Jane Avril

Paris, 9 juin 1868 – Paris, 17 janvier 1943

Au début des années 1890, on peut découvrir sur la scène du Moulin-Rouge la danseuse Jane Avril qui tournoie comme une « orchidée en délire » (Arsène Alexandre) et évolue avec le quadrille naturaliste du Bal sous le nom de « Mélinite ». Un explosif.

Jeanne Louise Beaudon est née à Belleville d’un père italien, prétendument marquis, auquel elle doit peut-être son allure distinguée. Élevée par une mère mal aimante et maltraitante, elle s’enfuit à l’âge de quatorze ans et, atteinte de troubles nerveux, est admise à la Salpêtrière dans le service du professeur Charcot ; c’est au cours d’un bal costumé auquel participent jeunes médecins et internées qu’elle découvre la valse. Le tourbillon de la danse l’emporte et l’habitera toute sa vie.

Figure de Montmartre, se produisant sur toutes les scènes à la mode, du Moulin- Rouge au Jardin de Paris puis aux Folies- Bergère, Jane Avril inspire les artistes, dont Toulouse-Lautrec, sensible à sa danse solitaire et frénétique, à sa personnalité ambiguë et mélancolique, ainsi qu’à son élégance et à sa chevelure rousse ; il synthétise son image dans des affiches qui ont contribué à sa célébrité.

Intelligente, elle fréquente journalistes et écrivains, puis se tourne vers le théâtre, jouant au Théâtre de l’OEuvre une pièce d’Ibsen, ou aux Bouffes-Parisiens Claudine à Paris. Elle se produit pour la dernière fois au Moulin-Rouge en 1910. Retirée de la scène, elle finit sa vie misérablement dans un foyer pour femmes nécessiteuses.

Danièle Devynck,

conservateur en chef du musée Toulouse-Lautrec