Inventaire d'archives : Bibliothèque d'histoire sociale La Souvarine. Fonds Achille Dauphin-Meunier

Contenu :

Professeur de droit, anarchiste, socialiste, syndicaliste, né le 28 juillet 1906 à Bourg-la-Reine (Seine), décédé le 18 août 1984 à Cailly-sur-Eure (Eure). Fils de Joseph Dauphin Meunier (1868-1927), poète, historien des Mirabeau et conservateur de la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris et de Claire Bouchard (1885-1957). S'est marié le 26 décembre 1931 avec Else Eick à Bourg-la-Reine. Fait ses études au collège catholique de Saint-Aspais (Melun) puis au lycée Lakanal à Sceaux. En 1922, il entre à la Faculté de Droit de Paris, avant de suivre les cours de l'Ecole des Sciences Politiques et l'Ecole des Hautes Etudes Sociales tout en étant employé de banque à la Banque de Paris et des Pays-Bas. Il soutient sa thèse de doctorat sur Mirabeau et l'économie prussienne de son temps en 1933. En 1922, il entre en contact avec l'anarchiste Jean Grave. Il participe alors activement au mouvement anarchiste français et international. Il se lie d'amitié avec Christian Cornelissen. Par sa compagne Elisabeth Kovacs, couturière hongroise d'origine paysanne, il fréquente le milieu des anarchistes hongrois réfugiés en France et publie en 1926 La Communie hongroise et les anarchistes. Entre 1923 et 1930, il est un militant actif et participe à de nombreuses publications françaises et internationales :- Le Libertaire de l'Union anarchiste - Révolte et Temps nouveaux de Jean Grave - Redencion, Cultura Libertaria, Orto (revues anarcho-syndicalistes espagnoles - Manka, revue hongroise du poète anarchiste Lajos Kassak. En 1924, il est secrétaire du groupe anarchiste du Ve arrondissement puis des groupes de Bourg-la-Reine de 1925 à 1930. A la suite d'une dissension avec Sébastien Faure sur un compte rendu du Congrès de l'Union Anarchiste des 19 et 20 avril 1930 qu'il signa sous le nom de Pierre Ganivet, Dauphin-Meunier rompt avec l'Union Anarchiste et adhère à la CGT syndicaliste révolutionnaire. De 1932 à 1939, il crée et dirige L'Homme réel, « revue syndicaliste et humaniste ». La revue rassemble des intellectuels du mouvement ouvrier. Y contribuent : - Christian Cornelissen, Henri Poulaille et Luigi Fabbri, issus du mouvement anarchiste - René Belin, André Philip et Robert Lacoste, socialistes liés à la CGT de Léon Jouhaux - Edouard Berth, Edouard Dolléans, Francis Delaisi et Hubert Lagardelle, penseurs proches du syndicalisme révolutionnaire. La revue véhicule le planisme, théorie économique du belge Henri De Man. En 1935, il participe à la fondation du premier syndicat d'employés de banque. Il assure la publication avec Christian Pineau la publication de la revue Banque et Bourse, organe de la section fédérale des employés de banque. Il démissionne de ses fonctions à la Banque de Paris et des Pays-Bas pour se consacrer à l'enseignement supérieur, à partir de la rentrée 1935, comme assistant à l'Université de Paris puis chargé de cours à celle de Toulouse. De 1936 à 1940, il préside le syndicat national des cadres de la Banque et, à ce titre, siège en 1936 au Comité des experts choisis par Vincent Auriol, ministre des Finances, pour préparer la réforme des statuts et de la politique de la Banque de France consacrée par la loi du 24 juillet 1936. Il signe alors un ouvrage de synthèse sur La Banque de France. Durant la guerre, il écrit dans plusieurs journaux du régime de Vichy : Aujourd'hui, La vie industrielle, commerciale, agricole, financière, Le Fait. A la Libération, il séjourne dans le monastère bénédictin de La Pierre-qui-vire où il rédige une synthèse sur La doctrine économique de l'Eglise. Il reprend à la rentrée de 1946, à la faculté libre de Paris, son poste de direction au département d'économie, poste qu'il détenait depuis 1941. Cette faculté disparaît en février 1968. Il fonde alors la Faculté libre autonome et cogérée de droit et de sciences économiques (FACO) dont il devient le doyen (1968-1978). Il est aussi membre de son conseil d'administration. Il y dirige un institut technique de formation active et anime un Centre d'Etude de la Doctrine Sociale de l'Eglise en lien avec l'Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS) dont Claude Harmel est le secrétaire général. La FACO abrite depuis juin 1969 l'Institut supérieur de Claude Harmel. Cette faculté est financièrement soutenue par un certain nombre d'entreprises industrielles et commerciales. Il y dispense des enseignements jusqu'à sa mort. Des années 50 aux années 70, il participe, dans le cadre de l'UNESCO, à plusieurs missions d'expertise universitaires au Cambodge, en Amérique centrale et en Jordanie. De 1955 à 1963, il est conseiller financier du Gouvernement royal du Cambodge. Il rédige les statuts de la Banque nationale du Cambodge et supervise l'émission des premiers riels. Il rédige le "Que sais-je" sur le Cambodge. Il est membre de l'Académie d'agriculture en 1968 (section 9 hors cadre). Il reçoit le grade de Chevalier de la Légion d'Honneur en 1969. Ce fonds concerne principalement les activités professionnelles d'Achille Dauphin-Meunier comme expert financier, en particulier auprès du royaume du Cambodge. Les documents liés à son activité littéraire montrent particulièrement son intérêt pour ce pays avec également des écrits économiques. Le fonds recèle également de nombreuses photographies et de nombreuses documentations sur le Cambodge. La nombreuse correspondance reflète également ses différentes activités professionnelles. Des documents plus personnels touchant à sa vie familiale sont aussi présents dans ce fonds.

Publication :

Archives départementales des Hauts-de-Seine
06/07/2021 à 11:26

Conditions d'accès :

Fonds conservé à la Bibliothèque d'Histoire Sociale La Souvarine, 4 avenue Benoît-Frachon, 92000 Nanterre.

Observations :

FONDS D'ARCHIVES PRIVEES - ARCHIVES PRIVEES A CARACTERE POLITIQUE OU SYNDICAL

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAD092_fonds_achille_dauphin-meunier

Où consulter le document :

Archives départementales des Hauts-de-Seine

Archives départementales des Hauts-de-Seine