Chartrier de Castries (XIIe-XXe siècles)

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Archives nationales (annuaire du service) [site web d'origine]
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AVANT-PROPOS
Le chartrier de Castries n'était pas complètement inconnu puisque c'est en grande partie à l'aide des documents qui y sont conservés que M. le duc de Castries, membre de l'Académie française, homme de lettres et historien réputé, a rédigé la belle monographie qu'il a consacrée au maréchal de Castries, le vainqueur de Clostercamp, nommé ministre de la Marine en 1780, à un moment décisif pour l'issue de la guerre de l'Indépendance américaine. En vérité, il y a dans ces archives la matière de nombreux autres ouvrages, et la série d'études historiques d'un ton si nouveau que le même auteur a publiées sous le titre : Le testament de la monarchie, leur doivent certainement maints aperçus originaux et plus d'un renseignement inédit.
Ainsi le chartrier de Castries, imposante masse de registres, de liasses de papiers et de parchemins, dont les pièces les plus anciennes remontent au XIIIe siècle, n'était pas, comme il arrive encore trop souvent, négligé. Non seulement son détenteur en connaissait l'intérêt, mais il s'était préoccupé de l'enrichir des documents qui eussent dû normalement s'y trouver et que les vicissitudes des temps ou les aléas des dévolutions successorales en avaient momentanément distrait : c'est ainsi qu'il a réussi à y réintégrer des documents dont certains sont d'un intérêt majeur, tels les papiers du maréchal de Castries pendant l'émigration, dont la trace avait été perdue, et le Journal inédit du ministère de la Marine, dicté par le maréchal de Castries lui-même (voir ci-après 306AP/7 à 36). L'importance de ces papiers d'État ne saurait échapper à personne : il y a là des informations que l'on chercherait vainement ailleurs et qui complètent, de la manière la plus opportune, les ressources que peuvent offrir sur ce sujet les Archives du ministère de la Marine ou les Archives nationales.
Toutefois ce sont des documents d'un autre genre qui ont suscité l'intérêt des Archives du Gard pour le chartrier de Castries. Celui-ci comportait en effet deux fonds seigneuriaux qui concernent au premier chef ce département : c'étaient d'une part les archives des seigneuries de Gaujac, Collias et Saint-Pons-la-Calm, d'autre part celles de la comté d'Alès acquise par le maréchal de Castries en 1777. Ces fonds étaient de nature à compléter admirablement la documentation qu'apporte, pour l'étude de l'histoire des Basses-Cévennes, de l'Uzège et de la Gardonnenque, le chartrier du duché d'Uzès dont l'inventaire a été publié par les Archives nationales en 1968.
Aussi, lorsque mon collaborateur M. Chassin du Guerny, qui prospecte depuis plusieurs années les chartriers privés gardois et a déjà rédigé plusieurs volumes d'inventaires, me fit part de son intérêt pour le chartrier de Castries et de son désir d'en reconnaître les fonds qui se rapportaient au département du Gard, je lui donnai volontiers le feu vert. Rendez-vous fut pris avec M. le duc de Castries qui accueillit avec faveur ce projet. Il fut convenu que les fonds d'Alès et de Gaujac seraient provisoirement transférés à Nîmes pour y être classés et inventoriés, et que les documents qui paraîtraient offrir le plus d'intérêt pour l'histoire locale seraient microfilmés. L'opération terminée, les archives retrouveraient leur place au château.
Cependant il apparut très vite que les fonds divers dont était composé le chartrier constituaient un tout et que le travail de classement et d'inventaire, pour être logique et ordonné, devait porter sur l'ensemble des fonds. Cela revenait à inclure dans le programme les archives de la famille de Castries, - avec notamment les papiers du maréchal qui avaient, il est vrai, reçu un premier classement par les soins de M. le duc de Castries - et surtout celles des Bonnières de Guines, famille d'Artois qui était entrée dans l'alliance des Castries en 1778. Présenté ainsi, le problème dépassait la compétence des Archives du Gard, d'autant plus que le fonds de Guines comportait les archives de quelques vingt-cinq seigneuries réparties en Artois et dans les Flandres et représentait à lui seul près de la moitié du chartrier. D'un autre côté l'importance même de ce fonds faisait mieux apparaître l'intérêt de l'opération qui venait d'être engagée.
Le problème fut soumis au service des archives privées des Archives nationales. M. Monicat, conservateur en chef du département des activités scientifiques, culturelles et techniques, et Mme d'Huart, conservateur, qui avait publié les inventaires des fonds Daru, Murat, Rohan-Bouillon et celui du chartrier du duché d'Uzès, manifestèrent le plus vif intérêt pour le classement du chartrier de Castries et présentèrent un rapport des plus favorables à l'agrément de M. André Chamson, alors directeur général des Archives de France. M. André Chamson, qui avait été à l'origine du classement du chartrier d'Uzès, approuva sans réserve les propositions qui lui étaient faites. Les services des Archives nationales ne pouvant prendre à leur compte le traitement des fonds non gardois, il fut convenu que M. du Guerny, dont les travaux antérieurs attestaient la qualification, classerait l'ensemble du fonds et que le répertoire qu'il en établirait serait supervisé par les archives privées, afin de veiller à ce que l'inventaire soit conforme aux normes et usages suivis aux Archives nationales pour les travaux de ce type.
L'importance numérique de ce chartrier interdisait la rédaction d'un inventaire détaillé. Il convenait d'établir un répertoire qui serve de guide aux opérations de microfilmage et à l'utilisation future de cette documentation. Une exception a été faite en raison de leur intérêt historique tout à fait spécial pour les dossiers et registres du maréchal de Castries, ministre de la Marine à la fin de l'Ancien Régime. Ils ont été confiés à M. Étienne Taillemite, alors chargé des archives de la Marine, maintenant conservateur en chef de la section ancienne, qui a rédigé un inventaire analytique très précis, modèle du genre.
Un travail aussi poussé avait été envisagé pour les dossiers du même personnage sous l'émigration, mais il a été jugé par la suite que l'exploitation qui en avait été faite par M. le duc de Castries dans ses ouvrages en assurait déjà la connaissance et qu'un état plus sommaire s'avérait suffisant.
Les documents historiques les plus importants, en particulier la totalité du fonds de Castries ainsi que la majeure partie des archives de la comté d'Alès seraient microfilmés aux Archives nationales. Quant au fonds de Guines qu'on ne pouvait songer, en raison de son volume, à microfilmer dans l'immédiat, il serait rapporté à Castries après la réalisation de l'inventaire. Ainsi, soit sous forme de microfilms conservés aux Archives nationales, soit en original dans la salle des archives du château de Castries, une masse importante de documents, en majeure partie inconnus et inédits, allait se trouver mise à la disposition de la recherche historique.
Mme d'Huart a revisé le schéma sommaire de classement proposé par M. du Guerny, puis la rédaction de l'inventaire ; elle a assuré les relations avec la direction des Archives pour l'examen des nombreux problèmes posés par cette entreprise, et avec l'Imprimerie nationale pour la mise au point et la surveillance de l'impression de l'inventaire.
Le rapport fait par M. Baudot, inspecteur général des Archives de France, à la Commission supérieure des Archives de juin 1972 approuvait les dispositions prises pour ce travail, auquel plusieurs personnes ont collaboré, mais dont le mérite essentiel revient à M. du Guerny.
La composition d'un chartrier est le reflet de l'histoire d'une famille et il n'est pas de meilleure méthode pour en exposer et comprendre le contenu que de prendre un aperçu d'ensemble de l'histoire de la famille, l'un éclairant l'autre.
