Inventaire d'archives : Catalogue général des cartes, plans et dessins d'architecture. Tome II

Institution de conservation :

Archives nationales

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PréfaceAprès la publication d'un premier volume consacré aux cartes et plans de la ville de Paris, les Archives nationales amorcent aujourd'hui une entreprise nouvelle. Il s'agit maintenant d'inventorier tous les documents qui, de la Renaissance à la Révolution, nous ont donné une image de nos provinces.Parmi les quelque 15.000 pièces que comporte la série N abondent des documents de tout premier ordre, en particulier ces plans terriers, si riches en leçons pour les historiens de notre sol, et l'admirable ensemble de ces relevés d'abbayes, dont certaines aujourd'hui mutilées, nous permettent de retrouver ce que fut vraiment, au moment de sa splendeur, cette France monumentale dont nous nous attachons aujourd'hui à retrouver les vestiges.Une vue perspective des forêts du Valois comme celle que brossa sur parchemin un peintre local n'est pas moins évocatrice. Chargé de dresser les limites de la Gruerie de Nanteuil-le-Haudoin dans l'Oise, l'auteur nous a laissé un tableau dont la portée dépasse de beaucoup le but fixé par le contentieux. En 1606, au terme des luttes fratricides, l'artiste a représenté pour nous les murailles ruinées de Crépy et de Nanteuil, mais aussi le laboureur de retour à ses sillons, et le vigneron qui mène librement son haquet.Conjointement à ce travail scientifique d'inventaires, l'organisation du dépôt des cartes et plans des Archives nationales se perfectionne de jour en jour. Une salle de travail adaptée à la consultation de ces documents si particuliers est prête à recevoir le public et à lui donner des facilités nouvelles. Instrument de travail et salle de travail permettront aux chercheurs d'acquérir une connaissance meilleure des aspects de notre territoire. Ce catalogue contribuera, je l'espère, à sa défense et à son illustration.ANDRÉ CHAMSON de l'Académie Française, Directeur général des Archives de France.IntroductionLe présent volume qui constitue le deuxième tome duCatalogue général des cartes, plans et dessins d'architectureoffre le recensement et l'analyse des pièces contenues dans les départements de l'Ain au Nord. Il sera suivi d'un troisième tome concernant les départements de l'Oise à l'Yonne. Un quatrième tome analysera enfin les plans relatifs aux départements révolutionnaires et impériaux, aux pays étrangers et aux anciennes colonies. Ce dernier tome comportera des tables communes aux trois volumes. Ainsi se trouvera achevé le dépouillement de la série N des Archives nationales.Le premier tome qui avait pour objet Paris et le département de la Seine comportait l'analyse d'environ 1.600 articles. Le volume suivant groupe en 2.000 articles les plans classés dans 59 départements. La disparité numérique apparaît entre Paris et la province, et s'affirme encore entre les départements situés au nord de la Loire et ceux situés au sud. Pour ne citer que quelques exemples, les départements du Nord, de la Marne ou de l'Eure-et-Loir comportent respectivement 136, 57 et 50 articles, tandis que ceux de l'Aude, de la Haute-Garonne ou de la Charente en réunissent 18, 14 et 7.L'histoire de la série N a déjà été exposée dans l'Introduction du volume précédent. Il n'est donc pas nécessaire de la reprendre. En revanche, il convient d'insister sur le caractère artificiel de cette série qui se fait plus particulièrement sensible dans les trois derniers tomes. Le cadre départemental français de la première moitié du XIXe siècle constitue le moule où se trouve fondu un ensemble de plans de provenances et de catégories diverses. En outre, on peut remarquer que la plupart des plans topographiques insérés dans ce cadre datent de l'Ancien Régime et que leurs limites ne s'accommodent pas toujours des divisions administratives modernes. Enfin, correspondant au format des plans, et se superposant au cadre départemental, une division en quatre classes à l'intérieur desquelles répond un ordre purement numérique vient renforcer la rigidité du système adopté au XIXe siècle.Tout en respectant les caractères désormais irréversihles donnés à la série N, il apparaissait souhaitable de doter cette série d'un instrument de travail susceptible de rendre sa consultation plus aisée aux chercheurs. Pour cette raison, dans chaque département, les plans divers qui s'y trouvent ont leurs notices classées en fonction des rubriques suivantes : Cartes et plans d'ensemble, Hydrographie, Voies de communication, Ouvrages d'art, Forêts et bois, Plans de terroirs, Villes et villages, Plans et dessins de bâtiments, et, éventuellement, Mines et carrières. Cette classification offre l'avantage de répondre non seulement aux besoins de la recherche historique, mais aussi à des critères d'ordre géographique. Dans une étude déjà ancienne (A. Demangeon,Les sources de la géographie de la France aux Archives nationales,Paris, 1905), A. Demangeon soulignant déjà la richesse et l'originalité des plans de la série N les rassemblait dans des catégories très proches de celles adoptées ici.CARTES ET PLANS D'ENSEMBLECette première rubrique, un peu disparate mais indispensable pour recevoir les cartes d'ordre général et à très grande échelle, et certains plans représentant une