Inventaire d'archives : École des beaux-arts de Nancy

Institution de conservation :

Archives départementales de la Meurthe-et-Moselle

Identifiant de l'unité documentaire :

14 ETP 1-179

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAD054_0000000396

Publication :

Archives départementales de la Meurthe-et-Moselle
2011
Nancy

Informations sur le producteur :

École nationale supérieure des beaux-arts (Nancy)
Biographie ou histoire
1. 1702-1737 : l' Académie de peinture et de sculpture
Le 8 février 1702, Léopold, duc de Lorraine, institua à Nancy, une académie de peinture et de sculpture sur les modèles des académies de Paris et de Rome. Cette académie, installée entre vieille ville et ville neuve, au dessus de la Porte Neuve, à l'emplacement de l'arc de triomphe actuel, avait pour objectif de former les artistes appelés à travailler aux commandes du duc et de sa cour ; les membres de l'académie dispensaient des leçons à la jeunesse. En 1722, l'académie fut déplacée à la porte Saint-Georges où elle resta active jusqu'en 1737 (année du départ de la famille ducale pour la Toscane).
Parmi les artistes renommés de l'académie, on peut citer : Joseph-Claude Gilles dit Provençal, Germain Boffrand, Barthélémy Guibal. Jean Girardet (1709-1778) y apprit la peinture sous la direction de Claude Charles, avant d'être nommé peintre ordinaire du roi de Pologne.
2. Le musée et l'école communale
Sous la Révolution, cette ancienne académie fut, comme d'autres, d'abord fermée et ensuite rouverte sous une forme qui l'annexa au musée de Nancy, et ceci jusqu'en 1870.
Le directoire départemental de la Meurthe nomma le peintre Joseph Laurent pour examiner les œuvres d'art du département et envoyer les pièces retenues à la chapelle de la Visitation transformée en musée. À côté des collections, Laurent, nommé gardien du musée, organisait des cours de dessin et de peinture ; tandis que la sculpture était enseignée par La Broisse. En janvier 1800, le musée fut ouvert au public. Il fut ensuite transféré rue Stanislas, dans les bâtiments de l'ancienne université (actuelle bibliothèque municipale), puis place Napoléon (Stanislas), dans l'hôtel de la Comédie. Le musée passa, en 1828, au premier étage de l'hôtel de ville ; les cours se donnèrent au deuxième étage jusqu'en 1862.
En 1843, Louis Le Borne réorganisa le cours de dessin et obtint la direction du musée qui déménagea encore rue Pierre-Fournier en 1862-1863. En 1865, Charles Sellier (grand prix de Rome 1857), fut nommé à la tête du musée et de l'école.
À la suite de la guerre de 1870, Théodore Devilly, directeur de l'école des beaux-arts de Metz, choisit la France et proposa ses services à l'école de Nancy. L'école fut réorganisée et le programme s'étendit désormais à l'architecture, à l'histoire de l'art, à l'anatomie artistique et à la formation des professeurs de dessin. Des cours du soir étaient organisés pour les artisans et le nombre des élèves augmenta.
Des bourses furent accordées par la ville pour les Beaux-Arts de Paris ; le statuaire Georges Jacquot créa un prix destiné à récompenser un élève de l'école, dessinateur d'ornement appliqué à l'industrie et contribua au départ des élèves les plus doués pour la capitale.
De 1873 à 1881, une école de modelage et de sculpture fut créée concurremment par Charles Pêtre, autre exilé messin, dans les locaux de l'ancien poste de police. Après le départ de Pêtre pour la direction de l'Ecole des beaux-arts de Bourges, en 1881, cet établissement fut rattaché à l'école des beaux-arts de Nancy.
3. 1882 : l'école régionale
L'école retrouva une nouvelle vigueur en 1882, lorsque l'État décida de la convertir en école régionale des beaux-arts, sous la direction de Théodore Devilly (décret du 20 avril 1882). Installée au palais ducal, l'école n'était plus administrée par le musée bien que Devilly en soit également le conservateur.
Les élèves de l'école jouèrent un rôle important dans la vie artistique nancéenne : Henri Bergé, Émile Friant, Jacques Gruber, Louis Majorelle, Aimé Morot, Victor Prouvé, Auguste et Eugène Vallin...
À la faveur de l'exposition internationale de l'Est de la France à Nancy, en 1909 (au parc Sainte-Marie), une école fut enfin construite dans l'enceinte même de l'exposition.
De 1919 à 1940, la direction de l'établissement par Victor Prouvé fut déterminante. Peintre, graveur sculpteur, relieur, ciseleur, il se chargeait lui-même de certains enseignements ; il créa un cours de botanique appliquée à la décoration, ouvrit des ateliers de ferronnerie, ébénisterie, broderie et art graphique. La section des beaux-arts (peinture, dessin, décoration, sculpture, architecture, dessin industriel, broderie) fut bientôt doublée d'une section des arts appliqués à l'industrie : atelier du bois (menuiserie et ébénisterie) et du métal (serrurerie et ferronnerie). L'atelier de gravure faute de local convenable resta toutefois embryonnaire. Des cours du soir furent organisés pour les jeunes apprentis artisans. Parmi les élèves de l'école, on distingue à cette époque : Paul Colin, Camille Hilaire et Jean Lurçat.
4. 1946 : l'école nationale
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, l'établissement devint école nationale. De nouveaux ateliers furent créés : typographie, publicité, art mural.
En mai 1970, la section d'architecture fut dissociée de l'école et s'installa à Villers-lès-Nancy, dans des bâtiments préfabriqués de Jean Prouvé.
En 1999, l'école s'engage dans ARTEM, projet d'enseignement et de recherche inter- et trans-disciplinaires entre les arts, les sciences et le management, rapprochant trois écoles fondatrices nancéiennes aux dimensions nationales : l'École des mines, l'Institut commercial et l'École nationale supérieure d'art.
Depuis le 1er janvier 2003, cette dernière a acquis le statut d'établissement public national administratif, placé sous tutelle du ministère de la Culture et de la Communication et sous l'autorité hiérarchique de la Direction générale de la création artistique (DGCA). Elle est la seule école de son statut en région à développer trois options ou départements d'études diplômantes et professionnalisantes : art, communication et design. Dotée d'une gamme très large d'ateliers et d'équipements techniques, l'École permet l'enseignement non seulement de pratiques manuelles et matérielles traditionnelles, mais encore de pratiques numériques du virtuel et des nouvelles technologies.

