Henri Gouraud

Paris, 17 novembre 1867 – Paris, 16 septembre 1946

Henri Gouraud est d’abord un grand soldat. Nommé en 1894 en Afrique, il fait partie des héros de l’aventure coloniale française. En 1898, il capture Samory, l’empereur du Ouassalou, succès utilisé par le gouvernement pour contrebalancer l’échec de Fachoda. En 1908, il dirige l’expédition de Mauritanie. À partir de 1911, il contribue avec Lyautey à l’établissement du protectorat au Maroc. Au début de la Première Guerre mondiale, Gouraud est au front avec une brigade marocaine. En 1915, il est grièvement blessé aux Dardanelles. En décembre 1916, il remplace Lyautey comme résident général au Maroc. En 1918, commandant la 4e armée, il résiste avec audace à l’offensive de Ludendorff en Champagne et lance une contre-attaque qui aboutit à la libération de Sedan. Le 25 janvier 1919, il reçoit les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur dans Strasbourg en liesse. En octobre 1919, il est nommé haut-commissaire de la République française en Syrie, commandant en chef l’armée du Levant. À Beyrouth, il proclame le Grand Liban. À Damas, il établit le mandat français. Gouverneur militaire de Paris de 1923 à 1937, il effectue plusieurs tournées triomphales à l’étranger, notamment aux États-Unis et au Mali, pour le cinquantenaire de la conquête. Au lendemain de la guerre, Gouraud est pour les Français l’incarnation vivante de l’héroïsme des Poilus. Son rayonnement, « tout attraction, tout fluide » (Lyautey), sa silhouette raide, conséquence de ses blessures, sa « barbe rude qui semblait avoir été grillée par le soleil d’Afrique » (Paluel-Marmont), son regard bleu en font l’image d’une France restée droite dans l’épreuve et qui veut garder espoir au lendemain du plus terrible conflit de son histoire. Mais Gouraud n’est pas qu’un soldat. Tout au long de sa carrière, il fait preuve d’une curiosité inlassable pour les pays qu’il visite. Il se passionne pour les hommes et les territoires, rassemblant une collection de plus de dix mille photographies, parmi lesquelles les premières de certaines régions, la Mauritanie notamment. Elle est aujourd’hui une source de première importance pour les historiens de l’Afrique et du Proche-Orient.

Jean-Philippe Dumas

conservateur en chef du patrimoine

ministère des Affaires étrangères

 

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