entité géographique ou recouvrant une trop grande étendue de terrain pour pouvoir entrer dans une catégorie particulière, accueillera donc :1. Les cartes, c'est-à-dire tous les documents de petite échelle, autrement dit comportant un chiffre supérieur à 1/20.000, selon le critère adopté par tous les géographes, que ces cartes soient gravées ou manuscrites. (Note : L'échelle au 1/20.000 avait été adoptée pour le meilleur document cartographique français qui était le « Plan directeur » de l'ancien service géographique de l'Armée auquel a succédé l'I.G.N., organisme civil. Vers 1955, l'échelle de cette carte a été réduite au 1/25.000 dans la majorité des cas. Cependant il convient de noter que les cartes du présent catalogue sont presque toutes manuscrites, les cartes gravées formant la collection cotée NN. Les classements anciens en revanche fondaient dans un même répertoire les « cartes à la main » et les « cartes gravées », comme c'est le cas pour leTable alphabétique des cartes et plansde la Bibliothèque de Colbert (1666). Cité par F. de Dainville,Cartes anciennes de l'Église de France,Paris, 1956, p. 129.)2. Certains plans d'ensemble de petite échelle : au 1/20.000 au moins ou même légèrement supérieure, ce critère de l'échelle n'étant pas absolu; la plupart de ces plans sont manuscrits (Note : C'est ainsi que le bon sens exigeait, dans d'autres rubriques, de ne pas séparer les uns des autres des plans concernant un point identique même si l'échelle de certains dépassait le 1/20.000).La masse de ces documents groupera par conséquent des matières assez diverses dont voici quelques exemples :Cartes de frontières de l'Ancien Régime (N/III/Ardennes 67, N/III/Aisne 168, N/II/Nord 17), cartes de provinces entières (Aunis = N/III/Charente-Maritime 28, carte physique de la Corse = N/II/Corse I), de limites entre provinces (N/III/Meuse 30, N/III/Ain 15, N/III/Loire 3), de paroisses (N/III/Côtes-du-Nord 34, N/III/Haute-Loire 5 (Cette carte particulièrement curieuse fixe les distances des paroisses environnant la ville de Craponne en « heures de chemin »); pour la période moderne, cartes de départements (N/III/Isère 9, N/II/Aisne 391-4), ou fixant, généralement à l'époque révolutionnaire, les limites de districts ou cantons (N/III/Manche 27, N/III/Ardennes 64, N/III/Corse 9, N/III/Haute-Marne 24, N/III/Haute-Marne 43), ou celles des communes (N/III/Lot-et-Garonne 18, N/III/Ain 17, N/III/Eure-et-Loir 22). On trouvera aussi des cartes d'intérêt militaire (N/III/Marne 46), des cartes d'évêchés, manuscrites pour la plupart (N/III/Maine-et-Loire 28, N/III/Charente-Maritime 25, N/III/Côtes-du-Nord 38), mais présentant les mêmes caractéristiques que les cartes de diocèse gravées (Voir F. de Dainville,Cartes anciennes de l'Église de France,p. 205. Comparer les marques avec celles d'une carte manuscrite de l'évêché d'Angers, présumée de 1655 (N/III/Maine-et-Loire 28). Voir aussi N/III/Charente-Maritime 25 (facture plus soignée; noms et blasons des évêques du diocèse de Saintes), N/III/Côtes-du-Nord 38.)L'apport le plus important est fourni par les cartes des grandes seigneuries, souvent fort belles, ornées d'armoiries et d'emblèmes allégoriques et provenant du séquestre (série T) ou des papiers des Princes (série R), comme la magnifique carte des terres du maréchal duc de Noailles en Limousin et en Auvergne (N/II/Cantal 1), qui mentionne même le « Champ de battaille de Jules Cezar contre Sergentoris » (sic). Cette carte d'une facture relativement moderne, avec son relief par estompage, diffère d'une autre carte des terres de Noailles (N/II/Corrèze 1), où les montagnes sont représentées d'une façon beaucoup plus naïve, et offrent l'aspect d'un moutonnement régulier en vue perspective. Une très belle carte des environs de la ville de Richelieu (N/II/Indre-et-Loire 1) n'est pas une carte de seigneurie et semble présenter un intérêt essentiellement topographique. Bien finie, très précise, elle était plutôt destinée à être reproduite en gravure.Les plans concernant les rivières, canaux et routes ont fait l'objet d'une rubrique spéciale sauf lorsqu'ils représentaient un réseau routier (N/III/Charente-Maritime 21) ou hydrographique (N/III/Finistère 9) importants.Les cartes de côtes couvrent une superficie assez étendue pour être également rangées dans ce premier chapitre; les plans d'îles y trouvent aussi leur place, comme formant une véritable entité géographique (N/III/Charente-Maritime 18, 29; N/III/Morbihan 8).Les cartes de côtes appellent une mention spéciale. A. Demangeon (Op. cit.,p. 68. Voir N/III/Bouches-du-Rhône 16, carte sur calque du golfe de Lyon. Différente de celle citée par F. de Dainville,Cartes anciennes du Languedoc,XVI-XVIIIe s., Montpellier, 1963, pl. XIV Autres cartes de côtes : N/III/Finistère 6, N/III/Morbihan 9) a déjà signalé leur intérêt historique, puisqu'elles rendent compte à travers les âges des modifications dues soit à l'érosion, soit à l'ensablement, soit aux travaux des hommes (endiguements, dessèchements, etc.). Certaines sont à usage maritime ou militaire (N/III/Charente-Maritime 24, 27 (cartes gravées)).La plupart des documents rassemblés dans ce premier chapitre sont de très belle facture. Beaucoup sont l'œuvre de géomètres arpenteurs locaux mais déjà très expérimentés et possédant même parfois une technique supérieure à celle des