Contenu éditorial simple : Hispano-Suiza et Bois-Colombes. 100 ans d’une histoire commune

Une publication du Service Archives-Documentation de la ville de Bois-Colombes, 2014, 37 pages

 

En 1914, Hispano-Suiza, entreprise espagnole et suisse, ouvre une usine de construction automobile à Bois-Colombes, qui deviendra le plus grand site de production établi en France. Très rapidement, l’entreprise conçoit également des moteurs d’avion, qui équipent les appareils de Georges Guynemer (le « Vieux Charles »), Maurice Bellonte et Dieudonné Costes (le « Point d'interrogation ») Pendant 85 ans, l’histoire d’Hispano-Suiza (absorbée en 1968 par la Société Nationale d'Etude et de Construction des Moteurs d'Avions, la SNECMA, devenue SAFRAN en 2005) et celle de la Ville seront indissociablement liées.

En 1999, l’usine de Bois-Colombes ferme définitivement ses portes mais laisse derrière elle un patrimoine que la municipalité tient à conserver et à entretenir. Ainsi, l’ancienne soufflerie, où étaient testés les prototypes de moteurs d’avion, est inscrite en 2000 à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. Peu après, elle est aménagée en école, baptisée La Cigogne, en référence à l’emblème de l’entreprise. Cette école devient un édifice remarquable au centre du quartier des Bruyères entièrement réhabilité, dont plusieurs rues, nouvellement créées, font référence à des noms symboliques de l’entreprise comme celui de Marc Birkigt, l’un des fondateurs d’Hispano-Suiza.

Au-delà de ces traces urbaines, Hispano-Suiza demeure aussi dans les mémoires. Celles des habitants du quartier, qui vivent au rythme des vagues d’ouvriers entrant et sortant de l’usine, au son de la soufflerie, et qui, en 1943, subissent les bombardements qui visent notamment le site. Celles aussi, bien sûr, des anciens employés et de leurs enfants, fiers de participer au développement et à l’histoire prestigieuse d’une entreprise innovante et qui se souviennent encore des ateliers, des bureaux, du réfectoire, des centres de vacances… C’est grâce à leurs témoignages, aux documents qu’ils ont confiés autant qu’aux archives de la société et des organismes partenaires, que nous pouvons aujourd’hui retracer l’histoire d’Hispano-Suiza à Bois-Colombes.