Inventaire d'archives : Fonds Auguste Boucher et Léon Lavedan (1815-1920)

Institution de conservation :

Archives nationales

Contenu :

  • 305 AP 1-4. Auguste Boucher. 1837-1910.
  • 305 AP 5-10. Léon Lavedan et son fils Henri. 1629-1920.
  • 305 AP 11. Supplément. Cartes postales et reproductions de tableaux et de sculptures. 1926-1948.

Identifiant de l'unité documentaire :

305AP/1-305AP/11

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAN_IR_005206

Type :

inventory

Mises à jour :

  • Converted_apeEAD_version_2015-06-SNAPSHOT
  • Publication :

    Archives nationales
    1969

    Conditions d'accès des documents :

    Librement communicable.

    Conditions d'utilisation :

    Reproduction autorisée.

    Informations sur l'acquisition :

    Don de madame François Boucher, 1968.

    Références bibliographiques :

    Informations extraites de l’introduction de l’inventaire semi-analytique de M. Guillot.
    Informations sur le producteur :
    Orphelin en 1845, Auguste Boucher (1837-1910) poursuivit ses études au collège, destiné au commerce par sa famille. Il fit vers 1858 un séjour en Angleterre et prépara Normale supérieure au Lycée Napoléon en 1859. Sorti de l’École normale en 1861, il fut nommé professeur au lycée d’Orléans en 1862. Il se vit chargé du cours spécial pour jeunes filles créé par Victor Duruy et, à ce titre, fut en butte aux critiques de Mgr Dupanloup. Durant la guerre de 1870, Boucher se dévoua pour les blessés de l’armée de la Loire. En 1871, il soutint la cause conservatrice et collabora au Journal du Loiret. En 1875, il entra au Français et au Correspondant. Il s’installa à Paris et organisa le bureau de presse de Philippe, comte de Paris (1838-1894). La mort du comte de Chambord en 1883, puis les positions intransigeantes du comte de Paris interrompirent cette collaboration. Boucher reprit sa collaboration auJournal du Loiret.Il y resta jusqu’en 1907. Après la mort, en 1877, de sa première femme, née Dumont, Boucher était devenu le gendre de Léon Lavedan en 1880. Journaliste à Orléans, Léon Lavedan (1826-1904), après avoir collaboré à laFrance centrale,fonda leMoniteur du Loiret. Lavedan vint à Paris en 1858, collabora à l’Ami de la Religionjusqu’en 1862 et reçut les encouragements de Guizot et de Thiers. Il écrivit ensuite pour leCorrespondantet laGazette de France. Informateur de presse pour les journaux conservateurs et monarchistes de province, Lavedan fut nommé par Thiers préfet de la Vienne puis de la Loire-Inférieure (1871). Administrateur-adjoint de la Bibliothèque nationale (1874), il reprit la direction du Correspondant (1875). Directeur de la Presse au ministère de l’Intérieur (1877), il collabora ensuite auFigarosous le pseudonyme de Philibert de Grandlieu. Il quitta la direction duCorrespondanten 1902.
    Mise en forme :
    Le fonds BOUCHER-LAVEDAN, récemment entré aux Archives nationales, vient compléter, dans la Série des Archives privées, plusieurs fonds relatifs à l'histoire du Journalisme et de la vie politique en France au début de la III° République.
    Donné par Madame François BOUCHER, belle-fille d'Auguste BOUCHER, lui-même gendre de Léon LAVEDAN, il se compose de 9 cartons comprenant principalement des correspondances et brouillons d'articles de journaux résumant l'activité intellectuelle de deux hommes qui furent, en leur temps, des représentants de la tendance conservatrice qui présida, au-delà même du gouvernement de l'Ordre moral, à la naissance de la vie politique française entre 1870 et 1914.
    LAVEDAN et son gendre BOUCHER eurent en commun deux caractéristiques essentielles : ils étaient par leur naissance, leurs options ou leur éducation, conservateurs et orléanais.
    C'est en effet autour d'Orléans, l'Orléans de Mgr DUPANLOUP, de Louis VEUILLOT et duJournal du Loiret, organe des monarchistes modérés du centre de la France, que s'ordonne la majeure partie de leurs activités régionales.
