Création du service de comptes courants et de chèques postaux

8 janvier 1918

Rejeté depuis 1901 par les parlementaires craignant la naissance d’une banque d’État qui interférerait avec les banques privées dont le lobby était puissant, le chèque postal s’impose par nécessité. La guerre durable a raréfié les espèces métalliques, ouvrant le recours aux billets de banque, multipliant ainsi les risques d’inflation.

Seul l’usage du chèque postal, un mandat-poste amélioré à l’origine, peut prévenir le pays d’un chaos monétaire. Les bureaux de poste, qui sont aussi implantés dans les campagnes alors que les banques sont concentrées dans les villes, doivent mener à bien cette acculturation à la monnaie scripturale voulue par l’État.

La loi du 8 janvier 1918 instaure un « service de comptes courants et de chèques postaux ». Malgré l’urgence des objectifs, les débuts sont modestes : si neuf centres de gestion ouvrent dès juillet 1918 à Paris et dans huit grandes villes, seulement 9 000 comptes sont créés, 42 000 en 1919. Après la Seconde Guerre mondiale, le chèque postal se démocratise pleinement ; on compte 2,5 millions de comptes en 1947 pour des avoirs de 147 milliards d’anciens francs.

 

Sébastien Richez,

docteur en histoire contemporaine,

historien au Comité pour l’histoire de La Poste