Simon Arnauld de Pomponne

Paris, 1er novembre 1618 – Fontainebleau (Seine-et-Marne), 26 septembre 1699

Côté pile, Simon Arnauld de Pomponne est un homme du jansénisme : il est le fils du Solitaire Arnauld d’Andilly, le neveu du Grand Arnauld et des mères Angélique et Agnès, abbesses de Port-Royal. Côté face, il fait carrière dans les hautes charges du royaume : conseiller d’État et ambassadeur, il est nommé par le roi responsable de la diplomatie française à l’époque de son apogée. Carrière d’un Dr Jekyll ? Pas seulement car sa vie mondaine est elle-même traversée d’ombres et de lumières : lié à Fouquet, il chute avec lui et doit partir en exil. À peine revient-il en grâce et s’élève-t-il aux plus hautes charges qu’il tombe de nouveau en disgrâce en 1679, avant de revenir au Conseil à la mort de Louvois, et de se charger de la formation du jeune Colbert de Torcy devenu son gendre par la volonté de Louis XIV. Cette personnalité complexe résume à elle seule une bonne partie du Grand Siècle : entre culture politique ancienne et soumission à un roi en quête de pouvoir absolu ; soumission tout augustinienne à Dieu risquant de devenir source d’insoumission au souverain ; goût pour la littérature et la conversation des beaux esprits. Pomponne constitue la pièce manquante entre Louis XIV et Mme de Sévigné, entre Fouquet et Pascal.

Rémi Mathis,

archiviste paléographe,

conservateur à la Bibliothèque nationale de France