Découverte de la strychnine

1818

Dans la famille des alcaloïdes, la strychnine fut le premier obtenu à l’état pur. Les noms de Pelletier et Caventou, pharmacochimistes de talent, restent associés à cette difficile entreprise. Connue par ses effets depuis longtemps, la strychnine est présente dans l’écorce ou le bois de loganiacées, une famille végétale endémique de l’Asie du Sud-Est, à laquelle appartiennent les strychnos et notamment le vomiquier. Sous forme de décoction et mêlée à du vin aromatisé, elle aurait été servie, dit-on, à Alexandre le Grand, afin de l’empoisonner.

C’est en partant de graines de cet arbre, les noix vomiques, que nos deux chimistes parvinrent à extraire la molécule presque pure, à l’aide d’alcool bouillant, après dissolutions et concentrations successives. Une prouesse pour l’époque !

Finalement cristallisée, la strychnine se présente sous forme d’octaèdres incolores solubles dans l’eau et l’alcool et d’une amertume extrême. Les effets liés à son ingestion font de cet alcaloïde un poison et un remède. Souvent sous forme combinée de sulfate de strychnine, elle reste associée à de nombreux assassinats dont la littérature policière sut faire le meilleur usage…

Sur un plan physiologique, son effet est rapide et convulsivant. Quelques dizaines de milligrammes suffisent à entraîner la mort par hypertétanie des muscles et asphyxie. En qualité de remède et à dose appropriée, il agit efficacement sur les muscles lisses, particulièrement en cas d’atonie du tube digestif ou comme stimulant du système nerveux central.

Jean de Maleissye,

historien