Jean Lefebvre de Cheverus

Mayenne (Mayenne), 28 janvier 1768 – Bordeaux (Gironde), 19 juillet 1836

À Bordeaux, une rue, un collège, un hôtel portent son nom ; à Mayenne, une place ; à Boston, aux États-Unis, son souvenir est encore vivace. Nul doute donc que le 250e anniversaire de la naissance de Jean Lefebvre de Cheverus est à célébrer, à la mesure des actions de bienfaisance qu’il a engagées à l’amorce d’un XIXe siècle religieux encore meurtri par les excès révolutionnaires.

Né à Mayenne en 1768 d’un père magistrat et d’une mère très attentive à l’éducation de ses enfants, Cheverus est vite destiné à l’Église. Après de solides études à Paris, il entre au séminaire de Saint-Magloire, tenu par les Oratoriens, avant d’être ordonné prêtre en décembre 1790. Refusant de prêter serment à la Constitution civile du clergé qui venait d’être adoptée, il s’oblige à l’exil en Angleterre d’abord, puis en Nouvelle-Angleterre. Étonnante trajectoire de cet homme d’Église qui se consacre pendant plus d’un quart de siècle (1796-1823) à l’évangélisation de la région de Boston dont il devient en 1810 le premier évêque. Ce n’est en effet qu’en 1823 qu’il rentre en France, nommé à la tête du diocèse de Montauban et rapidement affecté à Bordeaux, où il ramène la pourpre l’année de son décès, en 1836.

La mort de ce personnage suscite une grande émotion, notamment dans la population pauvre de Gironde qui avait perçu combien lui étaient destinés les oeuvres de charité et l’encouragement aux lectures pour rétablir la foi et le culte.

Pascal Geneste,

archiviste paléographe