La seigneurie de Castries (Hérault) est mentionnée dans les textes à partir du XIe siècle. Il y avait là, sur une butte naturelle où s'élèvent encore aujourd'hui le château et le village aggloméré à ses côtés, un emplacement idéal dominant d'un côté la plaine et les étangs littoraux et permettant de surveiller, de l'autre, les ondulations de la zone des garrigues barrées, à l'horizon, par le mont Aigoual et les Cévennes. Le nom latin Castra qui survit encore dans un document du IXe siècle transcrit au cartulaire de l'abbaye d'Aniane, évoque l'existence en ce lieu d'une position romaine fortifiée surveillant le passage de la voie Domitienne. Au Moyen Age les barons de Castries, vassaux peu dociles des comtes de Melgueil, possédaient une bonne. partie de la plaine entre les fleuves côtiers Vidourle et Lez, et se trouvaient ainsi voisins des seigneurs de Montpellier, les Guilhem. Cette première famille des seigneurs de Castries s'éteignit, du reste, vers le milieu du XIIe siècle, dans celle des Guilhem. Les rois d'Aragon, successeurs des Guilhem à Montpellier, inféodèrent la baronnie de Castries aux seigneurs de Peyre en Gévaudan ; des chartes de cette période figurent au chartrier (306AP/17 à 33). Les Peyre conservèrent la baronnie de Castries jusqu'en 1495, où elle passa dans la famille des La Croix qui la détiennent encore aujourd'hui.
Les de La Croix sont une très ancienne famille montpellieraine, venue peut-être à Montpellier dans l'entourage des rois de Majorque. Au milieu du XIVe siècle Jean de La Croix était trésorier des États de Languedoc. En 1362, en qualité de trésorier et receveur de la rançon du roi Jean le Bon dans la baronnie de Montpellier, il délivrait aux consuls de cette ville un reçu de la somme de 4 583 francs pour leur participation. En 1415 le roi Charles VI donnait en fief à Jean de La Croix, chevalier de Montpellier, sans doute petit-fils du précédent, 60 livres de rente sur la ville de Saint-Félix (306AP/6). Au milieu du XVe siècle Guillaume de La Croix, fils d'un Jean de La Croix avait à Montpellier une situation considérable puisqu'on le trouve consul en 1466 ; en 1473, toujours en qualité de consul, il est chargé de missions à Béziers puis à Pézenas auprès du cardinal d'Amboise, évêque d'Albi, alors président désigné des États et lieutenant du gouverneur de Languedoc). En 1489, trésorier des guerres en Languedoc, il fut chargé de présenter le point de vue des États à un procès que ceux-ci avaient à soutenir devant le Parlement de Paris. Personnage important de l'administration provinciale sous les règnes de Louis XI, Charles VIII et Louis XII, il fut appelé à siéger à plusieurs reprises en qualité de commissaire du roi aux États de Languedoc.
On le trouve, de 1494 à 1498, gouverneur de Montpellier ; il fut aussi gouverneur des châteaux de Lattes et d'Aumelas. Déjà seigneur de Gordièges et de Saint-Brès, il acquit, en 1495, la baronnie de Castries, ce qui fit de lui un des dix-neuf barons ayant droit d'entrée aux États de Languedoc.
Son fils Louis, baron de Castries, seigneur de Saint-Brès, était président de la Cour des aides de Montpellier en 1503 ; il assista en qualité de commissaire du roi aux États de Languedoc tenus en novembre 1519. Henry, fils aîné de Louis, opta pour la carrière des armes, ouvrant ainsi à la famille une voie dans laquelle elle devait s'illustrer. Henry avait épousé, en 1536, Marguerite, fille du seigneur de Figaret. Leur fils Jacques, gouverneur de Sommières, Gignac et Frontignan, épousa Diane d'Albenas, fille du seigneur de Collias ; c'est lui qui construisit le château actuel ; une inscription encore conservée date de 1565 le commencement des travaux. Demeuré fidèle au roi au cours des troubles religieux. il reçut en 1574, pour le compte de Charles XI, la soumission de la ville de Pézenas.
De son mariage avec Diane d'Albenas Jacques de La Croix avait eu deux fils : l'aîné, Jean, mourut jeune, laissant un fils de même prénom ; le cadet, Gaspard, seigneur de Meyrargues est l'auteur de la seconde branche qui seule subsiste aujourd'hui. Petit-fils de Jacques, Jean de La Croix, baron de Castries, seigneur de Gordièges, gentilhomme ordinaire de la Chambre, servit dans la compagnie d'ordonnance du duc de Montmorency en 1621 et combattit pour le roi dans les guerres religieuses qui sévissaient alors en Languedoc. Gouverneur de Privas, il tint tête au duc de Rohan, chef des protestants ; ce dernier dut lever le siège. Dans sa retraite vers Montpellier, Rohan se vengea de son échec en s'attaquant particulièrement au château de Castries dont il incendia l'aile Est. Son fils René-Gaspard se signala par ses faits d'armes pendant la guerre de Trente Ans. En 1645 il obtint l'érection de la baronnie de Castries en marquisat. Il aménagea l'aile Ouest du château dont il fit un salon immense « dans le dessein de tenir les États de Languedoc en sa propre maison ", et il fit appel à Le Nôtre, qui venait d'achever le parc de Vaux-le-Vicomte, pour dessiner le jardin. Pour obtenir l'eau nécessaire on construisit un immense aqueduc qui amenait l'eau d'une source distante de près de sept kilomètres. C'est l'ingénieur Paul Riquet, dont le marquis de Castries avait soutenu, aux États de Languedoc, le projet de construction du canal des Deux-Mers, qui établit les plans de l'aqueduc ; celui-ci est toujours en service et ses immenses arcades font partie du paysage familier de la garrigue aux environs de Castries.
Le fils de René-Gaspard, Joseph-François, second marquis de Castries épousa en deuxième noces, en 1722, la fille du duc de Lévis ; de cette union allait naître en 1727 le plus illustre membre de la famille : Charles-Eugène-Gabriel. Orphelin de bonne heure, celui-ci fut élevé, ainsi que ses deux frères, par leur oncle Armand-Pierre de La Croix de Castries, archevêque d'Albi. A l'âge de douze ans il fut admis en qualité de sous-lieutenant au régiment du Roi-Infanterie et fit bientôt ses premières armes, pendant la guerre de Succession d'Autriche. Il faisait partie de l'armée française qui prit Linz au mois d'août 1741 et se trouva dans les rangs des troupes qui furent enfermées dans Prague ; il fut ainsi amené à participer à la difficile retraite de l'armée française, en décembre 1742. La mort de son frère aîné, qui ne survécut pas aux fatigues de cette pénible retraite, fit de lui le quatrième marquis de Castries, gouverneur de Montpellier et de Sète et lieutenant du roi en Bas-Languedoc. Mestre de camp au régiment du Roi-Cavalerie, il se signala en 1745 à la bataille de Fontenoy, où son comportement devait lui gagner l'amitié de Maurice de Saxe. La guerre de Sept Ans, qui s'engagea dans l'été de 1756 lui donna l'occasion d'accéder à la gloire militaire : après une mission en Corse il servit en Allemagne dans l'armée du maréchal de Broglie et à ce titre remporta, le 16 octobre 1760, la brillante victoire de Clostercamp, rendue célèbre dans nos annales par le dévouement héroïque du chevalier d'Assas. Cette victoire coupait la route des Flandres à l'armée anglo-hanovrienne et prévenait ainsi l'invasion du territoire national.