cartographes patentés. Leur travail est bien de cette époque où « savoir la carte », c'était savoir la géographie (F. de Dainville,Cartes anciennes du Langitedoc, p. 9).HYDROGRAPHIE, VOIES DE COMMUNICATION ET OUVRAGES D'ARTIl faut distinguer dans cette catégorie des plans de canaux, rivières et ruisseaux, marais, étangs et côtes de peu d'étendue donc à très petite échelle, groupés sous le terme vague d'hydrographie et des plans de routes et chemins de caractères très divers. Les plans d'ouvrages d'art sont surtout des projets de ponts ou de réfection de ponts.Les documents épars rassemblés ici reflètent donc quelque peu, par leur diversité même, l'incohérence qui présida, sous l'Ancien Régime, à l'importante question de la navigabilité et des communications par routes, jusqu'à l'organisation du corps des Ponts et Chaussées, créé sous la Régence, et techniquement mis au point par Trudaine dans le courant du XVIIIe siècle.Jusque-là, on sait que l'entretien des chemins devait être assuré grâce aux produits des péages, pour la plupart affermés par des seigneurs riverains souvent fort peu soucieux d'utiliser ces fonds aux fins prévues par les édits royaux, malgré les contrôles exercés primitivement par les trésoriers de France. A ceux-ci, quelques années supervisés par le Grand Voyer (Sully), ne restera, au XVIIe siècle, que la surveillance des chemins vicinaux lorsque les intendants, dirigés par Colbert, les auront dépossédés de leurs pouvoirs. Pour ces périodes anciennes il n'existe pour ainsi dire pas de plans. A partir du XVIIIe siècle on en trouve un certain nombre joints aux arrêts du Conseil du Roi ordonnant des travaux publics (série E). Ils sont beaucoup plus nombreux au XVIIIe siècle et certains d'entre eux sont passés dans la série N (N/I/Finistère I; N/III/Morbihan 2, N/III/Maine-et-Loire 27) dans des conditions assez difficiles à préciser. De même, quelques isolés, détachés de l'important fonds des Ponts et Chaussées dont les papiers forment une série continue de l'Ancien Régime à nos jours (F14) ont trouvé un asile dans cette même série N (N/III/Aisne 180, 184, 185). Le pouvoir central intervient également pour ces plans qui délimitent une partie du domaine royal (N/III/Doubs(Prov. Q/1/176)) ou nécessitent l'intervention d'un géomètre du Roi dans des conflits de bornage (N/III/Jura/3(Prov. Q/1/413)).Les princes du sang ont aussi leurs spécialistes : Étienne Dollé, arpenteur du duc d'Orléans, relève le cours de l'Ourcq (N/III/Aisne 139); l'atlas des canaux d'Orléans à Briare et au Loing est dressé sur l'ordre du duc d'Orléans (N/IV/Loiret 5); Bélanger, premier architecte du comte d'Artois établit une copie détaillée de la route d'Issoudun à Lignères (N/III/Indre 36). Provenant des mêmes fonds (R 4) sont parvenus jusqu'à nous des réseaux de ruisseaux et chemins à travers les forêts de Villers-Cotterêts et d'Orléans, présentant d'ailleurs un intérêt purement local.Dans ce même cadre régional, les intendants ont pris des initiatives intéressantes, d'où résultent des plans de très belle et originale facture, comme celui du cours de l'Aisne dans les généralités de Chalons et de Soissons (N/III/Aisne 711-3), tandis qu'un devis pour des écluses à La Haye-Descartes est l'œuvre de simples charpentiers du pays (N/III/Indre-et-Loire 16), et qu'un tracé du chemin de Trouville à Quilleboeuf a seulement servi les intérêts particuliers de Jumièges (N/III/Eure 55, prov. T 200).Il serait fastidieux de poursuivre une énumération qui prouve seulement la grande variété de nature, de provenance et d'intérêts des documents rassemblés dans ce deuxième chapitre.Ils ne reflètent pas ce magnifique réseau routier de la France du XVIIIe siècle qui fait l'admiration des historiens mais dont la mise en place rencontra souvent l'incompréhension des contemporains (JeanPetot, Histoire de l'Administration des Ponts et Chaussées,Paris, 1958 p. 327-329)).FORÊTS ET BOISLa documentation cartographique de la série N en plans de bois et forêts est assez riche pour justifier d'un chapitre spécial dans ce deuxième tome. Si ces plans n'ont pas bénéficié jusqu'à présent de l'attention des historiens, c'est qu'ils étaient disséminés, comme les autres documents de la série N, au hasard de l'ordre numérique dans le cadre trop rigide des départements, classement ancien qu'un inventaire manuscrit à exemplaire unique répétait trop étroitement pour permettre des rapprochements intéressants. Voici, nous l'espérons, une lacune maintenant comblée (Voir, par M. Hébert, communication du 4 avril 1963 au 88e Congrès des Sociétés savantes à Clermont-Ferrand).On peut distinguer plusieurs catégories dans ces plans de forêts, soit que l'on étudie leur objet et leur situation géographique, soit qu'on les situe dans le tempset c'est chaque fois une nouvelle étape dans l'histoire administrative, soit enfin que l'on considère leur présentation matérielle, dont quelques reproductions rendront mieux compte que des descriptions. Il reste aussi à en retrouver l'origine, ce qui revient à aborder la question des fonds auxquels ils sont normalement joints et à se relier au fil conducteur de leur cheminement jusqu'à nous.On peut donc distinguer les forêts du domaine royal, les forêts d'apanages ou seigneuriales, les forêts appartenant à des communautés ecclésiastiques et celles dépendant des communautés d'habitants. Il