Inventaire d'archives : Recherche ; Recherche et technologie (1980-1988)

Institution de conservation :

Archives nationales

Contenu :

INTRODUCTION
Le synchrotron est un accélérateur de particules circulaire , il permet de faire jaillir la lumière à partir d'électrons et permet de visiter la structure ultrafine de la matière. Le principe général du fonctionnement repose sur des électrons , ou leurs antiparticules , qui sont d'abord portés à de très grandes vitesses par un accélérateur linéaire. Ensuite des particules sont injectées dans l'enceinte annulaire où règne le vide. Dans les sections courbes, les électrons , guidés par les champs magnétiques des électroaimants , perdent de leur énergie sous forme de rayonnement , d'émission de photons très énergétique que l'on appelle Extended X Ray Absorption Fine Structure (EXAFS). Ceux - ci sont suffisamment précis pour mesurer des distances qui existent entre l'atome émetteur et ses voisins (1 / 100 d'Angström).
L'idée d'un grand équipement de rayonnement synchrotron à été lancée à la Fondation européenne de la science aux environs de 1975 par Hans Maier Leibnitz (R.F.A.). A la suite de travaux effectués par des groupes de scientifiques européens , un groupe technique l'European Synchrotron Radiation Project (ESRP) à été établi en 1983 à Genève. Ses travaux ont été suivis par un groupe administratif , formé de représentants des ministères des différents pays intéressés qui se réunissait trois ou quatre fois par an , sous la présidence d'un belge , Mr Levaux. L'ESRP a rendu ses conclusions en octobre 1984.
Cependant , à la mi 1984 , le projet s'est trouvé bloqué à cause d'un désaccord sur le site : 4 possibilités existaient au Danemark , en Allemagne , en Italie et en France. L'Allemagne et la France se sont entendues sur le site de Grenoble et l'ont proposé en décembre 1984. En mai 1985 , le Ministère de la Recherche et de la Technologie (MRT ) propose à ses partenaires européens de constituer un conseil d'administration où seraient invités tous les pays potentiellement intéressés à devenir membres de l'European Synchrotron Radiation Facility (ESRF). Le premier conseil d'administration eut lieu en 1985 avec 13 pays. L'Italie adhère en juillet , l'Angleterre en octobre. L'Espagne proposera son adhésion au niveau de 4 % en décembre 1985.
L'Angleterre avait lié sa participation à l'ESRF, à l'internationalisation de la Source de Neutrons par Spallation (SNS). Celle ci , appelée aussi Institut ISIS , a été construite par le Science and Engineering Research Concil , au Rutherford Appleton Laboratory. Après des négociations incluant la France , l'Allemagne , l'Angleterre et l'Italie , celles-ci déboucheront en octobre 1985 , sur un accord où la Grande Bretagne financerait 15 % de l'ESRF et en contrepartie la France et l'Italie s'engageraient chacune à apporter 125 millions de francs pour 5 ans et 20 % des frais de fonctionnement de l'Institut ISIS.
Le 10 décembre 1985 , est signé un " Mémorandum of Understanding " (MOU) , un arrangement qui définit les statuts d'un groupe de travail fixé à Grenoble. Le système de gestion mis en place comprend essentiellement :
- Un conseil dont les parties sont les 5 pays , chaque pays étant représenté par une délégation dont le chef dépend directement du ministre de la recherche. Le conseil est formé par reconduction du comité provisoire établi le 15 juin.
- Un directeur général , entouré de 4 directeurs principaux et d'une équipe d'ingénieurs et de techniciens. C'est le professeur HAENSEL qui fut nommé directeur ; il exerçait alors les mêmes fonctions à l'Institut Laue - Langevin à Grenoble.
Le directeur et le conseil s'appuient par ailleurs sur un Comité administratif et financier , un Conseil scientifique et un Comité machine. Le Conseil scientifique était dirigé par M. BURAS , l'ancien patron de l'équipe projet de Genève. Le Comité machine était présidé par M. TAZZARI lui aussi membre de l'équipe projet.
La Phase A , portant sur la définition du projet , fut terminée grâce au groupe de projet qui avait travaillé à Genève en 1983 / 1984. Cela s'est matérialisé par un rapport , couramment appelé le " Livre Vert " et qui servit officiellement de base de travail.
La phase B , est une phase intermédiaire de préparation scientifique , technique et juridique. Au plan scientifique les travaux portèrent sur l'extension du rayonnement synchrotron à de nouveaux domaines de la physique , de la chimie et de la biologie (Professeur MILLER). L'autre tâche du conseil d'administration fut la mise au point de statuts acceptables par les différentes parties : le travail de base a été mené par un Groupe Légal , présidé par M Jean Christophe Yoccoz. Deux tendances se sont heurtées en ce qui concerne la définition des statuts de l'ESRF.
1) Les statuts de type Institut Laue - Langevin (ILL) : société française dont les objectifs et les contraintes sont fixées par un accord intergouvernemental (1970). Les statuts du personnel de cette société sont calqués sur ceux du personnel du CEA. Le conseil d'administration est constitué par les " associés " c'est à dire les organismes qui sont les actionnaires de la société civile.
