Inventaire d'archives : Fonds Henri Jarrié

Contenu :

Présentation du contenu
Ce fonds est celui d'un compositeur qui se préoccupait davantage de faire jouer des oeuvres que d'en garder une trace immuable. D'où une abondance de partitions photocopiées et quelques manques de manuscrits originaux. Ceux-ci étaient transmis aux interprètes plus volontiers que les photocopies. Souvent, ces productions sont précieuses : elles peuvent être plus complètes que les originaux; parfois, elles témoignent même de légères modifications apportées au moment d'une seconde copie.
Un autre fait est à souligner : la mouvance des titres. Citons pour exemple les "Quatre épisodes pour trio" avec piano, qui ont été transformés en "Trio pour vous" lors de l'envoi de la partition, et que la "tradition orale" des musiciens a nommé "Quatre esquisses" ! Ainsi, et à plusieurs reprises, la Sacem a pu enregistrer deux titres pour la même oeuvre.
Cet inventaire est une première plongée dans les sources d'une oeuvre, il reste à en suivre le cours. La présentation chronologique témoigne de ce mouvement d'une pensée et aussi de son accroche avec les circonstances : rencontres, commandes, volonté de participer à la pratique des autres...
Les analyses des partitions sont rédigées sous la forme suivante à partir du catalogue des oeuvres musicales établi par Marie-Paule Piroud, Chargée de mission à Arcade :
[Titre de classement. Distribution d'exécution] Version ou Esquisse...
Lorsqu'il y a lieu : Titre pris sur sur la parition. - Type de document. - Date du document. - Description matérielle.
Zone de notes. - Les indications d'instruments sont, la plupart du temps, abrégées selon des normes internationales (ex. ob = hautbois, fag = basson, tr = trompette).
Les indications entre crochets [...] sont ajoutées par l'auteur de l'analyse : elles n'apparaissent pas sur la partition. L'abréviation "p." indique les pages au sens d'un recto et l'abréviation "f." désigne les feuillets recto-verso.
Certaines partitions ont été répertoriées mais restent à retrouver, ce sont :
[Nocturne pour le cloître. Flûte, violon, hautbois, violoncelle, basson, piano. 1965]
[Pastel. Flûte, violoncelle et harpe. 1968]
[Intensément calme et lent. Flûte, harpe. 1969]
[La Maure dans la citadelle. Choeur d'hommes, contrebasse, timbales]
Sur un texte de Bernard Mazéas.
[Sonate pour piano. 1971]
[Sonatine pour piano. 1976]
[Quintette à vent. 1985]
[Kiros. Contrebasse, percussions (2)]
[Réponses. Flûte, hautbois, piano, percussions, contrebasse. 1986].
Il existe également quelques partitions écrites à la Sainte-Baume au fil du calendrier liturgique de la communauté. Cette musique est encore régulièrement chantée dans un couvent.
Enfin, nous avons respecté l'organisation la plus évidente des dossiers thématiques constitués autour des engagements et des manifestations auxquels Henri Jarrié partiticipa tout au long de son existence. Nous avons rattaché les éléments de correspondance, peu abondants mais significatifs, aux archives liées aux évènements auxquels ils font référence ou pour lesquels un lien évident s'établit.

Cote :

64 J 1-171

Publication :

Archives départementales du Var
2009
Draguignan

Informations sur le producteur :