est évident que c'est par amputations successives des forêts royales que ces différents bénéficiaires se sont progressivement enrichis. Cependant, dresser un état du domaine forestier royal au début du XVIIe siècle reste tâche d'autant plus délicate que le Roi, son Conseil et ses hauts fonctionnaires étaient eux-mêmes, jusqu'à Colbert, hors d'état de l'apprécier exactement (M. Devèze,Une admirable réforme administrative. La grande réformation des forêts royales sous Colbert(1661-1680), Nancy, 1962, p. 11). Les quelques plans dont nous disposons pour cette période fourniront par conséquent des renseignements du plus haut intérêt et la facture même de certains d'entre eux nous permettra de confirmer l'opinion des spécialistes selon laquelle les déprédations dues aux guerres du XVIe siècle, ainsi qu'un déboisement inconsidéré, voulu par la continuelle pénurie des finances, avaient mis les forêts royales dans un état inquiétant d'appauvrissement. Pratiquées à un rythme qui ne laissait pas à la futaie le temps de repousser, les « ventes » les avaient en effet réduites pour la plupart à l'état de friches ou, comme on disait alors, de places « vaines et vagues», où subsistaient seulement quelques taillis et boqueteaux, d'autres demeurant aussi morcelées qu'un puzzle.Ce fait est frappant en Normandie, grande région forestière dans les siècles précédents :Un état des ventes de 1639 (B. N. N.A.F. 5863, cité par Devèze,op. cit.,p. 31) provenant de la Chambre des Comptes de Rouen nous montre, par l'importance de la somme globale obtenue, qu'un effort maximum avait été demandé à cette province. On en constate les résultats désastreux sur les plans relevés quelques années plus tard; effet confirmé dans unMémoireenvoyé en 1653 au Conseil et selon lequel « il est indubitable que dans six ans il n'y aura plus de forêt de haute fûtaie en Normandie ce qui cauzera au Roy et au publicq grande perte soit pour loger les vins, soit pour la construction de vaisseaux, soit pour le bastiment, le busche et pour le revenu annuel » (B. N. 18574 f 120 v° cité par Devèze,op. cit.,p. 36). Prenons comme exemple la forêt de Lions. Elle fournit, pour l'année 1638, la somme globale de 58.830 livres, le total de ventes le plus élevé de toute la Normandie. Mais le plan coté N/III/Eure 9 nous montre le démantèlement consécutif de cette forêt, illustrant par là de façon saisissante les résultats obtenus dans de précédentes études.Le saccage des forêts royales est encore augmenté par la pratique de nombreuses aliénations en faveur particulièrement de grands seigneurs ou d'abbayes importantes. L'Ile-de-France est ainsi aux trois quarts aliénée. Il ne restera au Roi que les forêts de Rouvray et de Vincennes. De la premièrenotre bois de Boulognenous avons un plan, signé Barillon d'Amoncourt en 1666. Mais prenons un exemple plus intéressant, celui des bois et gâtines appartenant à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés à Antony, Verrières et Amblainvilliers, figurant sur le plan côté N/II/Seine-et-Oise 56, et qui nous montre l'état lamentable de ces anciennes forêts à peu près complètement réduites à l'état de friches en 1664, car les religieux n'ont pas été plus soucieux de leur haute futaie que le Roi. De tels exemples pourraient être multipliés si une autre pratique n'était également sujette à contexte, celle de l'engagement. Par ce procédé, le Roi se procurait de l'argent tout en se réservant le droit de rachat perpétuel. L'engagiste ne devait couper que le taillis, la haute futaie restant apanage royal. Mais dans les faits, cette prescription resta lettre morte et le Roi, au moment du rachat se trouva trop souvent lésé, d'où nécessité de plans fixant sur le terrain les points essentiels de la contestation.Après le Roi, les principaux propriétaires de forêts sont les princes du sang apanagistes avec les forêts de Villers-Cotterêts et d'Orléans, dont nous possédons de très nombreux plans; le prince de Condé, dans les Ardennes, département également très richement représenté dans notre dépôt.Tous, princes du sang, grands seigneurs, grandes abbayes, pressés également par les besoins d'argent, pratiquent des coupes hâtives, morcellent leurs forêts en parcelles dont bénéficient les communautés d'habitants pour leurs « usages, chauffages et pâturages ». Les portions ainsi échues aux habitants sont franches et déchargées de toutes servitudes à l'égard des seigneurs. Les arbres épars sont également leur propriété; les propriétaires des bois et forêts limitrophes de plusieurs paroisses ne sont pas tenus de contribuer à l'entretien des bâtiments du culte : ainsi, il a fallu édicter, selon les cas, une infinité de règles. Mais dans la pratique que de confusion, que de contestations! C'est l'arpenteur de la maîtrise qui sera chargé de les régler sur place, de sorte qu'il semble que le zèle procédurier de nos pères soit vraiment à l'origine d'une part importante de notre documentation.En ce qui concerne les autres provinces : Bretagne, Bourgogne, Poitou, Berry, Bourbonnais, leur rendement est à peu près nul avant le ministère de Colbert. Nous possédons un très beau plan de deux forêts berrichonnes (N/II/Indre 2), mais il date de 1682. Le Cantal possède déjà des forêts de sapin (N/III/Cantal 2). Une partie de l'Est a été dévastée par les guerres. Dans le ban de Berthelmingen, sur