Au cours des travaux , trois difficultés sont apparues.
a) Le système de vote : celui d'une société civile , où le nombre de voix est proportionnel à la participation financière , se heurtait à une opposition viscérale des petits et moyens pays habitués au système un pays = un vote.
b) Les relations entre les statuts de la société et l'accord intergouvernemental : les Italiens ne pouvaient accepter une société civile française que si les statuts de celle ci étaient placés en annexe à l'accord intergouvernemental.
c) Les problèmes de taxe : en particulier le partage de la TVA qui ne pouvait être prise en charge en totalité par la France.
2) Une société de droit international :
a) Pour répondre aux problèmes de taxes et de douanes.
b) Une plus grande souplesse des statuts et dans la composition du conseil d'administration , où notamment les ministères pouvaient être représentés , ce qui n'est pas le cas dans une société civile nationale.
c) Une architecture plus simple : un seul texte au lieu de trois textes complémentaires.
C'est le 24 octobre 1986 , lors d'un conseil d'administration , qu'est lancé l'avant-projet sommaire et que sont examinés les premiers textes légaux. Cependant , le 12 décembre 1986 , la phase préparatoire est prolongée , pour permettre de négocier sur les statuts , les écoles pour les enfants du personnel...
Enfin en 1987 , l'ensemble des résultats scientifiques , techniques et financiers sont communiqués dans le " Livre Rouge ". En 1988 , la phase préparatoire a trouvé sa conclusion dans la signature d'un protocole le 22 décembre 1987 , où s'ajoutèrent la Suisse , le Danemark , la Finlande , la Norvège et la Suède. La Phase C , celle de construction , pouvait débuter. Les travaux commencés en 1988 devaient achever le gros oeuvre en 1992 pour débuter les essais et ainsi offrir l'accès de la machine aux chercheurs en juillet 1994.
BIOGRAPHIE
.Jean Christophe Yoccoz
Né le 29 mai 1957 d'un père physicien professeur d'université et d'une mère biologiste. Son parcours scolaire est éblouissant : premier prix du concours général de mathématiques , médaille d'or aux Olympiades internationales de mathématiques , reçu premier à l'école Normale Supérieure et à l'école Polytechnique. Il entre à l'ENS en 1975 ; il est reçu premier ex aequo à l'agrégation de mathématiques. A sa sortie de l'ENS en 1979 , il se lance dans l'étude des systèmes dynamiques , sous la direction de Michel HERMAN à l'Ecole Polytechnique. Puis il partit faire son service militaire en coopération à l'Institut de Mathématiques pures et Appliquées de Rio de Janeiro au Brésil où il collabore avec le professeur PALLIS. Il y rencontre aussi sa future femme. A son retour en 1983 , il réintègre le CNRS et commence à enseigner au Centre de Mathématiques de l'Ecole Polytechnique à Palaiseau. Il soutient sa thèse la même année sur le thème : " Les Difféormorphismes du Cercle ". Il est alors nommé professeur à l'université Paris XI (Orsay) en 1985. Il est membre junior de l'Institut Universitaire de France depuis 1991. Au cours de ces années , il a accumulé les prix : Médaille de bronze du CNRS pour ses travaux de thèse en 1984 , le Prix IBM en 1985 , le Prix de l'Académie des Sciences en 1987 , et la Médaille Fields en 1994. Il fut aussi directeur du groupe de travail qui établit le " Rapport sur les besoins de la recherche en matière d'équipement informatique " (1983). Il fut ensuite directeur du Groupe Légal chargé d'élaborer les statuts du futur Synchrotron de Grenoble. Il est actuellement directeur de l'Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des Particules (IN2P3).
Sommaire
Européen Synchrotron Radiation Facility (ESRF), dossiers de Jean-Christophe Yoccoz. Art 1 : Création et choix du site, texte juridique, comités et commissions, 1981-1987. Art 2 : Plan triennal pour la recherche et le développement technologique, schéma d’orientation scientifique et technique, très grands équipements scientifiques, 1980-1988. Art 3 : Organisation et fonctionnement administratif, comités et conseil scientifique, 1985-1987. Art 4 : Coopération britannique au synchrotron : Institut Isis, texte juridique, organisation administrative, comités et commissions, 1984-1986

Identifiant de l'unité documentaire :

19980422/1-19980422/4

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAN_IR_009782

Type :

inventory

Mises à jour :

  • Converted_apeEAD_version_2015-06-SNAPSHOT
  • Publication :

    Archives Nationales
    1998

    Références bibliographiques :

    .BIBLIOGRAPHIE
    - Historique et situation actuelle du projet ESRF ; 15/09/86 par R. Chabbal
    - Note de 1984 sur le projet ESRF
    - Le Synchrotron Européen ; in Science et Avenir n°455 ; janvier 1985 ; p22 et suivantes
    - Médaille Fields ; in Pour la Science n°203 ; septembre 1994
    - Signature à Paris des Actes Constitutifs créant l'ESRF ; 16 décembre 1988 ; dossier de Presse

    Origine :

    Ministère ou secrétariat d'État chargé de la Recherche

    Lieu de conservation :

    Pierrefitte

    Nom de lieu :