Inventaire d'archives : 8S. Mines et énergie

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Particulièrement riche et abondante, la sous-série 8 S recouvre d'une part le contrôle du secteur lié à l'industrie métallurgique - mines, carrières, hauts-fourneaux - ainsi que celui des machines à vapeurs (machines utilisées dans l'industrie et l'agriculture), et d'autre part le domaine de la production et de la distribution d'énergie électrique. Il s'agit donc d'une sous-série dont l'intérêt tient à la dimension économique et industrielle dont témoigne l'ensemble des dossiers, embrassant deux domaines ayant eu chacun en leur temps une dimension emblématique. Les mines et carrières connurent à leur échelle une réelle prospérité en Corrèze du milieu du XIXe siècle à la première guerre mondiale, période durant laquelle elles illustrent l'essor des activités industrielles du département y compris dans les secteurs ruraux. Les équipements liés à la production et à la distributions d'électricité ouvrent quant à eux une époque fondée sur de nouvelles techniques dont les prémices de l'entre-deux-guerres allaient aboutir à d'importants équipements hydroélectriques. La loi du 21 avril 1810 réorganisa la législation sur les mines et carrières en imposant le système de la concession délivrée par un acte délibéré en Conseil d'Etat. L'acte de concession donnait la propriété perpétuelle et la mines ou la carrière ne pouvait être vendue sans une autorisation. Les hauts-fourneaux ne nécessitaient qu'une permission préfectorale. Ce système perdura jusqu'à la loi du 9 mai 1866 qui abrogea les principaux articles de la loi de 1810 et libéralisa l'industrie minière et métallurgique en la faisant entrer dans le droit commun de toutes les industries. Le préfet et l'administration des Mines veillaient en outre à la surveillance de la sécurité du personnel et des installations, l'ingénieur des Mines effectuant des visites d'inspection. Des relevés des mines et des exploitations métallurgiques étaient régulièrement établis. Trois mines de houille concédées et exploitées à Argentat, à Maussac (mine de Lapleau) et à Cublac sont indiquées en 1860. Mais les multiples concessions, demandes de concession ou déclarations de découverte de bismuth, de fer, d'or ou de plomb présentent dans le fonds témoignent des espoirs que fit naître cette activité jusqu'aux années 1930. Parallèlement, plusieurs forges et hauts-fourneaux fonctionnèrent à Tulle, Ussel, (forges du Chavanon), Uzerche ou Bort-les-Orgues jusqu'à la fermeture de celui de l'usine Lamarque, le dernier d'entre eux, en 1900. L'activité minière corrézienne ne pouvait en effet résister à la concurrence. Après la disparition des industries du fer, seules les mines d'antimoine de Chanac, et de houille de Lapleau-Maussac étaient en activité en 1919. Les carrières principalement représentée par les carrières d'ardoises d'Allassac, de Travassac et du Saillant à Voutezac entamèrent elles aussi leur déclin après la première guerre mondiale. La Compagnie des ardoisières de la Corrèze avait atteint son apogée dans les années 1900, occupant en 1907 jusqu'à 485 ouvriers. L'activité se maintint entre les deux guerres avant de régresser puis de disparaître à la fin des années 1950. Seul le fonds de la préfecture contient les dossiers liés au contrôle de l'activité des mines, carrières, forges et hauts-fourneaux, ainsi que des dépôt d'explosifs, principalement ceux des mines, et des machines à vapeur. Le domaine de l'énergie électrique livre d'abondants dossiers liés à la mise en place du réseau de distribution. L'organisation diffère ici des autres sous-série dans la mesure ou le suivi technique, outre le contrôle de la préfecture, était effectué par le service du Génie rural, service créé en 1918 et dépendant du Ministère de l'agriculture. Les dossiers des services préfectoraux côtoient donc ceux des ingénieurs du Génie rural. La répartition des fonctions en usage conférait à la préfecture le contrôle des usines hydroélectriques et des lignes à haute tension, et attribuait au Génie rural l'installation des réseaux ruraux. Chacun des deux fonds reflète cette organisation, celui de la préfecture étant principalement structuré autour des dossiers d'instruction de demandes d'installation de lignes à haute et moyenne tension d'une part, et d'autre part des dossiers d'aménagement des chutes - dossiers projets, dossiers techniques, dossiers d'enquête. Ces derniers sont à rapprocher de ceux de la sous-série 7 S relatifs aux règlements d'eau. Ils livrent une importante documentation sur le développement des 215 barrages hydroélectriques en Corrèze avant la seconde guerre mondiale d'une part, tels ceux des chutes de Bar, concession de la Manufacture d'armes de Tulle, ou ceux de l'usine de Marèges concédée au P.O. en 1921 qui joua un rôle clé dans l'électrification du chemin de fer, et sur le rôle d'autre part des entreprises industrielles comme la Société hydroélectrique de la Diège, ou la Société d'énergie électrique de la moyenne Dordogne concessionnaire de la chute de l'Aigle en 1931. Concernant la distribution d'électricité, les lignes à haute et moyenne tension faisaient l'objet de concessions délivrées à des compagnies privées. Jusqu'au début des années 1920, certaines compagnies exploitaient aussi des réseaux communaux, réseaux par la suite constitués et contrôlés par des syndicats intercommunaux. Basés sur des regroupements de communes autorisés par la loi du 22 mars 1890, ces syndicats, dont la constitution fut en outre facilitée par le décret du 8 octobre 1917, se donnaient pour vocation d'établir des réseaux de distribution locaux à des conditions viables, et bénéficiaient pour cela de subventions et de prêts spécifiques. Les dossiers des syndicats intercommunaux ont laissés dans le fonds de la préfecture de nombreux plan de réseau accompagnés de dossiers projets. Ils recoupent ceux du Génie rural qui instruisait quant à lui uniquement les projets de construction présentés par les syndicats intercommunaux. Plus complet, le fonds du Génie rural illustre l'évolution des syndicats ruraux d'électrification dont il livre les dossiers-projets, les dossiers techniques et administratifs ou encore les dossiers d'extension des réseaux aux écarts ruraux sur lesquels les syndicats firent porter leurs efforts dans les années 1930.

Cote :

8S/1-632

Description physique :

Importance matérielle :
10,56

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAD019_08S

Où consulter le document :

Archives départementales de la Corrèze

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