la Sarre (N/III/Meurthe 21 (se trouve dans l'actuel département de la Moselle)), une région entière détruite et restée déserte est attribuée par portions aux habitants pour être replantée. C'est le duc de Lorraine qui d'ailleurs a la haute main sur la Lorraine non annexée. Plus au Sud, la Bresse, le Bugey, le Valromey dépendent des décisions du sénat de Chambéry. Quant aux provinces du sud du royaume, elles ont conservé pour la plupart leurs documents forestiers, comme c'est le cas notamment pour le Languedoc. Beaucoup d'entre eux dorment sans doute encore dans les conservations qui ont hérité des papiers des anciennes Maîtrises.Voici un tableau très sommaire de la carte forestière de la France avant Colbert. Certes, quelques réformations locales ont été tentées mais sans grand résultat. Il semble que les désastres opérés dans nos futaies aient surtout frappé Colbert eu égard à la nécessité de procurer des mats à la marine avec les ressources autochtones plutôt qu'avec des achats à l'étranger, en Hollande notamment.La réformation générale des forêts de France est alors méthodiquement organisée et poursuivie jusqu'à la publication de la grande Ordonnance de 1669. Il est frappant de reprendre l'examen des mêmes forêts décimées et de constater leur état florissant un siècle plus tard lorsque les grands arbres ont repoussé. De bons exemples sont fournis par les plants de la forêt de Senonches dont on peut suivre l'évolution depuis sa mise en coupes réglées jusqu'à sa pleine exploitation (Le grand plan de la forêt de Senonches, par N. Lallemant, signalé comme faisant partie de la réforme colbertienne (voir plus bas, p. VIII, n. 1) semble n'être en réalité qu'un plan de bornage de seigneuries. En revanche nous trouvons un véritable plan d'exploitation avec l'article N/II/Eure-et-Loir 2, non daté et un croquis en couleur hâtivement dessiné coté N/II/Eure-et-Loir 8. Les coupes y sont réglées d'après l'ancienne ordonnance jusqu'en 1676, et d'après la nouvelle à partir de cette date. Un plan de la même forêt levé par Guerinot en 1696 (N/II/Eure-et-Loir 127) nous donne un état de la forêt après la mise en application de la dernière ordonnance. Des couleurs différentes distinguent les arbres de lisière, les routes, les eaux, prés, chemins herbus et pacages, les bois situés hors de la forêt, les arbres fruitiers, les bruyères et friches, les terres labourables. Il est indiqué que les villages avec clochers sont des paroisses, les autres étant des hameaux. Une table explicative manuscrite de la mise en coupes de la forêt de Senonches nous fournit également quelques renseignements intéressants. Il y est signalé notamment que les coupes forcées faites au siècle passé par les seigneurs propriétaires n'avaient laissé dans la forêt que des taillis que l'on avait alors utilisés dans des forges et fourneaux établis tout spécialement pour pouvoir employer ce combustible. La repousse des hêtres et chênes ayant presque supprimé les taillis, il devenait nécessaire de laisser repousser ceux-ci pour ne pas laisser péricliter les industries ainsi créées (N/II/Eure-et-Loir 4). Voir encore : N/III/Eure-et-Loir 24 et 26).On sait que Colbert fit une de ses premières expériences de reboisement de haute futaie en Bourgogne. Effectivement, l'atlas N/IV/Saône-et-Loire 1 signale en 1703 une « haute jeune futaie » dans la forêt de la Vicheresse dans l'ancien Comté de Louhans, dépendant de la Maîtrise des Eaux et Forêts de Châlons. Le même atlas contient un très beau plan du château et des environs de Saint-Germain-du-Plain en 1692 qui nous montre le soin que les particuliers eux-mêmes prennent alors de leurs plantations en vertu de l'Ordonnance de 1669, confirmée et complétée par de multiples arrêts du Conseil au XVIIIe siècle. Il leur est expressément défendu de défricher leurs bois. Il leur est absolument ordonné de laisser un quart de réserve dans les bois de futaie ou à la rigueur dans les meilleurs taillis. Ils sont obligés de régler la coupe de leurs bois taillis à 10 ans, de réserver 16 baliveaux par arpents. Les ecclésiastiques sont tenus de faire arpenter, porter et figurer leurs bois dans les 6 mois suivant la publication de l'Ordonnance et de remettre les procès-verbaux d'arpentage et les plans aux greffes des maîtrises dans le ressort desquelles ils se trouvent. D'une manière générale, l'article 16 du titre 27 de l'Ordonnance de 1669 porte :« qu'il sera laissé et conservé au greffe de chaque Maîtrise des cartes, figures et descriptions approuvées par le Grand Maître, des bois, buissons et forêts du Roi, et de ceux tenus par indivis, gruerie... apanage, engagement et usufruit qui sont dans l'étendue du ressort et autant dans les greffes des Tables de Marbre, le tout à la diligence des Maîtres particuliers et des Procureurs de Sa Majesté à peine de radiation de gages », L'article 21 porte que les procès-verbaux indiqueront le nombre, la situation, la contenance des bois ainsi que leur essence et leur âge. L'article 3 du titre 21 précise que sur les plans devront figurer les pieds corniers qui sont les arbres placés aux angles des coupes, les arbres de lisière ou de paroi, enfin tous les éléments nécessaires à un exact bornage.En se référant au texte de l'Ordonnance de 1669, il sera relativement facile de déceler les plans faisant partie de la réforme colbertienne et ceux