Inventaire d'archives : Cartes postales de Vaucluse

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Les cartes postales conservées en sous-série 7 Fi ont été constituées en collection factice, excluant les doubles vues identiques, avec un classement par commune dans les limites géographiques du seul département de Vaucluse. L'ordre alphabétique est celui des communes - les lieux-dits sont intégrés dans la commune du ressort - et deux entités géographiques ("mont Ventoux" et "Dentelles de Montmirail") ont été rejetées à la fin.
Sous chaque commune, un plan thématique permet de regrouper les cartes par lieux, types de bâtiments et scènes représentées. Les vues générales sont classées toujours en tête ; les cartes de type fantaisie n'ont pas été comprises dans cet instrument de recherche.
La période couverte couvre les dernières années du XIXe siècle jusqu'aux années 1960, avant le grand essor de la carte postale en couleurs ; le choix de maintenir une coupure entre ces deux techniques de la carte postale a paru se justifier de façon à ne pas retarder plus longtemps l'achèvement du présent instrument de recherche, le deuxième ensemble étant encore loin d'être analysé (il constitute la sous-série 8 Fi).
La quasi-totalité des communes du département de Vaucluse sont concernées par ces cartes photographiques dont la valeur documentaire est réelle ; si des villes comme Avignon et Orange l'emportent indiscutablement en quantité par le nombre de vues, c'est en raison des monuments anciens qu'elles renferment, qu'il s'agisse du palais des Papes, dont on suit les chantiers de restauration, ou des monuments romains (théâtre et arc de triomphe d'Orange) sur lesquels s'est focalisé l'œil des photographes. Mais les petites villes et les villages vauclusiens sont tout autant représentés. Quant aux sites naturels comme la Fontaine de Vaucluse et le mont Ventoux, ou encore les gorges de la Nesque, les Dentelles de Montmirail, ils ont donné lieu à bien des prises de vues.
La carte postale donne à voir surtout des monuments – dont certains sont aujourd'hui détruits ou transformés -, des paysages, des sites exceptionnels, des moyens de transport témoins de la modernité (gares et trains), les activités traditionnelles du monde agricole et du commerce, la vie quotidienne.
Les activités de tous les jours et celles occasionnelles (courses, pèlerinages, exercices militaires) ne sont pas moins absentes ; par la présence de groupes de personnages, elles mettent une fugace animation sur des images trop souvent figées.
Un tel corpus permet de s'interroger aussi sur la représentation que l'on veut donner de son village : est-ce une vue générale, un site remarquable, ou les quelques monuments historiques qui sont la fierté de la commune, voire les nouveaux monuments de la République (mairie, école, bureau de poste) ? Ou simplement des villageois, qui prennent la pause, dans un environnement que rien ne paraît altérer, comme ces joueurs de boules de Saint-Martin-de-la-Brasque. Car c'est un monde rural encore traditionnel, avec ses marchés, ses travaux agricoles, ses usages et ses fêtes, que fixe le projecteur et que diffuse la carte postale, comme le révélateur d'une époque.

Publication :

2019

Informations sur le producteur :

