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Avant-propos

Pour aléatoires que soient les anniversaires, ils n’en sont pas moins instructifs et éclairent de façon quelquefois inattendue les diverses facettes de notre histoire, en resituant les uns par rapport aux autres sur l’échelle du temps, événements et personnages.

 

Certes, la règle que s’est fixée le Haut comité des Commémorations nationales de ne retenir que les cinquantenaires, les centenaires et leurs multiples – et ce pour éviter la surabondance – renforce le rôle du hasard dans la sélection finalement effectuée. Et c’est tant mieux : de la sorte, s’il y a arbitraire, ce n’est que celui du calendrier et de l’implacable chronologie.

 

Du reste, le hasard et ses caprices n’impliquent pas systématiquement la confusion et c’est ainsi que, fortuitement, 2013 a choisi de se tourner résolument vers le XVIIIe siècle : aussi verrons-nous Diderot voisiner sans déplaisir avec Voltaire, mais aussi avec le talentueux ébéniste Oëben, le musicien trop négligé Méhul, le grandiose Soufflot et bien d’autres gloires, éminentes ou plus modestes de cette époque. La mode, avec Rose Bertin, aura aussi son mot à dire.

 

D’autre part, les membres du Haut comité des Commémorations nationales, s’ils se réjouissent de la parfaite neutralité du Recueil, ne s’en félicitent pas moins quand l’espièglerie du hasard calendaire met en présence des anniversaires qui se répondent, qui se coudoient ou s’interpellent. Ainsi en sera-t-il en 2013 : Paul de Gondi, cardinal de Retz, sera célébré en même temps que La Rochefoucauld, Du côté de chez Swann fera écho au Grand Meaulnes, Jean Marais à Jean Cocteau, Charles Trenet à Édith Piaf.

 

Qu’on se rassure, chronologies et calendriers finissent toujours par se montrer équitables : toutes les autres périodes de l’histoire de France, y compris le Moyen Âge de Villehardouin et de Villon, sont représentées dans le Recueil des Commémorations de 2013 et, comme le veut notre intransigeante doctrine, ils le sont à travers l’histoire institutionnelle, patriotique et politique, mais aussi l’histoire artistique (Delacroix), littéraire (Marivaux) et spirituelle, l’histoire scientifique, industrielle et technique.

 

D’ores et déjà, à travers tout le territoire de notre pays, des festivités s’organisent, les tréteaux se montent, les salles s’apprêtent. Ces manifestations seraient un peu esseulées, si elles ne s’accompagnaient pas d’un véritable élan des chercheurs, des curieux, des citoyens dans le sens d’une connaissance plus approfondie et plus affinée de notre passé commun : celle de ses balbutiements, comme de ses francs succès, de ses fulgurantes clartés, comme de ses errements. Colloques, congrès, représentations dramatiques et chorégraphiques, concerts et festivals, éditions sous toutes les formes, constitueront autant d’occasions de montrer les progrès de la connaissance que nous avons de notre histoire, et, n’ayons pas de scrupules à l’écrire, autant d’occasions aussi de confesser nos lacunes ; ils constitueront enfin un encouragement irrésistible, pour l’historien, à s’engager dans de nouvelles voies de recherche.

 

Aurélie Filippetti
Ministre de la Culture et de la Communication