Origine:
Jarrié, Henri
Biographie ou histoire
Henri Jarrié est né à Bagnols-sur-Cèze (Gard) le 2 juillet 1924 dans une famille très catholique où la musique tenait une place importante. Son père, violoncelliste pendant ses loisirs, a constitué avec quelques amis un quatuor à cordes. Henri Jarrié dira souvent que son premier souvenir musical est d'avoir écouté Beethoven en cachette derrière la porte.
De ces soirées chaleureuses, il gardera la conviction que la musique est amitié avant tout. Lui-même est au piano dès l'âge de six ans.
Malgré les déceptions vecues dans un petit séminaire de piètre qualité, qui auraient pu éloigner l'adolescent de toute attirance pour l'état religieux, il entre, à l'âge de dix-huit ans, chez les Dominicains au couvent de Toulouse. Après son année de noviciat en 1942-1943, il fait ses études de théologie au couvent de Saint-Maximin (Var), où il arrive en 1944. Dans ce couvent de formation, rude école d'excellence, où, au terme de 7 années d'études de philosophie et de théologie, il obtient le diplôme supérieur des Dominicains, il est choisi pour enseigner la philosophie médiévale. Le sujet de sa thèse - La notion de sacré chez les théologiens français du XVIIème siècle - lui permet de se familiariser avec les différents aspects de la pensée et de l'art d'un siècle passionnant, et que les circonstances l'amèneront plus tard à en appronfondir l'angle musical.
Le couvent de Saint-Maximin est un lieu où passent de nombreux intellectuels et artistes. C'est là qu'il rencontre le critique et musicologue André Coeuroy qui regarde ses premiers essais de composition. Henri Jarrié prend alors confiance en lui. Cette envie d'écrire le poursuit depuis son plus jeune âge, cependant aimer la musique est une chose; en composer en est une autre. Encouragé par Coeuroy, il rencontre également à ce moment-là, grâce à des amis communs, un soir de festival d'Aix, le compositeur Louis Saguer (ami et élève de Bartok et Hindermith) et étudie avec lui l'analyse musicale et la composition.
Il s'intéresse déjà à l'orgue de la basilique alors en piteux état.
En 1952, il exerce, à Nice, son premier ministère comme aumônier des artistes et rencontre Picasso, Cocteau, Matisse et bien d'autres. Il se lie d'amitié avec Arman et Yves Klein, fondateurs de l'école de Nice, et avec le romancier Nikis Kanzantzaki.
Pendant cette période, il travaille auprès des Jeunesses Musicales de France et organise de façon régulière et soutenue des concerts et des concerts-conférences notamment pour une découverte de la "musica di chiesa" italienne du XVIIe siècle.
En 1961, bien que la fonction ne soit pas dans les usages de l'ordre des Dominicains, il obtient d'être nommé curé de la paroisse du village de Saint-Maximin. Les Dominicains sont en train de vendre le couvent (le plus grand ensemble gothique conservé de Provence - XIIIème siècle- que l'ordre a quitté en 1957 pour se regrouper à Toulouse). Son idée est de préserver à ce lieu une fonction digne de son passé. Il milite en ce sens et sera l'une des personnalités qui y crée l'Association pour la Sauvegarde du Couvent Royal de Saint-Maximin. Cette dernière sera transformée, à la fin des années 60 en un centre culturel nommé le "Collège d'Echanges contemporains".
Il lance avec Pierre Rochas les travaux de restauration de l'orgue du XVIIIe siècle, chef d'oeuvre du Frère Isnard et, ensemble, ils créent "l'Académie de l'orgue français pour l'interprétation de la musique des XVIIème et XVIIIème siècles".
Les concerts qu'Henri Jarrié programmait dans le cloître avec les musiciens, amis de passages, deviennent un véritable festival : "Les Six Soirées de Musique Française". Bernard Coutaz, qui venait de fonder la maison d'édition musicale Harmonia Mundi, vient les rejoindre. Ce sera le premier lieu où le public français pourra redécouvrir la musique baroque, mouvement qui connaîtra le succès que l'on sait aujourd'hui. Il participe, toujours avec Bernard Coutaz, à la rédaction d'articles pour la revue "Musique de tous les temps".
Sans pour autant négliger ses fonctions pastorales, Henri Jarrié s'était engagé avec une telle passion dans ces multiples activités que l'épuisement vint à bout de lui. En 1964, de graves complications de santé le conduisent aux portes de la mort. Il restera désormais toute sa vie tributaire d'une santé fragile. Toutefois, il ressort de cette épreuve affermi dans son exigence de vérité et de rigueur. Cette exigence l'amène, au terme d'une période de douloureuses interrogations, à prendre, en 1971, la décision de quitter l'état religieux et à se marier. Celle qui devient alors sa femme, Nicole Méjean, travaille depuis 1965 à Saint-Maximin comme bénévole puis salariée de l'Association de Sauvegarde du couvent.
Les deux dernières années de la vie ecclésiatique d'Henri Jarrié vont se passer à la Sainte-Baume, lieu de pélerinage situé dans un massif rocheux proche de Saint-Maximin, et confié aux frères dominicains depuis la fin du XIIIème siècle. Il y constitue et anime, en collaboration avec Philippe Maillard, le Centre culturel International de la Sainte-Baume, où ils organisent des conférences et des débats sur des thèmes philosophiques, sociologiques ou artistiques. C'est là qu'il developpe sa réflexion sur la créativité musicale et expérimente des exercices à l'adresse de jeunes et d'adultes n'ayant pas de formation musicale préalable. Il y compose également sa première oeuvre profane : "Cinq proposition pour un quatuor à cordes".
Lorsqu'il quitte définitivement l'état religieux, Henri Jarrié s'installe à Aix-en-Provence, où sa femme a trouvé du travail dans le cadre du Relais Culturel. C'est une période matériellement et socialement difficile. L'amitié de Bernard Coutaz soutient Henri Jarrié, qui n'a pas encore trouvé de travail fixe. Celui-ci lui confie la rédaction de livrets, très documentés, accompagnant l'édition chez Harmonia Mundi de 4 coffrets de disques qui font encore actuellement autorité. Une autre contribution à Harmonia Mundi sera la rédaction du livret accompagnant l'enregistrement des Etudes et des Préludes de Debussy par Claude Helffer. Il poursuit parallèlement sa réflexion sur la pédagogie musicale en direction des institutrices des écoles maternelles du Var, dans l'optique de créativité déjà entreprise à la Sainte-Baume. Il étend cette expérience à l'hôpital psychiatrique d'Aix-en-Provence à la demande de plusieurs psychiatres.
Mais les priorités sont désormais inversées. La composition musicale passe au premier plan. Le passage à Aix sera bref. dès la fin de l'année 1972, son épouse travaille, comme administrateur, au "Centre National de création et de diffusion culturelles" de Châteauvallon, créé depuis 1964, et dont le grand théâtre en plein air a été inauguré en 1970. Henri Jarrié se fixe désormais à Ollioules, près de Toulon, où l'appelle sa nomination au ministère de la Jeunesse et des Sports. Il y restera 28 ans. Durant cette période, il met au point sa méthode de créativité musicale. Cette méthode, intitulée "Tous musiciens" et éditée par la maison Schott en 1974, annonce l'enjeu. Cette même année 1974, naît leur fils Raphaël.
A la demande du ministère des Affaires étrangères français et du ministère de la Culture algérien, il est amené à faire une tournée dans les principales villes d'Algérie sur les rapports entre la musique arabo-andalouse et la musique européenne du XIIème au XIVème siècle. Après avoir participé à la création et à l'animation de plusieurs associations à caractère culturel, Henri Jarrié sentit l'importance que Toulon pouvait jouer dans la diffusion de la musique dite "contemporaine". Ainsi est née, en 1985, l'Association de Musique et d'Art Contemporain de l'Aire Toulonnaise (Amacat) qui organisera chaque printemps un Festival de musique contemporaine et dont il assurera jusqu'en 1994 la présidence.
En 2001, Henri Jarrié et son épouse, libres l'un et l'autre de leurs attaches professionnelles, décident de quitter l'aire toulonnaise pour s'installer à Aix-en-Povence, où ils espèrent passer des jours paisibles. La mort brutale dans un accident de la route de leur fils Raphaël, à l'âge de 28 ans, est un drame dont ils essaieront l'un et l'autre de ne pas accabler leur entourage. L'état de santé d'Henri Jarrié, resté toujours problématique, se dégrade et l'on diagnostique tardivement un cancer du larynx. Après de longues souffrances, il décède à l'hôpital d'Aix-en-Provence le dimanche 19 décembre 2004, à l'âge de 80 ans.