Reçu dans l'ordre du Saint-Esprit le 30 mai 1762, le marquis de Castries était, la même année, nommé directeur général de la cavalerie et gouverneur du Lyonnais et du Forez. En 1770, Choiseul le nommait au poste envié d'inspecteur général de la gendarmerie. En 1767, sa fille Adélaïde-Marie-Gabrielle avait épousé le vicomte de Mailly. En 1777 il achetait le comté d'Alès dont les fiefs, répartis en couronne autour de cette ville englobaient au Sud Saint-Hilaire-de-Brethmas et Saint-Christol, remontaient à l'Ouest la vallée du Gardon depuis Anduze jusqu'à la Vallée française en Gévaudan, atteignaient au Sud-Est Méjannes et Mons où ils confrontaient aux domaines du duché d'Uzès, puis remontaient vers le Nord, de Saint-Martin-de-Valgalgues jusqu'au Mas-Dieu et à Notre-Dame de Laval. Il y ajoutait peu après la seigneurie voisine de Saint-Andéol-de-Trouilhas dont le charbon de terre était exploité depuis le Moyen Age. L'année suivante il mariait son fils, Armand-Charles-Augustin, comte de Charlus, avec Adrienne de Bonnières, fille du duc de Guines, ancien ambassadeur de France à Londres. Le mariage fut célébré en présence du roi et de la reine, et le comte de Charlus recevait à cette occasion la promesse que le duché héréditaire de son beau-père serait reporté sur la terre de Castries.
En juillet 1778 la France entrait en guerre contre l'Angleterre pour soutenir les jeunes États-Unis d'Amérique luttant pour leur indépendance. Deux ans plus tard, le marquis de Castries était appelé à remplacer Sartine au ministère de la Marine. Le nouveau secrétaire d'État poursuivit l'œuvre de son prédécesseur pour ce qui touchait à l'organisation et au renforcement des forces maritimes, mais il fit adopter une stratégie nouvelle dans la conduite de la guerre navale : renonçant au projet d'invasion de l'Angleterre auquel on avait tout d'abord songé, il fit décider que la guerre serait au contraire intensifiée sur les théâtres d'opérations lointains, et ce fut lui qui donna leurs commandements au bailli de Suffren et à l'amiral de Grasse. La victoire de Yorktown (19 octobre 1781) qui devait définitivement incliner le sort en faveur des insurgés américains fut acquise grâce à l'intervention décisive de l'amiral de Grasse ; cet événement attestait à la fois la justesse des vues du ministre pour ce qui touchait à la conduite de la guerre et sa clairvoyance dans le choix des hommes. En 1783 il recevait le bâton de maréchal de France. Evincé du ministère de la Marine en 1787, il demeura désormais à l'écart de la vie politique. Louis XVI voulut le rappeler au ministère le 13 juillet 1789, mais Castries, trouvant la situation désespérée, refusa de revenir au pouvoir et, devant les troubles qui se développaient, il partit pour la Suisse au mois d'octobre 1789.
Son fils, qui avait été créé duc de Castries en janvier 1784, peu après la fin de la guerre d'Amérique à laquelle il avait brillament pris part sous les AVANT-PROPOS ordres de Rochambeau, participa d'abord au mouvement des idées nouvelles et fut élu député de Paris aux États Généraux, mais devant le déroulement des événements il prit à son tour la route de l'exil ; il allait y jouer un rôle important comme agent diplomatique, puis comme colonel du régiment de Castries de 1795 à 1801. Il ne devait rentrer en France qu'en 1814 (ci-après, 306AP/40 à 50).
Le maréchal, quant à lui, était d'abord demeuré à l'écart de la vie politique, mais en novembre 1791 Louis XVI lui confia la mission d'être son représentant auprès des princes émigrés. Après la mort de Louis XVI, il devint le principal conseiller du comte de Provence qui avait pris le titre de Régent, et la série des notes qu'il rédigea et la correspondance qu'il entretint jusqu'à sa mort en 1800 sont une source de premier ordre pour l'étude de l'émigration pendant cette période. Pendant ce temps le château de Castries, mis sous séquestre, avait été pillé par une bande d'émeutiers venus de Montpellier. « En 1793 les biens des Castries en Languedoc étaient mis aux enchères et adjugés en cent quarante-quatre lots. Quatorze propriétaires différents se partagèrent le château... ».
En 1802, après la paix d'Amiens, le comte Jean-François de Castries, aide de camp du maréchal, ramena en France le fils du duc de Castries, Edmond-Hercule, né en 1787 et dont la mère, née de Guines, était morte à Eisenach en 1795. Le jeune Edmond suivit, comme ses aïeux, la carrière des armes ; il servit comme aide de camp du maréchal Davout dans l'armée impériale et devait être promu général en 1823. Avec méthode et ténacité il entreprit de réparer les dégâts provoqués par la Révolution. En 1828 il racheta une partie des domaines languedociens des Castries et notamment le château dont il entreprit la restauration ; il s'attacha aussi avec beaucoup de soin à rassembler les titres épars de la famille. Ceux de la baronnie de Castries avaient sombré dans le pillage du château et il ne subsistait qu'un petit nombre de documents, en particulier des pièces de gestion provenant des comptes de Louis Pégat, ancien receveur des domaines de Castries en Languedoc. Ayant quelques domaines en Artois, provenant de la succession de sa mère, il se préoccupa de retrouver les archives des Guines et les fit transporter à Castries, ainsi que celles du comté d'Alès qu'il réussit à retrouver. Il mourut en 1866 sans descendance.
Le général duc de Castries légua le château à son neveu Edmond-Charles-Auguste, troisième duc de Castries, qui mourut en 1886. Sa veuve épousa le vicomte Emmanuel d'Harcourt, ancien secrétaire général de la Présidence de la République, cousin de son premier mari. Elle devait lui léguer le château. En 1886, le titre ducal passait à René-Marie-Edmond-Gabriel de La Croix de Castries, propriétaire du château de Gaujac, issu de la branche des seigneurs de Meyrargues constituée par Gaspard-François au début du XVIIe siècle. Déjà, lorsqu'il acquit le comté d'Alès, le maréchal de Castries avait fait établir un titre de substitution prévoyant qu'en cas d'extinction de la branche aînée, le comté d'Alès serait dévolu à la branche issue de Gaspard. Peut-être est-ce en souvenir de ce vœu que les titres d'Alès furent alors transférés à Gaujac. Après la mort du vicomte d'Harcourt ses héritiers cédèrent, en 1936, le château familial au duc René-Gaspard-Marie-Edmond de La Croix de Castries, de la branche des seigneurs de Gaujac, qui en est le propriétaire actuel.
Le duc René de Castries s'est employé à compléter l'œuvre du général de Castries en amenant au château toutes les archives qui se trouvaient à Gaujac. Bien plus, il a réussi à retrouver à Paris, dans un grenier de l'hôtel de Mac-Mahon (la maréchale de Mac-Mahon était l'arrière-petite-fille du maréchal de Castries) les papiers personnels du maréchal de Castries pendant l'émigration ; ceux-ci appartenaient alors à Mme de Piennes, fille du maréchal de Mac-Mahon, qui voulut bien autoriser M, le duc de Castries à les joindre au chartrier ; elle lui remit en même temps le Journal du maréchal de Castries qu'elle conservait. Poursuivant encore ses recherches M. le duc de Castries réussit à joindre au fonds ainsi complété de nouvelles pièces concernant le maréchal et son fils, le premier duc de Castries ; parmi ces documents, certains provenaient du chevalier de Léonard, qui avait été secrétaire du maréchal de 1796 jusqu'à sa mort. Ainsi ces efforts échelonnés sur plus d'un siècle ont permis de reconstituer un ensemble imposant qui, avec ses mille sept cent vingt cotes figure au nombre des chartriers privés les plus importants que les services de la direction des Archives de France aient eus jusqu'à présent à traiter.
Malgré quelques pertes dont il ne faut pas trop s'étonner, car bien rares sont les fonds d'archives que les vicissitudes de l'histoire ont laissé parvenir intacts jusqu'à nous, le chartrier de Castries offre un ensemble documentaire d'un éminent intérêt.