qui n'ont aucun rapport avec elle. Dans les premiers, la division en coupes ou tailles réglées y est soigneusement indiquée avec la date et l'âge de celles-ci. Les ventes sont divisées en triages. Mais la terminologie peut changer d'une région à l'autre. On emploie la division en gardes, sergenteries, climats, notamment dans la forêt d'Orléans, en touches, dans la forêt de Brissac; on trouve en légende une abondance de détails : lieux-dits, chemins, mares, poteaux placés aux carrefours forestiers; les bruyères, garennes, pâtures, forges, mines et bien d'autres détails sont relevés soigneusement.Ces plans feraient partie d'un projet d'ensemble d'arpentage et de cartographie commandé par Colbert aux intendants en 1662 et 1663. Les plus beaux, les plus grands de ces plans représenteraient l'œuvre à son point de perfection, les autres en seraient l'ébauche restée à l'état de croquis ou bien le résumé mis sous une forme commode à l'usage des bureaux du ministre et reproduit sous tout l'Ancien Régime (R. Hervé,Les plans de forêts de la Grande Réformation Colbertienne(1661-1690), dans Bull. dela Section de Géographie,t. LXXIII (1960), p. 145). Comme il a été fait pour les cartes et plans de la Bibliothèque Nationale, il serait intéressant d'établir un rapprochement entre nos documents et le Tableau récapitulatif des forêts domaniales, donné, pour l'année 1680, par le manuscrit dit Harleyem du British Museum (R. Hervé, op. cit., p. 150-171).Mais déjà l'inventaire, dans sa sécheresse, rendra compte de tous les détails qui font souvent la perfection de ces beaux plans, reflets du paysage de l'ancienne France. Il permettra également d'établir assez facilement un relevé de tous les plans de forêts du XVIIe siècle, les plus intéressants.Il reste à dire quelques mots des fonds d'origine des cartes et plans ainsi groupés dans la série N des Archives nationales.Cette série étant factice, en ce sens qu'elle a recueilli des documents d'intérêts géographique provenant soit des administrations de l'Ancien Régime, soit des séquestres opérés chez les particuliers à l'époque révolutionnaire, les dossiers qui expliquent ces plans s'en trouvent disjoints de sorte qu'il est quelquefois assez difficile de retrouver la provenance de ces derniers.Cependant, et d'une manière générale, on pourra opérer pour les plans de forêts la distinction déjà citée entre papiers administratifs et papiers particuliers. Pour les premiers, l'administration des Eaux et Forêts ayant été confiée à des officiers de judicature, il est évident que c'est du fonds judiciaire qu'ont pu être extraits une partie d'entre eux. Après la réforme colbertienne, ils intéressent les Finances et la Marine. Enfin il ne faut pas oublier que nombre d'entre eux font partie intégrante du Domaine royal ou bien ont le plus souvent fait l'objet d'un arrêt direct du Conseil du Roi.Pour les seconds, c'est dans les papiers des Princes, ceux du Séquestre et des Communautés religieuses qu'il faudra rechercher leur origine. Et ils sont très nombreux à avoir bénéficié de l'intérêt des Commissions de triage de la Révolution pour finalement se trouver réunis au Dépôt du Louvre, ancêtre des Archives nationales.PLANS DE TERROIRSDans le cadre des rubriques adoptées, il a paru souhaitable de grouper sous cette dénomination les plans qui intéressent l'histoire de la propriété et de l'exploitation du sol au XVIIe et au XVIIIe siècles.Parmi les diverses catégories de pièces réunies, les plans terriers méritent de figurer au premier rang. Adoptant de plus au cours du XVIIIe siècle une division en parcelles numérotées avec renvois à des listes qui comportent les superficies des pièces de terres et les noms des exploitants, indiquant les lieux-dits, reproduisant le tracé des chemins et les plans de masse des exploitations agricoles, ils constituent des documents de choix. La fréquence de tels relevés concernant les seigneuries ecclésiastiques ou laïques (Provenant pour la plus grande partie des séries S et T.) est à mettre en rapport avec le mouvement de rénovation des terriers qui se produit alors : certains de nos documents le mentionnent expressément. Peu à peu l'usage de représenter le mode d'exploitation du sol par l'emploi de couleurs conventionnelles se répand et se précise : gris ou bleu pâle pour les landes et les friches, vert pâle pour les prés, vert foncé pour les bois et les remises, couleur chair pour les terres labourables et, éventuellement, représentation schématique pour les vignes. Le terme de l'évolution aboutit à l'établissement de plans comme ceux dits d'Intenclance(Levés de 1777 à 1789 pour la réforme de la taille tarifée dans la généralité de Paris sur l'ordre de l'intendant Bertier de Sauvigny. Ces plans sont actuellement répartis dans la série C des archives départementales de l'Aube, de l'Eure-et-Loir, de la Seine-et-Marne, de l'Yonne, et surtout de la Seine-et-Oise. Cf. A. Lesort,Répertoire numérique de la série C des Archives départementales de Seine-et-Oise,Versailles, 1912) ou ceux duTerrierde laCorse(Cf. A. Albitreccia,Le plan terrier de la Corse au XVIIIe s.,Paris, 1942) qui annoncent le cadastre par masses de culture entrepris de 1802 à 1807 et abandonné au profit du cadastre parcellaire (Cf.