Caisse nationale des monuments historiques et des sites

10 juillet 1914

Quelques mois après la promulgation de la loi fondamentale du 30 décembre 1913 et à quelques jours de la déclaration de la Grande Guerre, la Caisse nationale des monuments historiques et des sites était créée par la loi du 10 juillet 1914. Cette institution avait alors pour vocation de mobiliser dons et legs en vue de la conservation et de l’acquisition par l’État des immeubles et meubles classés.

Cent ans plus tard, rebaptisé Centre des monuments nationaux, l’établissement public, simple collecteur de fonds à l’origine, est devenu un opérateur culturel de premier plan. Il a désormais en charge l’exploitation, l’entretien et la conservation d’un réseau d’une centaine de monuments historiques, propriétés de l’État et ouverts au public. Couvrant l’ensemble des champs chronologiques de l’histoire, depuis les grottes préhistoriques jusqu’aux constructions du XXe siècle, ces monuments sont porteurs de la mémoire de la Nation et contribuent à la diffusion de la connaissance de l’histoire, de l’histoire de l’art et de l’architecture vers les publics les plus variés.

Cette mutation, fondée sur un système unique en France de péréquation financière et de mutualisation des pratiques et des savoir-faire, ne s’est pas faite en un jour.

Une étape importante a été franchie en 1922, lorsqu’a été autorisée la perception d’un droit d’entrée sur les quelque deux millions de visiteurs annuels. Durant les années 30 et immédiatement après la guerre, cette autorisation de perception est progressivement élargie aux opérations commerciales. Et parce que les besoins financiers sont importants au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et qu’il faut attirer dans les monuments un public toujours plus important, l’institution commence à développer une politique d’animation et de mise en valeur visant à les rendre plus attractifs. Ainsi, par paliers successifs, le lien entre la Caisse et les monuments, qui n’était qu’essentiellement comptable, se renforce d’une dimension culturelle. Les exigences croissantes d’un public plus nombreux, passé progressivement du statut d’usager du service public à celui de client, son internationalisation également, conduisent à partir de 1995 à concentrer la totalité des moyens consacrés par l’établissement à l’accueil des visiteurs et à la mise en valeur des monuments. La nécessité d’une gestion globale amène finalement les pouvoirs publics à parfaire le dispositif par le transfert en 2007 de la maîtrise d’ouvrage des opérations d’entretien et de restauration, jusque-là assurée par les services du ministère de la Culture.

Ainsi, le Centre des monuments nationaux est-il devenu un opérateur culturel complètement intégré. Exploitant un réseau implanté sur la quasi-totalité du territoire métropolitain de la France, accueillant plus de neuf millions de visiteurs par an, il est devenu un instrument de premier plan de la politique patrimoniale nationale, mais aussi de l’activité culturelle et de l’attractivité touristique des territoires. En créant un lien fort entre des sites à l’histoire et aux caractéristiques très différentes, il continue à incarner l’idéal français d’un patrimoine cohérent, dont l’unité d’exploitation garantit aussi bien le maintien d’une exigence élevée en matière de conservation, qu’une appropriation forte par le plus grand nombre, gage d’une transmission confiante aux générations futures.

 

Philippe Bélaval
président du Centre des monuments nationaux