Les titres de famille de l'ancien marquisat comportent des états de biens, contrats, inventaires du mobilier et des archives et, parmi ceux-ci, deux précieux volumes d'inventaires rédigés en 1665 par l'excellent feudiste François Joffres qui s'est rendu célèbre par la rédaction de nombreux inventaires des archives montpellieraines et qui venait précisément d'achever en 1663 ceux des archives du greffe de la Maison consulaire et du fonds dit de la commune Clôture. La présence de ces inventaires contribue à compenser la perte d'une partie des titres originaux de Castries. Des archives étaient aussi conservées à l'hôtel de Castries à Paris, rue de Varenne ; de ces archives parisiennes a survécu un inventaire dressé en 1762. Il ne reste rien des pièces qui y sont mentionnées ; elles ont très probablement péri dans le saccage de l'hôtel de Castries, le 13 novembre 1790. Les inventaires de Joffres quant à eux, ainsi que les chartes subsistantes et les documents du XVIIe et du XVIIIe siècle qui constituent le fonds proprement dit du marquisat de Castries, correspondent peut-être à des épaves échappées au pillage du château de Castries ; certaines se trouvaient en 1789 à Montpellier, en même temps que des documents comptables, entre les mains de Louis Pégat, ancien administrateur des domaines de Castries, et furent restituées en 1844 par son fils. La perte ici n'est donc pas totale et quelque cinquante liasses ou registres (306AP/118 à 167 et 1695 à 1716) jalonnent très heureusement quelques-uns des points principaux de l'histoire du marquisat de Castries et d'un certain nombre de seigneuries qui en relevaient, Figaret et Saint-Geniès-des-Mourgues particulièrement. Il s'y ajoute plusieurs liasses des comptes tenus par Louis Pégat de 1771 à 1792, ainsi que des papiers personnels du duc de Castries, fils du maréchal, couvrant les années 1788 à 1842 et des comptes et papiers du général de Castries (1814-1860). Disparurent aussi pendant l'émigration les archives des domaines auvergnats : comtés de Charlus et de Saignes, baronnie de Granges, seigneuries de Tauves, Murat, Châteauneuf...
Les papiers du maréchal de Castries, de son ministère à la Marine (1780-1787) et de ses services durant l'émigration forment une des parties les plus intéressantes du chartrier : on y trouve, bien sûr, des pièces irremplaçables sur les questions concernant la marine française, mais aussi les informations dont pouvait alors disposer le gouvernement français sur l'état des principales marines de l'Europe, non seulement pendant la période où Castries fut ministre de la Marine, mais même jusqu'à la veille de la Révolution. A partir de 1789, les problèmes évoqués sont plus nettement et même exclusivement politiques ; il s'agit là d'une documentation fondamentale pour l'histoire de l'émigration en raison du rôle tenu, de 1792 à 1799, par le maréchal de Castries auprès du comte de Provence devenu le roi Louis XVIII en exil.
Viennent ensuite les titres et documents de la branche des seigneurs de Gaujac (306AP/182 à 270), dont la lignée subsiste seule aujourd'hui. Implantée dans l'Uzège par suite du mariage de Gaspard-François de La Croix avec Jeanne de Gueydan en 1601 (leur troisième fils, Jacques, fut l'auteur de la branche des La Croix de Vagnas), elle posséda, outre la baronnie de Meyrargues, les seigneuries de Collias, de Gaujac et de Saint-Pons-la-Calm. Le petit-fils de Gaspard-François épousa en 1679 Anne de Piolenc, qui lui apporta la baronnie de Gaujac. Au milieu du XVIIIe siècle un cadet, Jean de La Croix fut agent général du clergé, vicaire général d'Albi, puis évêque de Vabres en Rouergue, de 1764 à 1790 (voir un dossier le concernant dans 306AP/204). Anne-Gaspard de La Croix (1715-1804) fut officier de marine, chef d'escadre des armées navales ; une correspondance officielle intéressante et des dossiers sur les commandements qu'il exerça figurent au chartrier (306AP/189 à 191 ; autres documents concernant la marine sous les cotes 306 AP 207 et 208 (de Bauffremont). Jean-François de La Croix, comte de Castries, né en 1763, commandant en second du régiment de Mestre de camp-Cavalerie fut, pendant l'émigration, aide-de-camp de son oncle, le maréchal de Castries ; il réussit à recouvrer, à son retour, une partie des terres de Gaujac. Ce fonds ne paraît pas avoir subi les graves vicissitudes qui ont affecté celui de Castries ; il offre une bonne suite de documents familiaux et des pièces de gestion des seigneuries, fort intéressantes pour l'histoire de ces quelques localités de l'Uzège. Proviennent très probablement aussi de Gaujac des documents concernant les d'Albenas et les Montfaucon, classés avec la branche aînée. En 1958 les Archives du Gard ont acheté les titres des La Croix de Vagnas, puînés de ceux de Gaujac, dont la lignée s'est éteinte au XIXe siècle.
Le fonds le plus riche pour l'histoire gardoise est cependant celui de la comté d'Alès. Le premier seigneur connu d'Alès est Raimond Pelet, qui s'illustra aux côtés de Raimond IV de Toulouse lors de la première Croisade. Une partie de la vaste seigneurie passa ensuite, par mariage, dans la famille des Bermond d'Anduze et de Sauve, apparentés aux comtes de Toulouse. Ce fut dès lors le régime de la coseigneurie, celle des Anduze et celle des Pelet. Lors des derniers épisodes de la guerre albigeoise, Pierre Bermond VII prit le parti de son cousin Raimond VII de Toulouse. Cette fidélité féodale et familiale lui valut d'être dépouillé de toutes ses possessions languedociennes qui furent rattachées à la Couronne par le traité de 1229. Le roi de France devenait ainsi coseigneur d'Alès. Cette part royale fut cédée, le 28 septembre 1344, à Humbert II, dauphin de Viennois, mais cette suzeraineté dauphinoise dura peu et, le 12 février 1346, la seigneurie était attribuée à Guillaume Rogier, comte de Beaufort, plus tard vicomte de Turenne, frère du pape Clément IV ; l'année suivante ces terres d'Alès étaient érigées en comté. A côté subsistait la baronnie, dans la famille des Pelet. La baronnie d'Alès devait rester aux Pelet jusqu'en 1445. En 1509 elle passa, par voie d'achat, aux Cambis dans la famille desquels elle demeura, indivise, jusqu'à la Révolution. Cette cession de la part du roi classait le comté d'Alès comme première baronnie de la province donnant entrée aux États de Languedoc ; ce privilège se maintint jusqu'à la Révolution. Le comté d'Alès demeura dans la famille des Beaufort jusqu'en 1575 (de 1394 à 1421 on voit comme seigneur Jean le Meingre, dit Boucicaut, en sa qualité d'époux puis d'usufruitier testamentaire d'Antoinette de Turenne). A cette date Marc de Beaufort le céda au duc Henry de Montmorency, plus connu sous le nom de Damville, gouverneur de Languedoc. A sa mort, survenue à Pézenas en 1614, le comté passa à sa fille aînée, Charlotte de Montmorency, femme de Charles de Valois, comte d'Auvergne et duc d'Angoulême. Au partage de la succession de Marie-Françoise de Valois, en 1696, il échut à François-Louis de Bourbon, prince de Conti, et c'est d'un prince de Conti que le marquis de Castries en fit l'acquisition, par acte du 27 mars 1777. Les dossiers de cette longue histoire se trouvent réunis dans le chartrier sous les cotes 306 AP 271 à 473, et ces quelque deux cents registres ou liasses d'actes d'hommage, dénombrements et reconnaissances féodales, inféodations, baux, censiers, terriers, états des fiefs, etc. offrent une documentation très dense sur l'histoire féodale et rurale de cette partie des Cévennes.
