Approbation par les Français de l'autodétermination en Algérie

8 janvier 1961

Le 8 janvier 1961 est organisé le premier référendum de la Ve République. Il invite les Français à se prononcer sur les réorientations de la politique algérienne de la France, qu’avait amorcées le général de Gaulle dans son discours du 16 septembre 1959. À cette date, le président de la République avait annoncé qu’il consulterait les Algériens par référendum sur les trois options possibles. Des trois voies alors proposées (« la sécession », « la francisation » ou « l’association »), il avait clairement indiqué sa préférence pour une association, définie comme le « gouvernement des Algériens par les Algériens, appuyé sur l’aide de la France et en union étroite avec elle ». Tout au long de l’année 1960, des signes -politiques avaient manifesté le désir de l’État français de sortir de l’affrontement avec les nationalistes algériens et de préparer l’avènement d’une « Algérie algérienne » (discours du général de Gaulle de mars 1960), dont les contours restaient cependant l’objet d’âpres négociations ; les premiers pourparlers avec des représentants du gouvernement provisoire de la République Algérienne entamés en juin 1960 tournèrent court.

En janvier 1961, c’est à l’ensemble des Français que la question de l’autodétermination est posée et, avec elle, celle d’une nouvelle organi-sation des pouvoirs publics en Algérie. Citoyens français possédant un droit de vote totalement égal aux autres citoyens depuis la fin de 1958 seulement, les habitants d’Algérie sont également conviés aux urnes. Si leur participation est nettement plus faible (58,76 % des suffrages exprimés, contre 76,48 % en métropole), leur choix va dans le même sens : 69 % des votants en Algérie et 75 % en métropole approuvent le « projet de loi sur l’autodétermination des populations algériennes ». Par ce vote massif, les métropolitains expriment sans ambiguïté leur volonté d’en finir avec une guerre dont le sens s’est peu à peu dissous dans les années de guerre et d’errements. En Algérie, en revanche, ceux qui s’inquiètent de leur sort dans une Algérie séparée de la France ont voté très largement contre : c’est ainsi le cas de 72 % des votants à Alger. Les déchirements des deux dernières années de la guerre apparaissent nettement dans cette divergence. Néanmoins, conforté par les résultats globaux du référendum, le général de Gaulle poursuit la politique engagée : de nouvelles négociations s’ouvrent avec le gouvernement provisoire de la République Algérienne à l’été 1961, tandis que le putsch raté d’avril 1961 a définitivement marginalisé les tenants les plus radicaux du maintien de l’Algérie française.

 

Raphaëlle Branche
maîtresse de conférences
à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne


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