Fondation de l'ordre des frères Prêcheurs

1215

Au printemps 1215, Dominique de Caleruega installe la petite communauté d’hommes qui s’est formée autour de lui dans une maison proche du château narbonnais, non loin de la porte sud de la ville de Toulouse. Depuis plus de dix ans, ce chanoine castillan sillonne le Languedoc, d’abord accompagné de son évêque puis seul. Il accepte les interpellations des hérétiques que l’on appelle aujourd’hui « cathares » ; il oppose des arguments à leurs raisons et manifeste son désir de prêcher l’Évangile de Jésus-Christ de manière pacifique. En 1206-1207, des femmes ont entendu son appel et se sont groupées à Prouille, au pied de la colline de Fanjeaux, entre Carcassonne et Castelnaudary, pour mener une vie de type monastique. Malgré la croisade des Albigeois et la guerre civile qui s’ensuit, Dominique poursuit sa route, jetant les bases d’une nouvelle famille religieuse. À la même époque, François d’Assise, fils du riche marchand Bernardone, épouse dame Pauvreté sur les collines d’Ombrie.

 

En 2015, les Dominicains français et ceux qui leur sont proches font mémoire de la fondation des Prêcheurs. Ces manifestations constituent le prologue des célébrations internationales du huitième centenaire de la naissance de l’ordre. Confirmé dans sa mission par le pape Honorius III, l’ordre, né de saint Dominique dans le midi de la France, a rayonné dans le monde entier. Les figures d’Albert le Grand et de Thomas d’Aquin, celles de Fra Angelico et de Fra Bartolomeo, de Francesco de Vitoria et de Barthélemy de Las Casas, d’Henri-Dominique Lacordaire et de Marie-Joseph Lagrange, de Joseph Lebret et d’Yves Congar bénéficient d’une reconnaissance internationale. Aujourd’hui encore, 3 000 moniales, 6 000 frères, 25 000 religieuses apostoliques et 150 000 fidèles laïcs poursuivent, au coeur de l’Église, l’oeuvre entreprise par Dominique.

 

La France tient depuis huit siècles un rôle essentiel dans la mission de l’ordre des Prêcheurs. L’université médiévale du royaume français a bénéficié dès le XIIIe siècle de l’enseignement de dominicains. Thomas d’Aquin, entre autres, enseveli aujourd’hui à Toulouse, a illustré les chaires parisiennes. C’est à partir du territoire national que sont partis au XIXe et au XXe siècle les fondateurs de l’École biblique et archéologique française à Jérusalem ou de l’Institut dominicain d’études orientales du Caire. Ils ont bénéficié, dans leurs missions, du soutien des institutions publiques françaises. C’est par la prédication radiodiffusée, télévisée et la fondation des Éditions du Cerf que les Dominicains français ont également acquis un rayonnement dans le monde de la culture. Les rencontres de frères et de soeurs dominicains du XXe siècle avec Le Corbusier, Henri Matisse, Georges Braque, Albert Camus, Georges Bernanos, Andrée Diesnis ou Carlos Pradal ont permis un renouveau de l’art sacré et suscité des oeuvres importantes. L’amitié de Jacques Maritain, de Simone Weil et d’Étienne Gilson pour des dominicains a témoigné de la nécessité de jeter des ponts entre foi et raison.

 

Les cérémonies françaises du huitième centenaire de l’ordre des Prêcheurs permettent de ressaisir son histoire en France. Ce travail est accompli en lien avec des institutions universitaires. Il doit conduire à souligner les apports réalisés par les Dominicains, mais doit aussi faire la lumière sur des épisodes troubles, comme celui de l’Inquisition.

 

Les expositions organisées en 2015 à Paris, à Colmar et à Toulouse veulent inviter à élargir nos regards :
-  en nous attachant aux chrétiens d’Orient ;
- en découvrant les principes qui ont permis la pérennité des institutions dominicaines depuis huit siècles ;
- en admirant les fruits littéraires, esthétiques et spirituels de la mystique née sur les bords du Rhin au XIVe siècle ;
- en revisitant des lieux emblématiques de la présence dominicaine en France (Saint-Maximin dans le Var, la chapelle décorée par Matisse à Vence, les Jacobins de Toulouse…).