Éléments historiques
Parmi les sources iconographiques, les cartes postales représentent à l'instar des photographies, des documents privilégiés dans le sens où elles fournissent des clichés instantanés, souvent non dépourvus de qualités artistiques, de monuments et de sites sur une période chronologique restreinte qui voyait déjà d'importants changements et bouleversements dans l'approche du patrimoine architectural et dans les progrès de l'urbanisme.
Venue des ïles britanniques où elle commença à se développer dans les années 1860, la carte postale n'a vraiment pris son essort qu'à partir des années 1880, pour connaître un véritable âge d'or entre 1900 et 1920.
La carte postale illustrée d'une reproduction photographique aurait été lancée par l'éditeur marseillais Piazza, en 1891. Très vite, l'édition privée se lance dans la course : ce sont généralement des imprimeries locales, comme les Revoul à Carpentras, qui élargissent leurs activités par l'impression de cartes postales en s'associant à des photographes qui leur vendent leurs clichés (ainsi voit-on apparaître le nom du photographe, collectionneur et archéologue Marc Deydier sur des cartes des localités du pays d'Aigues). Les maisons Jouve et Colange (à Apt), Th. puis L. Revoul ("Aux dix mille articles", à Valréas), Prévot, F. Beau (à Avignon), J. Brun (Carpentras), se sont fait une spécialité de l'édition de cartes postales locales et ont ainsi procédé à une "couverture" photographique exhaustive de leur ville et de leur canton. Mais les éditeurs parisiens ne sont pas absents, tels Neurdein frères, Lévy, Yvon, ou régionaux comme E. Lacour et Guende, de Marseille.
En soixante ans, la carte postale est passée des vues « en nuage » des années 1890 sur lesquelles on laisse de la place à la correspondance, à la carte « pleine feuille » en noir et blanc dont le succès ne se démentit pas de 1900 et 1930 : qualité technique et diversité des sujets sont au rendez-vous. Et les personnages ou les moyens de locomotion ne sont pas exclus, bien au contraire car ils animent le paysage. La carte postale est aussi devenue un outil de correspondance très prisé et à moindre coût, qu'on peut se procurer dans le moindre dépôt de tabac ou libraire.
Une période de relâchement avec de médiocres innovations comme l'introduction de la couleur sépia et de la teinte indigo, qui règne une trentaine d'années sur la carte postale, s'en suivit au cours de l'entre-deux-guerres et jusque dans les années 1950. On se contenta alors de reproduire des clichés vieux de plusieurs années ce qui donne un caractère de monotonie ou de déjà vu ; les images perdent en qualité, de même que le support cartonné, assez médiocre, qui relègue la carte postale à un simple outil de la correspondance.
L'arrivée après la guerre de la carte postale en noir et blanc, sur support brillant, souvent à bords dentelés, peut être associée à de nouvelles maisons d'édition qui finissent par racheter les droits des anciennes ; certaines innovent complètement avec des vues aériennes (Combier, à Mâcon, pour la marque CIM) ; on doit à ces dernières des vues prises à basse altitude de grande qualité, des villages et des villes de Vaucluse au cours des années 1950, c'est-à-dire avant la grande vague de l'urbanisation. Des photographes du département, tels F. Meyer, de Carpentras, produisent des cartes postales artistiques des principaux monuments (Sénanque) et sites (mont Ventoux).
La carte couleur, déjà présente mais avec des résultats plus ou moins heureux dans la production de l'entre-deux-guerres - sans parler des quelques lithochromes du début du XXe siècle - s'impose réellement dans les années 1960, et en vient à supplanter la carte postale en noir et blanc, (qui se maintient encore jusque dans les années 1970).
Cette évolution de la technique ouvrit un second âge d'or de la carte postale au cours des années 1970-2000 avec le développement du tourisme et l'envoi de la carte souvenir. C'est là un second corpus iconographique non présent ici, qui a été constitué aux Archives de Vaucluse ; si les sujets y perdent en originalité, ils laissent la part toujours aussi belle aux richesses artistiques et monumentales, ainsi qu'aux sites naturels remarquables du département, tout en continuant de témoigner de la réalité des lieux.

Informations sur l'acquisition :

Informations sur les modalités d'entrée
La collection a été constituée de l'apport régulier de dons de particuliers, d'institutions, d'envois de la part de divers services d'archives communales et départementales, d'un lot remis par la bibliothèque Forney (Paris) et de quelques achats.
C'est aussi une collection ouverte qui s'enrichit encore chaque année de nouvelles pièces.

Description physique :

Description physique: Document d'archives

Nombre d'éléments
Nombre d'éléments: 2928 cartes postales en 12 albums
Métrage linéaire
Métrage linéaire: 0,80

Ressources complémentaires :

Sources complémentaires aux archives départementales de Vaucluse
Série J
1 J 1276 : album des récits d'excursions, sur cartes postales, de Laure Chaffard (1903-1955)
Série Fi
8 Fi : cartes postales de Vaucluse (postérieures à 1965)
9 Fi : collection de cartes postales Jacques de Font-Réaulx (France et étranger)
18 Fi : photographies aériennes Combier (35 photographies prises à basse altitude pour l'entreprise de photo-imprimerie J. Combier à Mâcon, marque de cartes postales CIM, 1952-1966)
21 Fi 1-12, 15-16, 18-31, 34-35, 38-41 : carnets de cartes postales détachables (Apt, Avignon, Carpentras, Lumières, Orange, Pertuis, Piolenc, Vaison, Fontaine-de-Vaucluse, mont Ventoux)
21 Fi 33 : album de cartes postales de Laure Chaffard (Vaucluse, 1900-1940)
21 Fi 44 : album Paillon (photographies, cartes postales de la guerre 1914-1918, Vaucluse, France)
36 Fi : collection de cartes postales Huberti

Références bibliographiques :

Bibliographie
Ripert (Aline), Frère (Claude), La carte postale. Son histoire, sa fonction sociale. Lyon, 1983.
Bercaire (Joël), Introduction au Répertoire numérique des collections de cartes postales du Tarn (sous-série 7 Fi). Albi, archives départementales du Tarn, 1999.
Contrucci (Jean), Dominique Piazza. De l'invention de la carte postale photographique à la construction du théâtre Silvain, Un destin marseillais, HC Éditions, 2009.

Type de document :

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAD084_IR0001612

Où consulter le document :

Archives départementales de Vaucluse