État sommaire des versements faits aux Archives nationales par les ministères et les administrations qui en dépendent,t. III, fascicule 2, Paris, 1962, p. 352. Sous les cotes F31 105 à 165, 2.295 plans concernant 70 départements sont actuellement conservés. En outre, certains doubles provenant de la série AB XIX ont été placés dans la série N (département du Finistère)).Cependant les simples plans de bornage ou ceux dressés à l'occasion de contestations entre les communautés paroissiales ou les seigneuries, à propos d'usages ou de limites ne sont pas d'un moindre intérêt. Sur la vue perspective sommaire établie sur parchemin en 1618 par le peintre Antoine Vinchbois, à la suite de difficultés qui s'étaient élevées entre les paroisses de Saint-Paul-aux-Bois et de Trosly-Loire, les prés, terres labourables, et marais sont déjà indiqués. En légende, le plan distingue soigneusement le « viel ru » et le « viel chemin » de ceux qui leur avaient succédé en ce début du XVIIe siècle (N/III/Aisne 150). Sur le plan des usages de Ligny-le-Châtel, Varennes, Jaulges et Chéu, levé en 1786, on voit à la fois figurer les défrichements réalisés par les fermiers du duc de Montmorency, ceux accomplis par des « particuliers et la partie du terroir demeurée à l'état de landes et de bruyères (N/III/Yonne 16).Enfin parmi les quelques plans des anciennes colonies françaises que possède la série N, certains peuvent apporter une importante contribution à l'histoire rurale de ces territoires au XVIIIe siècle. Un excellent exemple est fourni par un document comme ce « Plan de la première, seconde et troisième habitation de Monsieur de Laborde... » à Saint-Domingue, type d'exploitation sucrière intensive (N/II/Saint-Domingue 1). Le parti qu'on peut tirer d'une telle pièce n'a d'ailleurs pas échappé à l'attention des spécialistes (Cf. R. Dauvergne,Les anciens plans ruraux des colonies françaises dans Revue d'histoire des colonies,Paris, 1948, p. 258-259).VILLES ET VILLAGESTous les plans généraux ou partiels de grandes ou petites agglomérations sont réunis sous ce titre quelle que soit leur origine.Entre lesVues à l'Oiseaudu XVIIe siècle et les plans des grandes villes de France gravés par Lattré dans la deuxième moitié du siècle suivant, on mesure les progrès accomplis dans la technique de la planimétrie. Au pittoresque non dénué de fantaisie des premières succède une exactitude non exempte parfois de sécheresse. Il n'est que de confronter, par exemple, la savoureuse vue perspective d'Orléans gravée en 1661 par Pierre Corbierre (N/III/Loiret 115) avec le « Plan historique... » de la même ville levé en 1775 (N/III/Loiret 114). La différence n'apparaît pas moindre pour Reims représentée à la fois par une vue du XVIIe siècle (N/II/Marne 8) et par le magnifique « Plan général... dédié au Roy » en 1769 de Le Gendre (N/II/Marne 2). En bordure de ce dernier, des médaillons offrent non seulement l'aspect des antiquités dites des principaux monuments de la ville, mais aussi celui des embellissements réalisés ou projetés.D'autres plans, provenant des arrêts du Conseil du Roi (Série E), évoquent les efforts de l'urbanisme en France au XVIIIe siècle. A cet égard on peut citer une série de plans de la ville de Rennes dressés après le grand incendie de 1720. Ces articles comportent le relevé des quartiers sinistrés avec les toisés des maisons détruites et les projets de nouvelles rues, de maisons types et d'une place neuve (N/II/Ille-et-Vilaine 4, 7; N/III/Ille-et-Vilaine 26, 29). D'autres grandes villes de province telles Bordeaux et Nancy sont également représentées. Il n'est pas jusqu'au Premier Empire, assoiffé de réalisations grandioses, qui n'ait en ce domaine laissé quelque témoignage de ses conceptions dont la portée dépasse même les limites de nos frontières. L'administration française qui s'implantait dans les départements annexés amenait avec elle ses ingénieurs et ses architectes : en 1813, Valadier signait à Rome deux projets de place à établir dans la Ville devant le Panthéon et la fontaine de Trevi (N/III/Rome 6 et 8).Mais les représentations d'une ville à une époque précise, ou les souvenirs de quelques projets célèbres dans l'histoire de l'urbanisme, ne constituent pas les seuls éléments que la série N soit capable de verser à l'immense dossier de la vie urbaine. Ainsi, l'amélioration de la voirie et les changements qu'elle entraîne, trouvent ici leur reflet. On présente en 1776 un plan d'alignement des rues autour du grand marché d'Orléans (N/III/Loiret 48)2. En 1784, le plan de la partie nord des remparts de Dinan est dressé dans le but d'assurer une issue sur le cours extérieur à la « rue neuve » (N/III/Côtes-du-Nord 35).Quant aux plans de villages, la distinction des plans de terroirs auxquels ils sont souvent joints a été faite lorsqu'ils offrent un aspect topographique propre à l'agglomération elle-même. Il arrive fréquemment que dans un ensemble de plans terriers, une pièce soit spécialement réservée à la seule représentation d'un bourg, et comporte en un relevé précis, le tracé et les noms de ses ruelles, les plans de masse de son église et de chacune des maisons qui le composent. Dans ce cas une notice spéciale lui a été consacrée dans la présente rubrique.PLANS ET DESSINS DE BÂTIMENTSReligieux ou civils, d'origine privée ou administrative, le nombre élevé de plans ou dessins d'architecture intégré à la série N est susceptible de retenir avec fruit l'attention des historiens