Le maréchal de Castries avait demandé qu'on fît un inventaire des archives et titres du comté qu'il venait d'acquérir. Ce travail fut réalisé par le notaire alésien Antoine Ribot et il semble qu'il ait été mené à terme. Or il convient de noter que les archives conservées sont précisément les titres utiles - ceux qui figurent à l'inventaire -, et qu'il manque à ce fonds les papiers personnels, correspondance, pièces de comptabilité, procès..., qui se trouvent dans la plupart des fonds d'archives privées. Cette particularité semble indiquer que les archives qui ont subsisté sont celles que le notaire avait retirées pour en faire l'inventaire et qu'elles se trouvaient encore chez lui en 1789. Ainsi s'expliquerait qu'aient survécu en si grande abondance des documents que la Révolution a fait disparaître de la plupart des chartriers féodaux.
Les archives de la seigneurie de Trouilhas, réduites à quelques registres du XVIIIe siècle (306AP/374 à 380) représentent, à côté, peu de chose, mais le véritable intérêt de ce fonds réside dans les pièces relatives à l'exploitation des mines de charbon (306AP/481 à 539) qui permettent très opportunément de combler une lacune de notre documentation sur l'exploitation charbonnière dans les Cévennes entre la fin de l'Ancien Régime où s'interrompt la série des archives de l'Intendance de Languedoc et la création, en 1833, de la Compagnie des mines de La Grand-Combe.
A ce groupe d'archives méridionales s'ajoute un fonds extrêmement riche : celui des archives de la famille des Bonnières de Guines, qui représente la partie la plus volumineuse du chartrier : neuf cent soixante-cinq cotes. La majeure partie de leurs biens était répartie en Artois et dans les Flandres ; ils entrèrent dans la famille de Castries à la suite du mariage de Marie-Louise-Philippine de Bonnières avec le comte de Charlus, fils du maréchal de Castries, mariage célébré en 1778.
La famille de Bonnières apparaît dans les chartes, en Artois, à partir du XIVe siècle et y occupe déjà un rang non négligeable. Jean de Bonnières, sieur de Marquay, mort vers 1408 à un âge avancé, était gouverneur de Boulogne. Son fils Guillaume, sieur de Bonnières, La Thieuloye et Marquay fut chambellan des ducs de Bourgogne, bailli et gouverneur d'Hesdin en 1397, gouverneur des bailliages d'Arras, Bapaume, Lens, Avesnes, Aubigny, Hénin-Liétard et Quiéry ; à sa mort, en 1423, il fut inhumé dans la cathédrale d'Arras. Son petit-fils, Philippe de Bonnières, sieur de Souastre et de La Thieuloye, reçu bourgeois d'Arras en 1474, avait été aussi chambellan des ducs de Bourgogne. Leurs descendants furent tour à tour investis de charges honorifiques et de fonctions militaires : gouverneurs à Arras, Dunkerque, Béthune... ; l'un d'eux fut gentilhomme de bouche du roi d'Espagne Philippe II. Charles-Ignace de Guines de Bonnières fut créé comte de Souastre en 1676.
Son fils Charles-Eugène-Jean-Dominique de Guines de Bonnières, comte de Souastre, marquis de Villers-Brûlin, mestre de camp de cavalerie, épousa en 1689 Marie-Françoise de Montbron, fille du gouverneur d'Arras et de Cambrai. Bien qu'il ait eu une nombreuse famille, c'est son douzième enfant, Guy-Louis, qui assura sa postérité. Guy-Louis, comte de Guines et de Souastre, fut député de la noblesse aux États d'Artois et lieutenant du roi dans cette province. Son fils Adrien-Louis, colonel aux grenadiers de France, brigadier des armées du roi en 1762, gouverneur d'Artois, maréchal de camp, ambassadeur en Prusse puis à Londres, inspecteur général de l'infanterie, devait être créé duc de Guines en 1776. A l'occasion du mariage de sa fille avec le comte de Charlus le roi s'engagea à reporter le duché héréditaire de Guines sur la terre de Castries. Lorsqu'éclata la Révolution, le duc de Guines, comme le maréchal de Castries, prit le chemin de l'émigration. Il était rentré en France lorsqu'il mourut, en 1806. Cependant les terres du duché de Guines avaient été déclarées propriété nationale et vendues comme telles. Il ne devait en rester que les fiefs de Souastre, Villers-Brûlin, Maisnil, Pommier, Humbercamp et Bailleulmont que les filles du duc avaient réussi à conserver en faisant valoir qu'elles avaient été substituées en leur faveur.
Ce sont ces biens que le second duc de Castries devait recueillir en héritage à la mort de son père survenue en 1842. C'était lui, on l'a vu, qui s'était mis en devoir de rassembler les archives familiales. Il se préoccupa de faire rentrer à Castries le chartrier du duché de Guines. Ces documents se trouvaient, après la Révolution, entre les mains de Géry Ledent, receveur du duc de Castries en Artois ; après son décès, survenu en 1819, elles furent entreposées chez Fleuricourt à Arras, puis dispersées en trois lots. Le général de Castries réussit à les rassembler à nouveau. Un inventaire qui avait été dressé en 1819 reproduit pratiquement le fonds dans son état actuel. Il semble qu'au début de la Révolution les papiers et titres seigneuriaux appartenant à l'émigré de Guines avaient été déposés sous scellés dans la maison de Broucqsault, principal intendant du duc de Guines, et qu'ils échappèrent ainsi soit à l'autodafé, soit à la confiscation au profit du district d'Arras.
Vers la fin du XVIIe siècle, le comte Charles-Eugène de Bonnières de Souastre avait entrepris, avec la collaboration de dom Etienne Le Pez, savant généalogiste de l'abbaye de Saint-Waast, d'importantes recherches sur l'origine de sa famille ; il crut ainsi pouvoir rattacher la famille de Bonnières à celle de Guines dont il releva le nom. Il devait faire consigner le résultat de ses investigations dans de gros volumes in-folio de mémoires généalogiques, et aussi faire analyser les documents et prendre des copies collationnées de titres conservés dans d'autres fonds, dans des archives monastiques ou à la Chambre des comptes de Lille. Il subsiste de ce travail, soit sous forme d'inventaires des titres, soit de mémoires, une vingtaine de beaux registres à reliure de cuir et à fermoirs, que l'on trouvera en tête du classement (306AP/540 à 560). Les documents originaux furent placés avec soin dans de petits sacs de chanvre intitulés « tablettes » (306AP/569 et suivants) : leur inventaire n'a pas été retrouvé. Les documents ainsi classés concernaient la famille de Bonnières et les maisons alliées d'Halluin, de Buissy, de Beaufort et de Créquy ; ceux de Montbron ne firent l'objet d'aucun inventaire et ceux de la maison de Melun-Cottenes, entrés postérieurement, firent l'objet d'un inventaire distinct dressé en 1745. Ce sont principalement ces titres de familles qui ont été retrouvés, tandis que les papiers personnels de la famille, et notamment ceux du duc de Guines, ambassadeur à Londres, probablement demeurés dans un hôtel parisien, disparurent.