Informations sur l'acquisition :

Informations sur les modalités d'entrée
Don
Historique de conservation :
Historique de la conservation
Le fonds était conservé au domicile familial par son épouse, Nicole Jarrié née Méjean.

Conditions d'accès :

Statut juridique Archives privées Communicabilité
Communcation libre sauf cote 64 J 167 soumise à l'autorisation de Madame Nicole Jarrié

Conditions d'utilisation :

Conditions d'utilisation
Sous réserve des droits d'auteurs et ayant-droits

Langues :

Langue des unités documentaires: français, latin, provençal, grec moderne

Description physique :

Description physique: Document d'archives



Métrage linéaire
Métrage linéaire: 1.30
Nombre d'unités de niveau bas
Nombre d'unités de niveau bas: 171

Ressources complémentaires :

Sources externes
Catalogue Henri Jarrié édité par ACADE PACA sous le lien suivant : http://www.arcade-paca.com/IMG/pdf/henrijarrie.pdf

Références bibliographiques :

Bibliographie
Arcade Provence Alpes Côte d'Azur. - "Henri Jarrié,1924-3004", Arcade, octobre 2007.

Organisme responsable de l'accès intellectuel :

Organisme responsable de l’accès intellectuel: Archives départementales du Var

Type de document :

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAD083_64J

Où consulter le document :

Archives départementales du Var

Archives départementales du Var