible en ligne aujourd’hui ?) tout en restant respectueuse de la sobriété qui fait sa réputation ; vingt-cinq ans qui l’ont vue se compléter de quelques rubriques (économie et société, cinéma et musique) ; vingt-cinq ans de conquête d’un public nombreux et fidèle ; vingt-cinq ans de témoignages de plus en plus vifs de sa satisfaction et même de son enthousiasme (savez-vous qu’il existe à travers le monde des collectionneurs passionnés, à la recherche de tel ou tel millésime désormais introuvable ?) ; vingt-cinq ans que les spécialistes les plus renommés et les plus autorisés nous prêtent avec obligeance leur inestimable concours ; vingt-cinq ans que le Recueil permet aux amoureux de l’histoire et des arts de rythmer leur année au gré d’une centaine d’anniversaires, graves pour les uns, plus légers pour les autres.

Me conformant à l’usage qui invite à former des vœux à l’intention de tout heureux jubilaire, j’exprimerai celui que notre Recueil puisse gagner en diversité et puisse aiguiser encore, si faire se peut, votre goût de la découverte, pour matérialiser de mieux en mieux la conscience -historique des Français, en commémorant les heures sombres comme en solennisant les dates fastes, en faisant également surgir des ténèbres d’une mémoire, parfois ingrate, des personnalités, des lieux ou des événements qui ont pris leur part dans la fresque qui conduit jusqu’à nous.

En 2011 encore, défileront devant nos yeux les profils les plus contrastés : la sombre sévérité de Louis XI, la pâle innocence du roi de Rome et l’impétuosité d’un Turenne ; la puissance brute et primitive des créations de Bourdelle, les rondeurs chastement voluptueuses de l’œuvre d’un Maillol et les virtuosités d’orfèvre des vers de Théophile Gautier ; la fraîcheur des campagnes françaises au début de leur âge, quand les parcourait inlassablement saint Martin, et l’exotisme enivrant des horizons nouveaux qu’explora Bougainville. Avec, en toile de fond, un paysage très louis-quatorzien où se détache la figure du roi lui-même et où s’expriment les génies de Boileau, de Berain, de Desportes, de Coypel ou de Couperin.

À leur service et pour leur rendre hommage, les plumes les plus prestigieuses ont réécrit au fil de ces trois cents pages une histoire de France propre à charmer nos imaginations et nos esprits contemporains, propre à flatter, stimuler ou interroger les héritiers que nous sommes, de nature enfin à inventer ce que pourraient être nos lendemains. En votre nom à tous, je remercie très chaleureusement ceux et celles qui les ont tenues.



Frédéric Mitterrand
Ministre de la Culture et de la Communication