de l'art et même des archéologues.Dernièrement étudiés par M. Élie Lambert (Elie Lambert,Note sur la série des plans de l'ancien fonds de Saint-Germain-des-Prés aujourd'hui conservés aux Archives nationales, dans Mémorial du XIVecentenaire de Saint-Germain-des-Prés,Paris, 1958, p. 311-332) les plans des abbayes bénédictines ayant adhéré à la congrégation de Saint-Maur forment une collection précieuse. Souvent dessinés par des frères visiteurs, les plans, coupes et élévations de bâtiments monastiques fréquemment disparus de nos jours nous restituent leur état au XVIIe siècle ainsi que les projets de restauration les concernant. Presque tous les établissements religieux représentés dans le célèbre recueil duMonasticon Gallicanumpossèdent leur dossier dans la série N, accompagnés parfois de devis ou de commentaires relatifs à l'état des lieux.L'intérêt des plans des collèges ou des séminaires de la Congrégation de l'Oratoire en province mérite également d'être souligné. Ces pièces doivent d'ailleurs être comparées avec celles réunies dans l'atlas N/IV/Seine 69.En outre, provenant des fonds des Bâtiments civils (Sous-série F/13) et datant pour la plupart de la période napoléonienne, certains projets de casernes, de prisons, voire de dépôts de mendicité ou d'asiles d'aliénés, ne sont pas d'un moindre secours pour l'histoire de l'architecture religieuse. En effet l'administration impériale songea bien souvent à utiliser les bâtiments d'anciennes abbayes pour de semblables réalisations dans les départements français et étrangers, et l'état des lieux peut se trouver joint aux projets les concernant.C'est encore de l'administration qu'émanent beaucoup de plans d'architecture civile versés dans la série N. Des pièces relatives à des constructions envisagées pour des services comme les douanes, les bureaux des fermes ou les greniers à sel, évoquent le fonctionnement de la vie administrative de l'Ancien Régime. D'autres plans, tels ceux de l'Intendance de Bordeaux (N/III/Gironde 37), du nouvel hôtel de ville de Châlons, en 1772 (N/III/Marne 13), du théâtre du Havre en 1785 (N/III/Seine-Maritime 33) débordent ce cadre et se rattachent au mouvement d'urbanisme évoqué plus haut.On peut aussi préciser que le terme chronologique des plans groupés dans cette rubrique ne coïncide pas avec celui du Premier Empire. Provenant du Ministère de l'Intérieur, l'existence d'un ensemble de plans des Préfectures françaises datant de la Monarchie de Juillet constitue un prolongement inattendu à l'intérieur du XIXe siècle. Mais les plans d'architecture civile d'origine privée viennent encore nourrir l'ensemble réparti dans la série N. Les papiers des princes, le Ministère de l'Intérieur, et surtout le fonds des séquestres (Séries R, F, T.) sont les sources essentielles de ces pièces. Les plans de châteaux en forment le principal objet. Les élévations et les vues perspectives sont assez rares. Les relevés concernent plus souvent la distribution des lieux. Toutefois, et dans le cas où un château est figuré par un simple plan de masse, il arrive qu'il soit muni d'une représentation fidèle du parc et des parterres qui l'accompagnent. L'histoire des jardins aux temps classiques peut alors y trouver son compte.On voit que par la variété de ses éléments et par l'aire historique relativement étendue qu'elle recouvre, la rubrique consacrée aux Plans et dessins de bâtiments n'est pas une des moins riches ni une des moins originales de la série à laquelle le catalogue est consacré.Les règles observées dans le présent volume sont les mêmes que celles suivies dans le premier tome : notices en deux corps comportant le titre et l'analyse des plans (Cf. tome I, p. XV-XIX). On notera cependant que les titres anciens ayant été reproduits dans tous les cas, le nom de lieu moderne des arrondissements et cantons figure en marge, espace destiné à la localisation topographique. Les noms de paroisses, communes ou hameaux ayant des orthographes anciennes ont leur orthographe moderne placée entre crochets carrés. S'il y a lieu, les noms de communes auxquelles ils appartiennent sont indiqués entre parenthèses pour les bois, hameaux, lieux dits, écarts.Depuis le 1er septembre 1961, le service des cartes et plans a été rattaché au département des activités scientifiques, culturelles et techniques, sous la direction de M. Jacques Monicat, conservateur en chef, auprès duquel nous avons toujours trouvé les plus précieux conseils. Publié par la Direction des Archives de France, illustré de clichés provenant du service photographique des Archives nationales, ce travail a également bénéficié du concours de l'Institut de Géographie dont les vacataires ont formé une équipe fort utile. Leur effort s'est principalement porté sur les tâches assez ingrates de localisation et de calcul d'échelles, revues ensuite par nos soins. Qu'ils veuillent bien trouver ici tous nos remerciements.MONIQUE HÉBERT, MICHEL LE MOËL.Liste des abréviations

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N/I, N/II, N/III, N/IV

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAN_IR_050185

Type :

inventory

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2010
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  • Publication :

    Archives nationales
    2010
    Paris

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