    Ces activités devaient toutefois les conduire assez rapidement à fréquenter, leur talent littéraire aidant, les plus grands noms de l'opposition conservatrice ou catholique de leur temps. Le Journal l'Ami de la Religionpuis la revue leCorrespondant, qu'ils animèrent l'un et l'autre de 1875 à 1902 leur firent rapidement dépasser les limites du monde des monarchistes exclusifs. LAVEDAN fut l'ami et le confident du duc de BROGLIE, dont plus de 250 lettres figurent dans les cartons donnés par Madame François BOUCHER ; il fut aussi l'intime du comte de FALLOUX dont plus d'un millier de lettres retracent à la fois les diverses étapes de la carrière politique et les événements familiaux.
    A ce fonds, complété, suivant la coutume du siècle dernier par les lettres envoyées par LAVEDAN lui-même et rendues à la mort du duc par ses héritiers, viennent s'ajouter des pièces diverses achetées chez des marchands d'autographes et provenant de BERRYER, LAMMENAIS et TELLEYRAND.
    Auguste BOUCHER, avant d'être le gendre de LAVEDAN, fut son collaborateur. Il était, pour sa part, orléanais d'adoption. Nommé professeur au Lycée d'Orléans en 1861, au sortir de l'Ecole Normale, il se vit chargé du cours spécial pour jeunes filles créé par Victor DURUY et à ce titre, en butte aux critiques de Mgr DUPANLOUP. C'est de cette époque, également que semble dater l'opposition irréductible qui devait naître entre LAVEDAN et VEUILLOT, tous deux Orléanais, certes, mais affichant dans la presse parisienne une conception bien différente des rapports de l'Eglise et de l'Etat, de Rome et de Paris. LAVEDAN s'en souviendra sans doute quand ; devenu Directeur de la Presse au Ministère de l'Intérieur, il constituera un dossier qui ressemble fort à un réquisitoire sur son adversaire.
    A ce moment (1875), les tentatives de rapprochement entre le nouveau régime du maréchal de MAC-MAHON et les milieux monarchistes ayant échoués, BOUCHER fut chargé d'organiser le bureau de presse et la propagande électorale du Comte de PARIS. Cette période de son activité (1873- 1883) nous fournit un intéressant dossier de correspondance qui témoigne de la fidélité tout à fait désir téressée des monarchistes français au moment où les prétendants, dans lesquels ils avaient placé tous leurs espoirs, quittaient le sol national.
    La mort du comte de CHAMBORD, survenue en 1883, puis les positions intransigeantes du comte de PARIS, en 1887, devaient venir interrompre cette collaboration sans toutefois supprimer le respectueux attachement de l'ancien secrétaire à la famille royale. De nombreuses lettres et photographies dédicacées en font foi.
    L'intérêt d'un tel fonds, dépasse nettement l'histoire du journalisme. Il touche, par les personnes avec qui BOUCHER et LAVEDAN furent en rapport et par les fonctions qu'ils exercèrent, à plusieurs secteurs importants de l'histoire nationale. Histoire des idées monarchies tes en conservatrices, tentatives de conciliation entre les BOURBONS et la République, au temps de MAC-MAHON, histoire de la lutte menée, à la fin du XIX° siècle, par les catholiques français pour défendre, chacun avec son tempérament et avec les moyens dont il disposait, les libertés religieuses essentielles et dont maintes lettres de prélats et de religieux font foi. Histoire internationale, enfin, avec les quelques témoignages d'officiers américains sur la conduite du duc de CHARTRES durant la guerre de Sécession.
    L'histoire locale de plusieurs départements français, elle aussi, bénéficie de cet important versement. Le Loiret, d'abord, dont les Archives ont presque totalement disparu durant le dernière guerre, figure à travers la correspondance et les notes relatives auJournaldépartemental et aux cours public de jeunes filles qui opposèrent, en 1867, le jeune professeur de lycée et l'évêque d'Orléans. La Vienne, enfin, dont LAVEDAN fut préfet au lendemain de la guerre franco-prussienne et qui fournit trois gros dossiers relatifs aux élections et à la vie politique et religieuse d'un département dont le remuant évêque, Mgr PIE, fut très surveillé sous l'Empire.
    Un dernier dossier, groupant des lettres et quelques notes relatives à Henri LAVEDAN, académicien français, esquisse, plus qu'il ne résume, l'activite patriotique et charitable du fils du grand journaliste durant la première guerre mondiale.

    Origine :

    Boucher, Auguste (1837-1910)
    Lavedan, Léon (1826-1904)

    Description physique :

    9 cartons (305AP/1-11) ; 1,1 ml.

    Lieu de conservation :

    Pierrefitte