Incendie du château de Hautefort

30-31 août 1968
Illustration, photographie du château de Hautefort en cours de restauration, ...

Il y a cinquante ans, dans la nuit du 30 au 31 août 1968, le château de Hautefort brûla et l’incendie, accidentel, détruisit le logis central, ne laissant subsister à l’aube que des murs calcinés. Sans attendre, la propriétaire du château, la baronne Henry de Bastard (1901-1999), sans doute par devoir, mais avant tout certaine de l’importance du monument pour le Périgord et pour la France, décida : « Je ferai l’impossible pour assurer sa reconstruction ! ».

Pourtant l’impossible avait un prix au-delà de ses propres moyens. Alors, elle et des amis créèrent le Comité d’aide à la reconstruction du château pour coordonner les efforts et afin d’obtenir des contributions de l’État et du public, nécessaires à la restauration.

La détermination de Mme de Bastard coalisa les forces qui réussirent à restaurer le château au cours des années suivantes. Le ministère des Affaires culturelles, ainsi que la région Aquitaine et le département de la Dordogne participèrent de manière significative au financement des travaux. Beaucoup de contributeurs modestes se joignirent à l’effort, par respect aussi bien que par admiration pour l’opiniâtreté de Mme de Bastard.

Consciente de l’importance des contributions publiques et privées, Mme de Bastard décida de faire don du château à une fondation, dont le rôle serait de préserver l’avenir du monument ouvert au public. La fondation a été déclarée d’utilité publique en 1990. Pour en assurer la pérennité, Mme de Bastard lui fit une dotation, complétée ensuite par son neveu Michel David-Weill et son épouse Hélène. La fondation est gérée par un conseil d’administration composé de représentants de la famille de Mme de Bastard, du ministère de la Culture, du ministère de l’Intérieur, de la région et du département.

Cette volonté, instantanée et profonde, de reconstruire Hautefort reçut l’appui spontané des résidents du village, du canton et de bien au-delà. Son élan conduisit le ministère des Affaires culturelles et les pouvoirs publics à participer à l’effort engagé.

En conférant à la catastrophe un retentissement national, la télévision française, très impliquée, rassembla autour de Hautefort toute la population du pays et lui fit prendre conscience – peut-être pour la première fois – de l’effrayante fragilité de son patrimoine et de son inestimable valeur.

Aujourd’hui, grâce aux efforts de sa propriétaire et à l’immense solidarité qu’elle a su susciter, la majestueuse silhouette du château domine toujours le paysage environnant.

Thomas McDonald

secrétaire général de la Fondation du château de Hautefort

vice-président de l’association Hautefort, notre patrimoine