Le duc de Guines avait hérité un patrimoine considérable en Artois et en Hainaut : les seigneuries, villages et terres de Souastre, Maisnil, Villers--Brûlin, Rimboval, Petit-Berlette, Vendegies-au-Bois et autres héritages des Bonnières ; celles de Cottes-Saint-Hilaire, Hingettes, Amettes, Locon, Rocourt et Magnicourt, et autres provenant des Melun-Cottenes ; la châtellenie de Lens, Noulette, Foucquières, Foucquereuil, Vendin, Roiteleux, La Lacques etc., venant de la succession du chevalier de Guines ; en outre des propriétés en Vexin, autour de Dunkerque, les hôtels à Paris, Arras, Lille, et les biens flamands de la duchesse de Guines, Ces derniers furent aliénés en 1770 ; la seigneurie de Vendegies-au-Bois, la plus considérable de celles que possédait le duc de Guines, avait été aliénée vers 1763 ; le domaine d'Ingelshof-en-Bambecque cédé en 1778 à un armateur de Dunkerque.
Hormis les quelques lacunes qui ont été signalées (correspondance familiale et papiers privés), ce fonds offre un ensemble complet que le classement réalisé par M. du Guerny met parfaitement en évidence. Les titres généalogiques, colligés et mis en ordre par dom Le Pez, offrent une abondante documentation sur l'histoire de la famille de Bonnières de Guines, élargie même aux familles alliées, les d'Halluin, de Buissy, de Beaufort, Penel, Créquy, du Chastel-Howarderie, Montbron, Melun-Cottenes, pour ne citer que les principales. Mais ce sont les archives des seigneuries qui attirent le plus l'historien moderne. Près de quarante localités de l'Artois et des Flandres ont là des pièces qui les concernent, les ensembles les plus riches étant ceux des seigneuries de Souastre, Maisnil, Béalencourt, Agny et Naves, Rimboval, Villers-Brûlin, Cottes-Saint-Hilaire, Bailleulmont, Pommier, Humbercamps, la châtellenie de Lens, avec leurs terriers, registres d'hommages et de dénombrements de fiefs, registres de cottiers, de saisines, baux et arrentements, cueilloirs, que complètent parfois des plans ou des cartes, Ainsi peuvent être étudiées non seulement la consistance des fiefs et les relations de hiérarchie des personnes et des terres, mais de nombreux aspects de l'histoire des villages et de l'histoire agraire pour lesquels baux et contrats d'arrentement, cottiers et cueilloirs entre autres, complétés encore aux XVIIe et XVIIIe siècles par de bonnes séries de comptes, offrent une documentation de premier ordre que l'historien de la vie rurale n'a pas toujours l'occasion de rencontrer aussi groupée et aussi abondante.
Il en est de même pour le petit fonds des archives de la famille de Mailly-Mamez, provenant de la succession du vicomte Louis-Valentin-Joseph de Mailly-Mamez, ancien maréchal de camp et député de la noblesse aux États de Hainaut. Son frère aîné étant mort en détention à Arras pendant la Révolution, il avait institué pour héritier son petit-neveu, le futur général de Castries, celui-là même qui devait entreprendre de rassembler les archives familiales. Les archives des Mailly, inventoriées lors du décès du vicomte en 1815, devaient être réunies à celles des Bonnières de Guines et transférées avec celles-ci à Castries. On y trouve, outre une bonne suite de dossiers généalogiques, les archives des seigneuries des Gavelens et de Cahen en particulier ; ces documents offrent le même genre d'intérêt que ceux de Bonnières, accru encore par la présence de plus de soixante registres de comptes de la seigneurie des Gavelens, de 1675 à 1788.
L'originalité du chartrier de Castries est double : elle tient d'une part aux papiers du maréchal de Castries, dont il n'est plus nécessaire de souligner l'intérêt ; d'autre part ce chartrier regroupe, à côté d'archives de seigneuries méridionales, particulièrement celles de la comté d'Alès, les archives du duché de Guines dont les fiefs étaient dispersés en Artois et dans les Flandres. La juxtaposition de ces deux types de fonds éclaire, de la manière la plus suggestive, les aspects particuliers qu'a revêtus la féodalité dans le Nord et dans le Midi de la France. Il s'agit dans les deux cas de fonds d'archives qui, par bonne fortune, sont demeurés intacts dans leurs éléments essentiels. Leur comparaison permet de voir comment se sont développées, en fonction d'un substrat humain et de traditions juridiques différents, des institutions dont le principe est théoriquement identique. Nous savons, certes, que les structures de la féodalité méridionale ne sont pas le reflet fidèle de ce qu'elles ont été dans les pays d'entre Loire et Rhin qui en offrent le modèle le plus achevé ; cependant rien mieux que le rapprochement des documents qu'elles ont laissés ne permet d'en percevoir les nuances et d'en sentir les contrastes. Qu'il s'agisse de ces somptueux tableaux généalogiques rehaussés de blasons en couleurs, des dénombrements de fiefs nobles et de cottiers roturiers, en passant par ces chartes du XIIIe et du XIVe siècle déjà rédigées en français, - plus exactement en un délicieux dialecte picard - alors qu'à la même époque règne dans le Midi le latin des notaires, de multiples indices révèlent les différences de modes de vie, de mentalités, de rapports humains et, pour tout dire, de cultures. Ce n'est pas un des moindres intérêts du chartrier de Castries que de faciliter une telle confrontation ; les documents qui y sont rassemblés pourront alimenter de nombreuses études et il faut savoir gré à M. le duc de Castries d'avoir eu la hauteur de vues et la générosité de l'ouvrir à la recherche historique.
Jean SABLOU Directeur des services d'archives du Gard.
