François Joseph Bosio

Monaco (principauté de Monaco), 19 mars 1768 – Paris, 28 juillet 1845

Surnommé le Canova français, François Joseph Bosio est l’un des représentants les plus doués et les plus personnels de l’esthétique néoclassique. 

 Nommé premier sculpteur du roi en 1821, il connaît dès l’Empire un succès qui ne se démentira pas. Promu officier de la Légion d’honneur par Napoléon, Louis XVIII l’élève au rang de chevalier de l’ordre royal de Saint-Michel en 1821. Charles X, dont il fait le buste, lui confère le titre de baron. Membre de l’Institut en 1816, il est nommé l’année suivante professeur à l’École des beaux-arts où il forme entre autres Antoine Barye. Remarqué par le prince de Monaco Honoré III qui l’emmène à Paris, il entre dans l’atelier du sculpteur Pajou, puis part en Italie étudier l’Antiquité. Au cours d’un séjour de dix-sept ans qui lui aurait fait rencontrer Canova, il réalise un grand nombre de travaux pour des églises. Rentré à Paris fin 1807, il rencontre Vivant Denon, directeur du musée Napoléon, qui lui commande vingt bas reliefs pour la colonne de la place Vendôme. Il inaugure une carrière de portraitiste officiel avec les bustes de l’impératrice Joséphine et de Napoléon, exposés au Salon de 1810. Sous la Restauration, son style souple, discrètement flatteur, caractérise le buste de la duchesse d’Angoulême, puis, sous la monarchie de Juillet, la statue en pied de la reine Marie-Amélie (musée de Versailles). Avec la statue d’Henri IV enfant réalisée à la demande du ministre de l’Intérieur pour la ville de Pau, il se rallie momentanément au style troubadour. Le plâtre, exposé au Salon de 1822, connaît un triomphe et est copié des centaines de fois, en marbre et en bronze, dans des formats différents. Louis XVIII lui passe commande pour sa chambre aux Tuileries d’un exemplaire en argent massif (Louvre).Ses commandes officielles expriment le « grand genre » comme en témoignent la statue équestre de Louis XIV érigée sur la place des Victoires (1824), l’Apothéose de Louis XVI pour la chapelle expiatoire de Paris (1816-1835) ou encore le quadrige en bronze, La Paix conduite sur un char de triomphe, pour l’arc de triomphe du Carrousel. Avec son goût pour l’antique, clairement décliné dans Aristée (1817), Bosio réinterprète le néoclassicisme avec le modelé pur et la grâce précieuse d’Hyacinthe (1817) et la sensualité convenue de La Nymphe Salmacis (1826).

Lydia Harambourg

historienne, critique d’art

membre correspondant de l’Académie des beaux-arts