Ouverture des Xes Jeux olympiques d’hiver

Grenoble, 6-18 février 1968
Illustration, Vasque et flamme olympiques des Xes Jeux olympiques d’hiver à G...

Grenoble obtient les Jeux dès sa première candidature en 1964, en s’imposant face à Calgary. Elle est la deuxième ville française à accueillir les Jeux olympiques d’hiver après Chamonix en 1924. Les sites de compétition se situent dans le département de l’Isère, à Grenoble pour les épreuves de patinage artistique, de hockey sur glace et de patinage de vitesse, ainsi que dans les stations de sports d’hiver aux alentours pour les autres épreuves : Chamrousse (ski alpin), Autrans (ski nordique), Saint-Nizier-du-Moucherotte (saut à ski), l’Alpe-d’Huez (bobsleigh) et Villard-de-Lans (luge).

L’État soutient fermement cette candidature présentée en 1960 : le président de la République Charles de Gaulle voit dans l’organisation des Jeux un moyen d’accroître le prestige de la France tout en mettant en oeuvre des projets de modernisation des stations de sports d’hiver pour promouvoir le tourisme. Pour la municipalité grenobloise, l’enjeu est d’accélérer les projets d’urbanisme afin de rattraper le retard de la ville. Marquée par une croissance démographique et économique exceptionnelle après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Grenoble est alors plus une ville industrielle qu’une ville de montagne. Elle possède l’image d’une cité moderne et dynamique, notamment grâce à la croissance rapide de son université et à l’implantation en 1956 du premier Centre d’études nucléaires en dehors de la région parisienne, mais elle apparaît sous-équipée en matière d’infrastructures de transport et d’équipements urbains.

Le soir du 6 février 1968, le général de Gaulle proclame l’ouverture des Xes Jeux olympiques d’hiver, qui rassemblent 1 158 athlètes de 37 pays. L’organisation des épreuves est particulièrement saluée malgré le report de quelques épreuves à cause du brouillard. Les résultats de l’équipe de France, avec neuf médailles dont trois en or pour le seul Jean-Claude Killy, soulèvent l’enthousiasme du public français, venu cependant moins nombreux que prévu (environ 500 000 billets vendus).

Au-delà de cet événement retransmis mondialement par la télévision, en couleurs pour la première fois, la ville et le département surent se saisir de cette opportunité pour obtenir des aménagements qui transformèrent radicalement l’agglomération : équipements sportifs, voirie et accès autoroutiers, gare, aérodrome, quartier du village olympique (labellisé Patrimoine du XXe siècle), hôtel de ville, Maison de la culture… c’est tout l’équipement urbain qui fut renouvelé, voire créé.

Hélène Viallet

archiviste paléographe