Georges Pompidou

Montboudif (Cantal), 5 juillet 1911 - Paris, 2 avril 1974

Il n’y a pas de grand destin dû au hasard. On peut rappeler les chances que Georges Pompidou a eues, qu’il a su saisir, et qui l’ont progressivement conduit à la tête de la France. Mais ces chances n’expliquent pas tout.

Deux qualités en lui dominaient toutes les autres. Tout d’abord, les facultés exceptionnelles de l’esprit : intuition, rapidité, mémoire, précision de l’analyse ; goût de ramener les questions à quelques données simples et claires en les débarrassant de tous les faux-semblants ; aptitude à dégager l’essentiel en donnant un éclairage nouveau à des problèmes examinés mille fois, à les replacer dans des perspectives historiques pour mieux apercevoir l’avenir. Souvent, l’on était frappé par la nouveauté d’une idée, d’une affirmation simple, à la fois inattendue et évidente, tellement indiscutable qu’on se défendait mal ensuite du sentiment de sa vérité presque banale. C’était ce qu’il appelait le bon sens, nom ordinaire donné à la première vertu de l’esprit, le jugement.

La seconde était le courage. « Si vous avez du bon sens et du courage, vous appartenez à une petite, toute petite minorité ». Quelquefois, il ajoutait : « Et si, en outre, vous savez l’orthographe et le calcul !… ». Le courage, à la fin de sa vie, il en a fait la pratique quotidienne, comme si elle allait de soi.

Les divers aspects de sa personnalité en faisaient un homme complexe, souvent insaisissable, rebelle à toute définition simple.

Avec le sens de la relativité des choses, et de la fragilité des rapports entre les hommes, il était le contraire d’un sceptique, et manifestait un attachement constant à ses convictions comme à ses amitiés ; cuirassé d’indifférence par nécessité et devoir d’État, il était d’une sensibilité très vive et d’une grande fidélité ; autoritaire, il avait le goût de la discussion, du contact avec autrui, le besoin d’expliquer, une préférence pour les hommes dotés d’une forte personnalité, qui prennent leurs risques et savent s’affirmer ; prudent et circonspect, il s’impatientait devant la lenteur de l’exécution une fois la décision prise ; ironique et même mordant, il manifestait beaucoup de scrupules dans ses rapports avec les hommes, évitant de froisser leur sensibilité ou de léser leurs intérêts légitimes ; aimant réfléchir, peser le pour et le contre, avec le goût de la méditation longuement menée en solitaire, il se décidait très vite et sans retour dans les moments difficiles, comme en mai 1968, où il fallait faire face à une menace de guerre civile, ou en août 1971, quand il tenta de mettre la France à l’abri des désordres monétaires internationaux ; réaliste, il avait le scrupule de ne pas faire naître, par ses promesses ou ses propos, des espoirs qui seraient déçus, et pourtant il demeurait optimiste ; attaché à la tradition, il était également soucieux du progrès de la France, mais voulait avancer d’un pas tel qu’il ne fût pas obligé de reculer, ou de contraindre ; préoccupé par-dessus tout de l’intérêt national, il manifestait une attention constante aux besoins et aux aspirations des pays pauvres ; partisan de l’ordre, dans lequel il voyait la seule garantie de la liberté, il croyait à la nécessité d’un mouvement qui intégrerait les aspirations des temps actuels dans une histoire qu’il concevait comme un constant renouvellement ; imprégné de ses fonctions, en acceptant comme un fardeau la solitude, il était d’un abord simple, facilement de plain-pied avec son interlocuteur, désireux de rencontrer et de comprendre ; clairvoyant, il a eu des vues prémonitoires, par exemple sur la pénurie alimentaire dans le monde alors qu’il n’était question que de surproduction agricole, sur la crise de l’économie internationale quand beaucoup n’étaient préoccupés que des méfaits de la croissance, sur les dangers menaçant la liberté, qui n’est jamais un fait acquis, irréversible ; on le présentait comme ayant le goût des compromis : il en avait le sens mais il savait être intraitable, comme un Romain du temps de la république.

Mais cet homme secret, qui ne se livrait guère, était ouvert quand il avait accordé sa confiance. Autant il appréciait peu que des questions fussent posées, autant il aimait parler spontanément et longuement de ses intentions, de ses entretiens, allant même parfois jusqu’à s’excuser de ne pas avoir fait part d’un projet, d’un échange de vues avec tel ou tel, dont il pensait que ceux qui étaient à ses côtés avaient intérêt à le connaître. Son cœur et son esprit étaient une forteresse bien gardée où l’on ne -pénétrait pas par effraction. Mais qui était invité à y entrer – ce n’était qu’implicite – était toujours bien accueilli.

Il a déclaré, au scandale de quelques-uns : « Le gaullisme n’est pas une doctrine, c’est une attitude ». Cela signifiait pour lui à la fois l’intransigeance quand l’essentiel est en jeu, et l’adaptation au réel, aux changements du monde : deux leçons qu’il avait reçues du général de Gaulle. L’essentiel, c’était la France, dont il faut rassembler la diversité, préserver l’unité, défendre l’indépendance, tout en assurant la dignité
de tous.

