Premier numéro du magazine Salut les copains

1962

Tout commence en Amérique en 1956 tandis que Bing Crosby susurre encore à l’oreille de Doris Day des mélodies sucrées chères aux familles pressées d’oublier la guerre. Alors que ce pays représente l’avenir, deux ouragans surgissent qui vont changer la face du monde. Elvis Presley, un chanteur blanc aux déhanchements à faire pâlir les noirs, et James Dean, un jeune acteur qui, en une apparition, symbolise à lui seul la « naissance de l’adolescence ».

 

Dès cet instant, contre toute attente, les jeunes prennent le pouvoir en inventant une musique et une mode dont les clés échappent aux adultes. 

 

En France, les ténors de la chanson française occupent le haut du marché. C’est à ce moment que Daniel Filipacchi a l’intelligence d’aller aux États-Unis avant tout le monde, et de comprendre que ce qui se passe là-bas va forcément arriver chez nous. Il crée alors l’émission « Salut les copains » pour Europe N° 1, très loin d’imaginer que son rendez-vous quotidien engendrera plus tard un phénomène incontrôlable qui débouchera sur la vague « yéyé ».

 

Que veulent donc ces jeunes gens arborant blousons noirs ou cheveux longs ? Rien de plus que chanter et danser pour certains et rien de moins pour d’autres que de changer le monde.

 

En effet, juste après la sortie de l’école, tous les adolescents de France collent leurs oreilles à leur transistor pour écouter la voix de Daniel.

 

Il leur parle sans condescendance, comme à des grandes personnes, il s’intéresse à leur vie sans la juger et leur donne des nouvelles de celui qui les représente tous, Johnny Hallyday, l’idole des jeunes. Ce dernier est aussitôt suivi par un raz de marée qui submerge ce que l’on n’appelle pas encore les médias. Les adultes restent interdits devant ce phénomène, bousculés par une insolence immaîtrisable. Sans le savoir, une génération vient d’inventer le jeunisme.

 

Et c’est par un jour de printemps que le hasard change ma vie en me faisant croiser Daniel Filipacchi, lequel me propose de travailler avec lui pour « un petit journal de musique » qu’il va bientôt lancer. Le premier numéro de Salut les copains tiré à cent mille exemplaires part en quarante-huit heures. Six mois plus tard, le journal s’envole à plus d’un million, devenant ainsi, avec l’émission, le seul lien entre les jeunes et cet univers qui les fascine, celui d’adolescents qui ne pensent qu’à demain. Déclarer aujourd’hui que « c’était mieux avant » est le lot de ceux qui vieillissent. Si les trente furent glorieuses pour certains, ce fut loin d’être le cas pour d’autres, mai 68 en donnera la preuve. Pour moi, bien sûr, comme pour mes compagnons de route, ces temps furent privilégiés puisque nous représentions l’insouciance d’une jeunesse certaine d’avoir raison. Tandis que je traversais les villes de France, allant de Johnny à Cloclo ou d’Eddy à Dutronc, je n’avais qu’à lever les yeux pour voir les chambrettes des adolescents recouvertes de mes photos.

 

Alors bien sûr, j’étais un peu le roi de la piste, et je croyais que la vie serait toujours comme ça.

 

Aujourd’hui une nostalgie légitime envahit les gens de ma génération.

 

On s’imaginait pouvoir changer l’histoire, et c’est l’histoire qui nous a changés.

 

Heureusement, grâce à mes amis chanteurs, je n’étais qu’un rêveur et, Dieu merci, je le suis resté.

 

Jean-Marie Périer
photographe


Programme des manifestations

Manifestations

France

Ile-de-France

du 18 octobre 2012 au 25 novembre 2012
du mardi au samedi à 20h30
matinées samedi et dimanche à 16h30
Spectacle musical : « Salut les copains »
Distribution : Livret de Pascal Forneri, mise en scène de Stéphane Jarny
Pour le 50ème anniversaire du premier magazine créé en 1962 et de l’émission mythique sur Europe 1, le symbole de la jeunesse des années 60 revient sur le devant de la scène pour un spectacle inédit
Dans une histoire originale, une troupe de comédiens, chanteurs et danseurs reprend les plus grands tubes de ces années de liberté. La folie des Yéyé et des années pop revit sur la scène des Folies Bergère ! Aucun détail culte de cette décennie n'est oublié : scopitones, cheveux longs, twist, blousons noirs, Mai 68... Le livre d’une période qui a marqué l’Histoire s’ouvre pour deux heures de spectacle
Lieu : Folies Bergère, 32 rue Richer - 75009 Paris
Informations complémentaires

Médias-Com - Filmographie - Archives et documentation

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« Salut les copains »


« Salut les copains, Le spectacle musical »