ÉTAT SOMMAIRE DU CHARTRIER DE CASTRIES
I. - MAISON DE LA CROIX DE CASTRIES
BRANCHE AÎNÉE
306 AP 1-2 bis. Inventaires.
306 AP 3-4. Généalogies.
306 AP 5 à 16. Famille de Castries.
306 AP 17 à 39. Maréchal de Castries.
306 AP 40 à 51. Ducs de Castries.
306 AP 52 à 109. Famille de Castries.
306 AP 110 à 117. Familles alliées.
306 AP 118 à 151. Marquisat de Castries.
306 AP 152 à 167. Terres en Bas-Languedoc.
306 AP 168 à 174. Hôtels à Paris.
306 AP 175 à 181. Divers.
BRANCHE CADETTE
306 AP 182 à 209. Famille de Castries.
306 AP 210 à 222. Familles alliées.
306 AP 223 à 254. Terres en Bas-Languedoc.
306 AP 255. Porquerolles.
306 AP 256 à 270. Procès, divers.
II. - COMTÉ D'ALÈS
306 AP 271-272. Inventaires.
306 AP 273 à 275. Titres de propriétés et actes féodaux.
306 AP 276 à 295. Saint-Hilaire-de-Brethmas.
306 AP 296 à 306. Saint-J Jean-de-Gardonnenque.
306 AP 307 à 314. Saint-Jean-du-Pin.
306 AP 315 à 327. Laval-Pradel.
306 AP 328 à 339. Saint-Julien et Saint-Martin-de-Valgalgues.
306 AP 340 à 348. Bagard.
306 AP 349-350. Mas-Dieu.
306 AP 351 à 355. Soustelle.
306 AP 356 à 360. Saint-Étienne-de-Valfrancesque.
306 AP 361 à 404. Terriers généraux.
306 AP 405 à 408. Sommaires généraux.
306 AP 409 à 419. Plans, procès et papiers terriers.
306 AP 420 à 455. Mouvance active (dossiers).
306 AP 456 à 473 bis. Registres des hommages.
306 AP 474 à 480. Seigneurie de Saint-Andéol-de-Trouilhas.
III. - MINES DE LA GRAND-COMBE
306 AP 481 à 485. Généralités, titres.
306 AP 485 à 494. Correspondance.
306 AP 495 à 504. Gestion.
306 AP 505 à 539. Comptabilité.
IV. - MAISON DE BONNIÈRES DE GUINES
1° FAMILLES DE BONNIÈRES
306 AP 540 à 568. Inventaires et généalogies.
306 AP 569 à 600. Bonnières de Souastre de Guines.
306 AP 601 à 606. Duc de Guines.
306 AP 607. Bonnières de Guines.
306 AP 608. Seigneurs de Hames.
306 AP 609 à 611. Bonnières Deffrennes.
306 AP 612 à 625. Bonnières d'Auchy.
306 AP 626 à 628. Bonnières de la Vichte.
2° FAMILLES ALLIÉES
306 AP 629-630. D'Halluin.
306 AP 631 à 639. De Buissy et Asset.
306 AP 640 à 654. De Beaufort, Penel et Gongnies.
306 AP 655 à 682. De Créquy, d'Aboval, du Chastel-Howarderie et de Hau rech.
306 AP 683 à 695. De Montbron.
306 AP 696 à 713. De Melun-Cottenes.
3° FIEFS ET SEIGNEURIES
306 AP 714 à 757. Souastre.
306 AP 758 à 762. Les Ouvencourts.
306 AP 763 à 814. Maisnil.
306 AP 815 à 833. Béalencourt.
306 AP 834 à 857. Agny et Naves.
306 AP 858 à 873. Rimboval.
306 AP 874 à 902. Villers-Brûlin.
306 AP 903 à 909. Petit-Berlette.
306 AP 910 à 950. Lens.
306 AP 951 à 994. Cottes-Saint-Hilaire.
306 AP 995 à 997. Illies et Gamand.
306 AP 998-999. Hérin.
306 AP 1000 à 1007. Rocourt-en-l'Eau et Magnicourt-en-Comté.
306 AP 1008 à 1010. Hingettes et Locon.
306 AP 1011. Les Oresmeaux-en-Annequin.
306 AP 1012. Broeucq-en-Breuvry.
306 AP 1013 à 1018. Amettes.
306 AP 1019 à 1062. Bailleulmont.
306 AP 1063 à 1113. Pommier.
306 AP 1114 à 1145. Humbercamps.
306 AP 1146 à 1148. Noulette.
306 AP 1149 à 1151. Boisleux-au-Mont et Boisleux-Saint-Marc.
306 AP 1152 à 1155. La Lacque.
306 AP 1156-1157. Averdoingt.
306 AP 1158 à 1179. Seigneuries diverses.
4° COMPTABILITÉ
306 AP 1180 à 1187. Souastre, Maisnil, Agny, Naves, etc.
306 AP 1188 à 1210. Souastre.
306 AP 1211 à 1234. Maisnil.
306 AP 1235 à 1245. Villers-Brûlin.
306 AP 1246 à 1251. Rimboval.
306 AP 1252 à 1262. Courtisempire.
306 AP 1263 à 1299. Agny et Naves.
306 AP 1300 à 1346. Bailleulmont, Pommier et Humbercamps.
306 AP 1347 à 1387. Agny, Souastre, Villers-Brûlin, Maisnil, Rimboval, Noulette, etc.
306 AP 1388 à 1399. Divers.
306 AP 1400 à 1426. Vendegies-au-Bois, Beaurain et La Neuville.
306 AP 1427 à 1431. Hérin, Illies et Gamand.
306 AP 1432-1433. Cottes-Saint-Hilaire et autres.
306 AP 1434 à 1442. Biens en Flandre.
306 AP 1443 à 1458. Divers.
306 AP 1459 à 1476. Administration des biens, XIXe siècle.
306 AP 1477 à 1482. Affaires diverses.
306 AP 1483 à 1495. Procès.
306 AP 1496 à 1504. Correspondance d'affaires ; résidus.
V. - MAISON DE MAILLY-MAMEZ
306 AP 1505 à 1513. Généalogies.
306 AP 1514 à 1541. Titres Mailly-Mamez et alliés.
306 AP 1544 à 1633. Seigneurie des Gavelens en Verlinghem.
306 AP 1634 à 1667. Seigneuries de Cahen et Cauchy.
306 AP 1668 à 1675. Seigneurie de Sainte-Aldegonde.
306 AP 1676 à 1679. Attiches.
306 AP 1680 à 1682. Ebblinghem.
306 AP 1683. Noircarmes-en-Zudausques.
306 AP 1684-1685. Wignacourt.
306 AP 1686-1687. Coquerel-en-Rély.
306 AP 1688 à 1694. Divers.
VI. - ADDENDA AU CHARTRIER
306 AP 1695 à 1697. Famille de La Croix de Castries.
306 AP 1698 à 1707. Marquisat de Castries.
306 AP 1708 à 1711. Figaret, Saint-Geniès-des-Mourgues.
306 AP 1712 à 1715. Cadenet, Sussargues, Saint-Brès, Meirargues.
306 AP 1716. Divers.
306 AP 1717. Armorial de Castries.
306 AP 1718. Livre d'or du château de Ca tries.
306 AP 1719-1720. Colonel Henri de Castries.
Identifiant de l'unité documentaire :
306AP/1-306AP/1720
Identifiant de l'Inventaire d'archives :
FRAN_IR_003449
Type :
inventory
Mises à jour :
  • Converted_apeEAD_version_2015-06-SNAPSHOT
  • Publication :
    Archives nationales
    1975
    Références bibliographiques :
    Références bibliographiques :
    I. - CASTRIES
    CASTRIES (duc de),Castries. Notice historique et descriptive, Paris, s. d., in-4°.
    MALLET (Louis),Une exploitation agricole dans le Midi(le domaine de Castries[fig.]), [Annuaire de l'association des anciens élèves de l'école d'Agriculture de Montpellier, 1896].
    VILLEMAGNE (abbé A.),Sentence arbitrale entre les châteaux de Castries et de Castelnau-le-Lez au sujet des ténements Puech Cabrier, Malmari, au XIVe siècle(Plaquettes castelnoviennes, II), Montpellier, 1914.
    FAMILLE DE LA CROIX DE CASTRIES
    Dictionnaire de biographie française, Paris, t. VII, colonnes 1397-1402.
    ANSELME (Père),Histoire généalogique, t. IX, p. 207, 281.
    CHESNAYE-DESBOIS (La),Dictionnaire de la Noblesse, t. V.
    HOZIER (d'),Dictionnaire et Armorial général de France.
    LA ROQUE (L. de),Armorial du Languedoc, t. I, p. 273-277.
    CHAIX-D'EST-ANGE,Dictionnaire des familles françaises, t. XII.
    MARÉCHAL DE CASTRIES
    CASTRIES (duc de),Le maréchal de Castries(1727-1800), préface du duc de Lévis-Mirepoix, Paris, A. Fayard, 1956, 1 vol.Le testament de la monarchie : I. La guerre de l'Indépendance américaine (1776-1784) ; II. L'Agonie de la royauté (1784-1792) ; III. Les émigrés (1789-1814) ; IV. De Louis XVIII à Louis-Philippe (1815-1848), Paris, A. Fayard, 1958-1965, 4 vol.
    GERMINY (Marc de),Le maréchal de Castries (Revue critique des idées et des livres), novembre 1912.
    LECLÈRE (Micheline),Les réformes de Castries(Revue des questions historiques, janvier 1937).
    CHAPUISAT (Édouard),Mallet du Pan et le maréchal de Castries, Genève, 1948.
    LAFONT (Ernest),Théodore de Léonard, émigré(secrétaire du maréchal de Castries), Agen, 1925.
    II. - ALÈS
    COMTÉ ET BARONNIE D'ALÈS
    BARDON (Achille),Histoire de la ville d'Alais de 1250 à 1340, Nîmes, 1894, 236 pages.
    BARDON (Achille),Histoire de la ville d'Alais de 1341 à 1461, Nîmes, 1896, pages 384-CLXXXVIII.
    BARDON (Achille),La rivalité entre les deux seigneurs d'Alais, 1348-1378(Revue du Midi , 1895, p. 501-516).