« Je ne me décide pas par référence mais par conviction ». Il devait au gaullisme sa formation, sa sensibilité politique, son inspiration première où le pessimisme ne détruit pas l’espoir, ne brise pas la volonté, mais les éclaire et les fortifie. Mais il entendait donner à l’action, dès lors qu’il eut à la conduire, sa marque propre. Sur le plan politique, mettre fin à la « querelle des républiques », élargir la majorité, ce qui fut entrepris dès 1969 et tenté à nouveau en 1973, améliorer l’équilibre entre les pouvoirs grâce à une meilleure collaboration du Gouvernement et du Parlement ; adapter nos institutions à l’évolution des esprit et des besoins par le raccourcissement du mandat présidentiel, où il voyait le moyen de conférer au Président une investiture populaire de même durée et par conséquent, du début à la fin, de même force que celle dont jouit  l’Assemblée nationale.

Rarement la France a aussi profondément changé que durant les douze années où il fut Premier ministre puis Président de la République. Pas seulement sur le plan économique et industriel, mais aussi dans les rapports sociaux, le mode de vie et les mentalités. Dans cette transformation, le mouvement naturel des choses a sa part, et d’autres que le Président Pompidou ont joué un rôle. Le sien a été capital. Il n’aimait guère proclamer de « grand dessein », mais il en avait un dans l’esprit et il l’a traduit dans les faits. L’Histoire en offre-t-elle tellement d’exemples ?

 

Édouard Balladur
ancien Premier Ministre
membre du cabinet de Georges Pompidou à partir de 1964
secrétaire général de la Présidence de la République en 1973 et 1974


Programme des manifestations

Edition - Philatélie

Parutions prévues en 2011 :

- C'était Georges Pompidou, par Alain Frerejean (réédition par le Grand Livre du Mois, et par Chasse Litte en chinois)
Ce livre a reçu le Grand Prix du Livre d'Histoire de Senlis, le prix Georges Christophe de l'Association des Ecrivains combattants et les éloges des lecteurs et lectrices de la Bibliothèque Orange.

 

- Le Grand dessein parisien de Georges Pompidou, par Mathieu Flonneau, Pascal Geneste, Philippe Nivet et Emilie Willaert (coédition Archives nationales - Association Georges Pompidou - Somogy, éditions d’art) - Parution en janvier 2011  (ISBN : 978-2-7572-0288-3)
«Le sujet important n’est pas De Gaulle et Paris, ni Malraux et Paris, mais Pompidou et Paris".
Près de quarante ans après la formulation par l’historien de Paris Louis Chevalier de cette remarque intuitive mais solidement étayée – qui contenait également une charge polémique –, le temps de l’histoire semble vraiment venu pour une analyse du changement de civilisation et d’échelle auquel correspondit cette époque, et que Georges Pompidou fut l’un des rares à ne pas sous-estimer.
Fruit d’une collaboration étroite entre l’Association Georges Pompidou et les Archives nationales, cet ouvrage est conçu à la fois comme un ouvrage de référence et un très beau livre. Tirant parti des recherches les plus récentes, il analyse la manière dont Georges Pompidou prit ses décisions sur les dossiers parisiens et influença les politiques d’habitat et de transport dans la région, sans omettre les aspects culturels

 

Le Cantal de Georges Pompidou, par Joël Fouilheron, photos d'Henry Passemard et Pierre Soissons (éditions Quelque part sur Terre)

 

- Emission, en juillet, d'un timbre à l'effigie du Président Pompidou, avec le Centre Pompidou en arrière-plan

 

Manifestations

Ile-de-France

Consulter également le site :  http://www.georges-pompidou.org/centenaire.html

 

Toute l'année 2011 à partir de février
Exposition photographique sur Georges Pompidou, avec portraits de l'ancien Président sur la façade du Centre Pompidou : en hommage à son fondateur, le Centre se "met aux couleurs" de Georges Pompidou
A travers des portraits photographiques et un choix de citations disséminés sur le bâtiment et dans l’ensemble de ses espaces publics, l’image et la pensée du Président Georges Pompidou pourront devenir familiers à toute une génération de visiteurs qui ne connaissent pas l’histoire de la création du Centre Pompidou et la force de la vision qu’avait eue son fondateur. Ces messages permettent de relier la pensée et l’action de Georges Pompidou à la création et aux missions du Centre qui porte son nom
Lieu : salles et façades du Centre Pompidou - place Georges Pompidou - 75004 Paris
Métro : Châtelet - Les Halles , Les Halles, Rambuteau
Informations complémentaires

 

29 mars 2011
Remise du Prix Georges Pompidou à M. Claude Imbert, Fondateur et Éditorialiste du "Point"
Lieu : Centre Pompidou

 

