Comment faire face aux risques biologiques ?



Les services d’archives, en détenant en majorité des documents constitués de matériaux organiques (papier, cuir, parchemin, textile, bois), mais aussi des films et des photographies (présence de gélatine) font face à un risque majeur de contamination par les agents biologiques : bactéries, moisissures, insectes, rongeurs. Les plus largement répandus dans les magasins et sur les documents sont les moisissures. Malheureusement, ce sont aussi les plus difficiles à détruire. Le chapitre qui les concerne va donc être particulièrement développé.
La contamination bactérienne est plus rare car il faut une humidité relative rarement atteinte sur le papier pour qu'elle puisse se développer. On la trouve par exemple sur les bois archéologiques gorgés d'eau. Elle ressemble en transparence à une tache d'huile. Il faut donc vérifier si le document n'a pas subi des inondations. Les bactéries peuvent aussi colorer les documents. Elles sont invisibles à l'œil nu. Il faut alors appliquer les traitements requis pour les moisissures.
On ne trouvera pas dans ces quelques pages, une présentation des caractéristiques physiques des agents pathogènes ni la classification des espèces, domaine, me semble-t-il, réservé aux spécialistes. Seront présentées les actions qui peuvent être développées au sein des archives ou les connaissances nécessaires pour dialoguer avec les différents spécialistes concernés : biologistes, climaticiens, architectes, entreprises de désinfection.
Pour en savoir plus, on se reportera aux sites de l'Office de Coopération et d’Information Muséale (OCIM : http://ocim.fr/) ou du Portail international Archivistique Francophone (PIAF : http://piaf-archives.org/). Le Centre interdisciplinaire de Conservation et Restauration (CICRP : http://cicrp.info/) présente des fiches techniques très utiles sur le prélèvement des insectes, la surveillance et le comptage à l'aide des lampes UV. Les sites du laboratoire des monuments historiques (LRMH) et du centre de recherche sur la conservation des collections (CRCC) consacrent un chapitre aux contaminants avec des moisissures. Si plus d’explications théoriques, on se reportera à l’ouvrage de Françoise Flieder et Christine Capderou « Sauvegarde des collections du patrimoine. Lutte contre les détériorations biologiques ». Préface de Michel Duchein. 256 p. CNRS Editions. 1999.

Un peu de vocabulaire :

  • les termes de contamination et de désinfection sont appliqués aux moisissures et bactéries.
  • L'infestation et la désinsectisation sont réservées au domaine des insectes.
  • Gestion intégrée des nuisibles, traduction du terme anglais Integrated pest management (IPM) :
    politique globale de prévention, détection des nuisibles (algues, bactéries, champignons, moisissures, insectes, rongeurs, volatiles), formation d'équipes, mises en place de procédures et connaissance des traitements adaptés. Tous les services devraient mettre en place une politique raisonnée pour éradiquer ce fléau (gestion des versements, surveillance du climat et des nuisibles...).Une norme sur l'IPM a été publiée en 2015.