Informations sur l'acquisition :

Informations sur les modalités d'entrée
Les documents ont été versés les 18 septembre et 19 novembre 2009, un complément a été ajouté le 23 mars 2010.

Description :

Mise en forme :
Mode de classement
Le classement a été établi en se rapprochant de l'instruction de tri et de conservation pour les archives reçues et produites par les services et établissements concourant à l'éducation nationale (rectorats, inspections académiques, établissements d'enseignement supérieur, établissements publics locaux d'enseignement, écoles, établissements d'enseignement adapté et spécialisé, services scolaires des collectivités territoriales, centres de formation et d'apprentissage) : Instruction DPACI/RES/2005/003 du 22 février 2005.

Conditions d'accès :

Statut juridique
Archives publiques

Description physique :

Importance matérielle :
53 boites, 25 registres et 70 affiches.
8,20
Information matérielles :
Papier.

Ressources complémentaires :

Sources complémentaires
Sources internes
75 J. Fonds Daniel Meyer (1936-1994).
32 Fi. Fonds Bernard Willaime (XXe s.).
Sources externes
Archives nationales
Fonds du ministère de l'Instruction publique
F17 1067. Enseignement des beaux-arts (an III-1820).
Archives municipales de Nancy
Série M 4 : ancienne école de beaux-arts (1873-1881).
Série R : Délibérations de la commission administrative du musée (1841-1893). École des beaux-arts (1871-1923).
Série R 2 : Musée et école de dessin (1851-1882).

Références bibliographiques :

Bibliographie
VOREAUX Gérard, Les peintres lorrains du 18e siècle, Nancy, Messène, 1998, 235 p.
Le Premier musée de Nancy : de l'An II au sacre de Napoléon : catalogue de l'exposition au musée des Beaux-arts de Nancy, du 21 novembre 2001 au 4 mars 2002, Réunion des musées nationaux, 2001, 206 p.
BARRY D.H., " La renaissance de l'enseignement artistique à Nancy après 1871 : le rôle de Théodore Devilly", Le Pays lorrain, n° 1, 1979, pp. 40-46.
LAFITTE Louis, Rapport général sur l'Exposition internationale de l'Est de la France, Nancy, 1909, Paris, Berger-Levrault, 1912.

Organisme responsable de l'accès intellectuel :

Archives départementales de Meurthe-et-Moselle