15  juin au 20 septembre 2011
Exposition-dossier : Georges Pompidou
L’exposition vise à montrer le rôle déterminant de Georges Pompidou dans la construction et l’enracinement de la Ve République, à la lumière des notes élaborées par son cabinet et son secrétariat général au palais de l’Élysée, dans le sillage du "grand dessein" national imaginé par le général de Gaulle
Quatre principaux temps chrono-thématiques (la formation d’une élite littéraire, l’engagement politique, l’héritier du gaullisme et le mandat présidentiel)

Lieu : Archives nationales - Hôtel de Soubise - 60 rue des Francs Bourgeois - 75003 Paris
tél : 01 40 27 60 96

 

22  juin 2011 - 9h à 18h
Colloque international : Pompidou et l'influence de la France dans le monde, avec l’intervention du Président Sarkozy et en présence de M.Accoyer, Mme Alliot-Marie et M. Diouf
Georges Pompidou, quelle vision géopolitique du Monde ? (Alain Roussel, historien et biographe) - Les voyages et discours de Georges Pompidou à l’étranger, 1962-1974 (Christine Manigand, professeur) - Georges Pompidou et l’influence économique de la France feront partie des thèmes abordés
Organisateurs : Association Georges Pompidou
Lieu : Assemblée nationale - 126 rue de l'Université - 75007 Paris

Médias-com - Filmographie

. Sites Internet :

Site de l’INA
De nombreux documents vidéo et audio sur Georges Pompidou, de la passation des pouvoirs entre Michel Debré et Georges Pompidou, nommé Premier Ministre, à l’Hôtel Matignon, le 16 avril 1962, à l’annonce de son décès, le 2 avril 1974, en passant par tous les grands moments de sa présidence. Parmi ces archives, on trouve des discours, interviews, portraits, rencontres, des sujets sur les déplacements et voyages officiels du Premier Ministre, puis du Président de la République

 

- Vidéo INA : Monsieur Georges Pompidou à Montboudif

 

- Vidéo INA : Le village de Montboudif

 

- Vidéo INA : Discours hommage du président Pompidou à son prédécesseur, le général de
Gaulle mort le 10 novembre 1970

 

- Vidéo INA : Hommage au président Pompidou

 

- Colloques répertoriés par l’Association Georges Pompidou

 

. Emissions TV :

- France 3 : probablement entre mars et juillet 2011
Film : Mort d'un président, fiction avec Jean-François Balmer dans le rôle de Georges Pompidou (réalisateur : Pierre Aknine)

 

. Film :
Court métrage 2011 : Georges Pompidou, Moderne, Absolument Moderne (coproduction Centre Pompidou, Délégation à l’action culturelle audiovisuelle / Institut national de l’audiovisuel, Direction de la Production et de l’Édition Réalisation)
Ce film de 10’ réalisé par la société Let’s Pix est conçu à base d’images d’archives sélectionnées dans le fonds de l’Ina, de photos de Georges Pompidou et d’un extrait du film de Jacques Grandclaude Rossellini 77
Diffusion : dans le cadre des manifestations organisées pour le centenaire de la naissance de Georges Pompidou en 2011, ainsi que sur les sites :
Informations complémentaires : www.dailymotion.com/ina   ,   www.centrepompidou.fr/   ,   www.ina.fr/

Musée

Musée Georges Pompidou
Le lieu s'attache à retracer, au travers de photographies d'Henry Passemard, les relations civiles et politiques du Premier Ministre, du Député et du Président de la République. Il présente aussi des objets personnels de Georges Pompidou, ainsi qu’un document audiovisuel évoquant sa vie
Lieu : Le Bourg - 15190 Montboudif
Informations complémentaires  :  tél : 04 71 78 68 68

Associations

"Association Georges Pompidou"
L’association a pour objet de favoriser l'étude des mutations de la France pendant les années 60 et le début des années 70, ainsi que la recherche historique sur l'œuvre et la personnalité de l'ancien président de la République. 
Elle contribue à accroître le fonds Georges Pompidou conservé aux Archives nationales, en recueillant les archives personnelles des collaborateurs et en menant un programme d'archives orales depuis 1993. Elle soutient également la recherche scientifique par des publications et l'organisation de colloque
s.
Informations complémentaires : Association Georges Pompidou
6, rue Beaubourg - 75004 Paris
tél : 01 44 78 41 22 - fax : 01 44 78 40 85
courriel : recherche@georges-pompidou.org ; secretariat@georges-pompidou.org

 

"Association cantalienne Georges Pompidou"
Cette association s’emploie à faire mieux connaître la personne et l’action de Georges Pompidou dans et hors le Cantal, par de nombreuses actions (expositions, colloques, conférences, publications…), seule ou en concertation avec l’Association nationale. Elle assure, depuis l’origine, la conservation du musée de Montboudif et l’enrichissement de ses collections dans le cadre d’un étroit partenariat avec la commune de Montboudif
Informations complémentaires : mairie - 15190 Montboudif