Roland Garros

Saint-Denis (La Réunion), 6 octobre 1888 – Saint-Morel (Ardennes), 5 octobre 1918

A l’aube du XXe siècle, dans les glorieuses cohortes des héros de l’aviation naissante, Roland Garros va rapidement se hausser au rang des plus grands. Sa ténacité, son audace, son intelligence, son génie inné de la mécanique et du pilotage le révèlent très vite comme l’un des plus doués de sa génération.

En 1892, la famille Garros émigre à Saïgon (aujourd’hui Hô-Chi-Minh-Ville, Vietnam) où le père s’établit comme avocat. Sa mère a bien enseigné à Roland le b.a.-ba, mais en l’absence de lycée, les parents sont contraints de l’envoyer seul en France. Voilà donc ce gamin de douze ans quasiment autonome et assumant sans faillir ses responsabilités, jusqu’à sa mort au champ d’honneur la veille de ses trente ans. À Paris, il est terrassé par une double pneumonie qui nécessite son évacuation vers Cannes, où se trouve la filiale méridionale du collège Stanislas. Il y est soigné et connaît une longue convalescence soutenue par le sport (le vélo notamment) dont il découvre les vertus médicales.

Cet épisode médico-sportif inaugure une carrière aussi brève que riche. Ce qu’attend le public, ce n’est pas le travail épuisant de préparation des spectacles aériens, c’est le résultat de ce travail ingrat : l’éclat de la réussite ! Et Garros ne déçut pas les attentes ! Ainsi, participa-t-il avec la Moisant’s International Aviators à la première mission militaire aérienne de l’aviation (2-7 février 1911), la reconnaissance des mouvements des insurgés mexicains, à partir d’El Paso.

Le premier vol intercontinental ? C’est lui, en reliant Tunis à Rome via Marsala le 18 décembre 1912 ; puis encore lui, en traversant la Méditerranée de Fréjus à Bizerte, le 23 septembre 1913.

Morane et Saulnier l’invitent à tester leur dernier modèle. Le diagnostic de Garros tombe : « Allégez-le, rendez-le moins rapide, et je consentirai à revenir l’essayer. » Modifié selon ses indications, l’avion deviendra le Morane LH à aile haute : Garros l’utilise pour mettre au point le tir à travers l’hélice, inventant le premier avion de chasse.

Lorsque la guerre éclate, Garros s’engage. Fait prisonnier à Hulste (Belgique) en 1915, il est transféré en Allemagne. Au bout de trois ans, il s’évade, déguisé en officier allemand. Il reprend du service dans son ancienne escadrille malgré le souhait de Clemenceau qui désire le nommer à un plus haut poste dans l’aviation.

Le 5 octobre 1918, à la fin d’un combat, son avion explose et tombe à Saint-Morel ; pourquoi ses deux mitrailleuses n’avaient-elles pas le même calibre ? Cette question reste toujours sans réponse. Roland Garros est enterré à Vouziers.

Jean-Pierre Lefèvre-Garros

neveu et biographe de Roland Garros

président d’honneur et cofondateur de l’Association Roland Garros Aviateur