Gérard Souzay

Angers (Maine-et-Loire), 8 décembre 1918 – Antibes (Alpes-Maritimes), 17 août 2004

Dans son recueil Mythologies rédigé dans les années 1950, Roland Barthes, admirateur de Gérard Souzay, n’hésite pourtant pas à le considérer comme le parfait illustrateur de l’art vocal bourgeois. Nous ne développerons pas ici la pensée du philosophe, qui faisait allusion aux mélodies de Fauré enregistrées alors par le chanteur. Par ailleurs, dire de Gérard Souzay que c’est un mélodiste de grand talent serait par trop réducteur. Musicien remarquable, il chante en treize langues, dont l’hébreu, le portugais ou le russe.

Entré au Conservatoire de Paris en 1940 sur les conseils de Pierre Bernac, son brillant devancier, il obtient un prix de chant et de vocalise. Souzay ne se limite pas au répertoire français, il étudie le lied, particulièrement de Schumann ou Schubert, sous la conduite de Lotte Lehmann.

Il reste avant tout l’interprète idéal de Fauré ou de Duparc en donnant autant d’importance à la mélodie qu’à la poésie, qu’elle soit de Baudelaire, de Théophile Gautier et de tous les poètes, dont il sait restituer les finesses et la subtilité par une prononciation qui va bien au-delà de la simple bonne diction.

Enfin, Gérard Souzay restera à jamais lié à Pelléas et Mélisande, opéra dans lequel il incarne un inoubliable Golaud.

 

Philippe Ariotti,

comédien