Renée Faure

Paris, 4 novembre 1918 – Clamart (Hauts-de-Seine), 2 mai 2005

Pensionnaire en 1937 puis sociétaire à partir de 1942, Renée Faure débute en 1938 dans Asmodée sous la direction de Jacques Copeau. Sans tarder, la jeune première s’affirme comme une interprète de choix des héroïnes tragiques du répertoire de la Comédie-Française.

Sous l’Occupation, la comédienne passe des planches à la caméra dans L’Assassinat du Père Noël (1941) de Christian-Jaque, qui deviendra son second mari. En 1943, Robert Bresson lui offre l’un de ses plus beaux rôles dans Les Anges du péché, incarnant la quête d’absolu d’une novice. En 1948, La Chartreuse de Parme (Christian-Jaque) lui apporte le succès.

Tout en se distinguant dans le septième art, Renée Faure continue à se consacrer à sa passion initiale. En 1961, le rôle de Blanche dans Le Dialogue des carmélites consacre son immense talent. Son départ de la maison de Molière en 1964 lui permet d’élargir son répertoire en jouant des pièces d’auteurs contemporains. À partir des années 1970, Renée Faure apparaît sur le petit écran, notamment dans la saga populaire Les Gens de Mogador. Bien que son parcours cinématographique devienne épisodique, citons quelques personnages emblématiques : la dame de compagnie de Jean Gabin dans Le Président (Verneuil, 1961), l’allégorie caustique de la bonne société dans Le Juge et l’Assassin (Tavernier, 1976), et la terrifiante faiseuse d’anges de La Petite Voleuse (Miller, 1988).

Frédéric Levéziel,

University of South Florida St. Petersburg