 

Les publications en cours (Recueil critique des sources médiévales de l’Ordre, Dictionnaire en ligne des dominicains du XIXe et du XXe siècle, etc.) montrent l’enrichissement réciproque de la société française et des chrétiens qui ont suivi la voie ouverte par Dominique.

 

Institué pour annoncer l’Évangile par tout l’univers, l’ordre des Prêcheurs a une histoire commune avec la France depuis le XIIIe siècle. Acclimaté à notre époque par le père Lacordaire, il continue d’offrir sa contribution au bien commun national.

 

Frère Augustin Laffay, OP
historien de l’Ordre du couvent de Toulouse


Programme des manifestations

Editions

Grandes Heures des manuscrits irakiens
Catalogue de l’exposition des Archives nationales
Principaux auteurs : Françoise Banat-Berger, directrice des Archives nationales ; Bruno Cadoré, Maître général des Dominicains ; Bernard Ardura, président du Comité pontifical des Sciences historiques ; Alain Desreumaux, directeur de recherches au CNRS ; Claudine Delacroix-Besnier, professeur émérite de l’Université de Picardie ; Delio Proverbio, conservateur des manuscrits irakiens à la Bibliothèque vaticane.
350 p.

Manifestations

France et Etranger

du 20 mai au 24 août 2015
Exposition : « Mésopotamie, carrefour des cultures : Grandes Heures des Manuscrits irakiens » : des manuscrits inédits du couvent dominicain de Mossoul.
Présentation des manuscrits irakiens (dont certains sont enluminés) et du travail scientifique et de restauration opéré par le couvent dominicain de Mossoul depuis plusieurs années, avec la collaboration de la Bibliothèque apostolique vaticane et de l'Université Saint John's à Collegeville.
La Bibliothèque du couvent des Dominicains de Mossoul, au nord de l’Irak, abritait plus de 800 manuscrits du XIIIe, XIVe et XVIe siècles. Le père Nageeb s’est fixé la mission de poursuivre le sauvetage de ses « précieux compagnons » : « les hommes et leurs livres anciens », et de les sauver des fanatiques, des mites et de l’humidité. Ces manuscrits témoignent, par la calligraphie et l’enluminure, de la culture des chrétiens de Mésopotamie. Ce fonds exceptionnel demeure un remarquable témoignage de la richesse de la tradition des Églises orientales entre le Tigre et l’Euphrate, depuis l’aube du christianisme jusqu’au XXe siècle.
Récemment transférée à Erbil pour être mise en sécurité, cette collection regroupe des manuscrits enluminés appartenant à toutes les disciplines : liturgie, théologie, spiritualité (chrétienne et islamique), hagiographie, histoire, philosophie, science et astrologie, langues, littérature et musique ...
Seront présentés 7 fac-similés des plus précieux manuscrits orientaux du couvent des Dominicains de Mossoul.
Lieu : Archives Nationales, Hôtel de Soubise
60 rue des Francs-Bourgeois – 75003 Paris

 

Mardi 16 juin et mercredi 17 juin 2015
Journée d'études : Présentation des Grandes figures dominicaines de la théologie et de la mission
Lieu : Archives Nationales et Bibliothèque du Saulchoir

 

Ordre des prêcheurs - Province de France : Calendrier des manifestations 2015

 

Ordre des prêcheurs - Province de Toulouse : Programme des 800 ans

Médias-Com - Filmographie - Archives et documentation

Sites internet :

Site des Dominicains – Province de France
800 ans. Dominicains

 

Site des Dominicains – Province de Toulouse
Ordre des Prêcheurs – Province de Toulouse

 

Site des Dominicains de la Sainte-Beaume
Dominicains de la Sainte-Beaume

 

Site des Dominicains de Belgique
Dominicains. L’Ordre des prêcheurs en Belgique

 

Site des Dominicains du Canada
Ordre des prêcheurs – Dominicains du Canada

 

Dominicaines de Prouilhe
Le Monastère de Prouilhe