Henri Sainte-Claire Deville

Saint-Thomas (îles Vierges des États-Unis), 11 mars 1818 – Boulogne-sur-Seine (Hauts-de-Seine), 1er juillet 1881

Il naît le 11 mars 1818 à Saint-Thomas, île des Antilles, que sa famille quitte pour Paris en 1824. C’est là qu’après une brillante scolarité il entreprend des études scientifiques sous le regard admiratif de ses professeurs Louis Thénard et Jean-Baptiste Dumas. Après avoir obtenu le doctorat ès sciences, il est envoyé à Besançon en 1844 afin de réorganiser la faculté des sciences. Peu après, il y est nommé professeur de chimie et doyen. La municipalité de Besançon lui demande d’analyser les eaux du Doubs et celles des sources voisines de la ville. À cette occasion, il met au point des méthodes analytiques nouvelles et pertinentes qui lui assurent une renommée qui ne fera que croître au cours de sa carrière.

Comme de nombreux scientifiques de l’époque, il ne résiste pas à l’appel de la capitale et obtient en 1851 le poste de maître de conférences de chimie à l’École normale supérieure (ENS). À partir de 1852, il assure également l’enseignement de la chimie à la Sorbonne, d’abord en remplacement de Dumas puis comme professeur titulaire en 1867.

Le premier travail important réalisé au laboratoire de l’ENS est l’obtention de l’aluminium par voie chimique. L’empereur Napoléon III soutient financièrement les recherches et, lors de l’Exposition universelle de 1855, qui se tient à Paris, des objets en aluminium sont montrés dans la rotonde du Panorama à côté des joyaux de la Couronne. En 1859, il réunit ses travaux dans un ouvrage De l’aluminium. Ses propriétés, sa fabrication et ses applications . Lors de l’Exposition universelle de Paris de 1867 le laboratoire de l’ENS est encore à l’honneur, avec cette fois un travail sur les huiles et les pétroles utilisés pour le chauffage et les transports. Il utilise aussi les huiles pour la traction des locomotives.

En 1869, il propose à la Commission internationale du mètre l’utilisation d’un alliage de platine à 10 % d’iridium pour confectionner les étalons car, depuis 1858, il travaille avec Henri Debray sur les platinoïdes, faisant paraître un ouvrage, Du platine et des métaux qui l’accompagnent . Les prototypes du mètre et du kilogramme ne seront choisis qu’en 1889 lors de la première Conférence générale des poids et mesures et déposés au Bureau international.

La santé de Sainte-Claire Deville a été terriblement altérée par les vapeurs d’osmium respirées lors de ses travaux sur le platine, aussi en meurt-il à l’âge de soixante-trois ans. Prononçant son éloge funèbre, Louis Pasteur ne fait que réitérer l’admiration qu’il avait déjà manifestée vingt ans auparavant en lui écrivant : « C’est vous seul qui soutenez en France l’honneur de la chimie minérale. »

Catherine Paquot-Marchal

docteur en histoire des sciences