    BARDON (Achille),Notes chronologiques pour servir à l'histoire d'Alais, 1891.
    BRUYÈRE (chanoine Marcel),Alès, capitale des Cévennes. Vie politique, religieuse, intellectuelle, économique et sociale, Nîmes, 1948, 808 pages, ill.
    COURTOIS DE PÉLISSIER (R. de), Donation du comté d'Alais (Nouvelle revue du Midi, 1925, p. 559-563).
    COURTOIS DE PÉLISSIER (R. de),La vicomté d'Alès à la fin du XVIe siècle(Nouvelle revue du Midi, 1927, p. 45-54).
    HOMBRES (Maximin d'),Alais, ses origines, sa langue, ses chartes, sa commune et son consulat(Société scientifique et littéraire d'Alais, 1870, p. 185-385).
    POURCHER (abbé P.),Histoire de la confrérie des cordonniers, suivie d'autres documents inédits sur le Gard et la ville d'Alais, Saint-Martin-de-Boubaux, 1892, 464 pages.
    TROULHAS (Numa),Études sur Saint-Germain-de-Montaigu et sur quelques points touchant l'histoire du vieil Alais(Société scientifique et littéraire d'Alais, 1891, p. 109-137).
    FIEFS ET SEIGNEURIES DE LA MOUVANCE D'ALÈS
    Alès.
    COURTOIS DE PÉLISSIER (Raoul),La Bedosse et ses seigneurs, 1308-1908(Revue du Midi, 1909-1910).
    Anduze.
    CHASTANG (André),Histoire d'Anduze, Anduze, 1952, 126 pages, in-8°.
    VIGUIER (A. L. G.),Notice sur la ville d'Anduze et ses environs, Paris, 1823, 260 pages, in-8°.
    BERTIER DE SAUVIGNY,Généalogie de la Maison d'Anduze(dans Généalogie de la famille Baschi d'Aubais, p. 231-244), Lille, 1885, in-f°.
    Aujac.
    BONDURAND (Édouard),Mémoire sur la paroisse d'Aujac(Société scientifique et littéraire d'Alès, 1882, p. 252-255).
    Cendras.
    CHARVET (G.),Notice historique sur l'abbaye de Cendras(Bulletin du comité de l'art chrétien, Gard, 1880, p. 393-421).
    Lasalle et la Salendrenque.
    CAZENOVE (Arthur de),La Salindrinque, étude historique, Cahors, 1901, 152 pages, in-8° (extrait du Club Cévenol).
    MALZAC (Dr Louis),La Salle, les Lasallois, leurs origines, Montpellier, 1910, 87 pages, in-8°.
    Mialet.
    CADIX (Gaston),Les vieux castels de la Forest et d'Aubignac à Mialet en Cévennes, Anduze, 1961, 24 pages, in-4°.
    Peyremale.
    DURAND (Ernest), NNouvelles notes pour la monographie de Peyremale (Gard)[Revue Cévénole, 1904], in-8°.
    DURAND (Ernest),Une étude notariale au village de 1597 à 1897(Notes pouvant servir à la monographie de Peyremale), Alès, 1898, 111 pages, in-8°.
    Saint-André-de-Valborgne.
    Roux (Henri),Mémoire historique sur Saint-André-de-Valborgne et ses environs(Revue du Midi, 1899-1901).
    Saint-Christol-lès-Alès.
    ROUVIÈRE (H.),Le vieux château de Montmoyrac(Société scientifique et littéraire d'Alès, 1893, p. 73-83).
    Saint-Félix-de-Pallières.
    DURAND (Ernest),Une transaction du XV siècle à Saint-Félix-de-Pallières (Gard)[Revue du Midi, 1892, p. 439-448].
    Saint-Jean-du-Gard et la Gardonnenque.
    BERNARDY (André),Remontons la Gardonnenque, Uzès, 1961, 365 pages, in-8°.
    CADIX (Gaston),Saint-Jean-de-Gardonnenque, si ce vieux bourg Cévenol nous était conté, Uzès, 1960, 90 pages, in-4°.
    DELHORMEAU (Charles),Aperçu sur l'histoire de Saint-Jean-du-Gard, 1970.
    Sauve.
    GERMAIN (Jean),Sauve, antique et curieuse cité(prix de l'Académie française), Montpellier, 1952, 491 pages, in-4°.
    CLÉMENT (Pierre),Le Salavès. Étude monographique du canton de Sauve (Gard), Anduze, 1953.
    CARRIÈRE (abbé Jean),Notice sur le monastère de Sauve, Avignon, 1885.
    DURAND (Albert),L'échange de Montpelliéret contre la baillivie de Sauve(Bulletin du comité de l'art chrétien, Gard, t. IV, p. 344).
    DURAND (Albert),L'abbaye de Sauve (Bulletin du comité de l'art chrétien, Gard, t. II, p. 357).
    Thoiras.
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    Tornac.
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    Vézenobres.
    BARDON (Achille),Chronologie des seigneurs de Vézenobres de 1240 à 1789(Mémoires de l'académie de Nîmes, 1896, p. 165-193).
    REDIER (J.),Histoire de Vézenobres(Revue du Midi, 1898-1899).
    FIEFS ET SEIGNEURIES EN GÉVAUDAN
    PANTEL (A.) et SERVIÈRE (E.),Seigneuries cévénoles (Revue du Gévaudan des Causses et des Cévennes, 1966, p. 13-15).
    BOULLIER DE BRANCHE (Henri),Feuda Gabalorum, t. I et t. II, Nîmes, 1938-1940, p. 191-545, in-8°.
    TINTHOIN (Robert),La Gardonnenque lozérienne du XVIe au XIXe siècle(Revue du Gévaudan, des Causses et des Cévennes, 1964-1965).
    LESCURE (Vicomte de),Armorial du Gévaudan, Lyon, 1929.
    BOYER (A.),Notes sur l'histoire de Florac, Cahors, 1909, in-8°.
    DUPOUY (Lise),Les protestants de Florac de la révocation de l'Édit de Nantes à l'édit de tolérance(Revue du Gévaudan, des Causses et des Cévennes, 1964).
    PASTRÉ (G.),Les seigneurs de Florac du début du XIIIe siècle à la fin du XIVe siècle. Position des thèses de l'École des chartes, 1929.
    POUJOL (R.),Les châteaux du Floracois(multigraphié).
    SAINT-PIERRE (frère),Montbrun-sur-Tarn, 1973 (multigraphié).
    III. - MINES DE LA GRAND-COMBE
    ABRIC,Note statistique sur le bassin houiller d'Alais et les concessions de la Grand-Combe(Mémoires de l'académie de Nîmes, 1833, p. 123-153).
    BARDON (Achille),L'exploitation du bassin houiller d'Alais sous l'Ancien Régime, Nîmes, 1898, 384 pages, in-8°.
    CABISSOLE (de),Histoire du bassin houiller d'Alès(Société scientifique et littéraire d'Alès, 1900, p. 6-23).
    Compagnie des Mines de la Grand-Combe(Nîmes et le Gard, t. II, p. 125-148).
    IV. - FAMILLE DE BONNIÈRES DE GUINES
    DUCHESNE (André),Histoire généalogique de la maison de Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy, et de quelques autres maisons illustres qui y ont été alliées..., Paris, 1631, 388 pages.
    LA CHESNAYE-DESBOIS,Dictionnaire de la noblesse, t. X (art. Guines) et III (col. 513-515, art. Bonnières).
    DENIS DU PÉAGE (Paul),Notes généalogiques sur quelques familles d'Artois et des Flandres, Lille, 1951, t. II.
    Lieu de conservation :
    Pierrefitte

    Archives nationales