Découverte de l’eau oxygénée

1818

France, mère des sciences, pourrait-on déclarer en consultant la biographie de Louis Jacques Thénard (1777-1857). Celui-ci a épousé la petite-fille de Nicolas Conté, l’inventeur des crayons, son fils Paul a contribué à la maîtrise du phylloxera, et Thénard fut l’ami et le collaborateur de Gay-Lussac et de Jean Antoine Chaptal. Rien ne prédestinait ce fils de laboureur à devenir l’un des plus brillants chimistes de son temps, si ce n’est son talent et la confiance mise en lui par ses professeurs. On lui doit la maîtrise du bleu de Thénard, à base de cobalt, qui permet notamment de colorer la porcelaine et celle du peroxyde d’hydrogène, plus connu sous le nom d’eau oxygénée, découvert en 1818. L’eau oxygénée a des usages multiples : elle sert comme désinfectant, elle permet de blanchir la pâte à papier ; on l’utilise également pour la fabrication d’explosifs et comme carburant. Les ingénieurs allemands tentèrent ainsi d’utiliser le peroxyde d’hydrogène pour faire fonctionner les moteurs des U-Boots, mais sans grand succès.

Jean-Baptiste Noé,

historien